Organisation classe

18 Sep

De la théorie à la pratique.

J’avais rédigé un billet en fin d’année scolaire juin 2010 intitulé « équipement de la classe 2.0 « . Je vais mettre en pratique ces principes cette année. Terminé la translation dans la salle d’informatique dédiée. Internet c’est quand on veut, lorsque les besoins pédagogiques l’exigent. Je vais installer un hub dans ma classe, les étudiants viendront avec leur cable RJ 45 et en route pour le cours 2.0. Les détenteurs de I.phone (il y en a) pourront l’utiliser en cours.

Voici les premières images de ma classe de BTS IMS prises et envoyées avec le I.phone de Camille 🙂

Les esprits chagrins me diront : « elles vont en profiter pour jouer au démineur » Je réponds « qui n’a jamais joué au morpion quand le cours était ennuyeux ? » Conclusion :

  1. On a pas attendu le numérique pour s’ennuyer en cours ;
  2. Il faut que le cours soit intéressant  (le plus difficile), la réponse doit graviter dans le domaine de la pédagogie et de la didactique ;
  3. J’ai des étudiantes sympathiques et motivées, chaque jour que la laïcité fait, je mesure  ma chance.

NB : au moment où les photos sont prises nous n’avons que deux prises brassées et une connexion par wifi sur un voisin du lycée. Lorsque le hub sera installé le placement des étudiants en cours se fera de façon différente.

04 / 10 / 2010

J’ai enfin obtenu un hub. Nous avons commencé les cours avec le tout internet. C’est à première vue un grand confort de travail pour le professeur et pour les élèves. Je n’avais pu malheureusement préparer mon cours en intégrant cette dimension parce que je ne m’attendais pas à l’avoir aussi vite. Nous avons pu :

  1. Corriger le travail sur le marketing qui avait été réalisé sur Étherpad. Une conclusion des étudiantes à propos du travail collaboratif « on fait moins de fautes » ;
  2. Accéder aux documents d’appui à la demande. En l’espèce la consultation de légifrance pour la partie code, la consultation du site de l’APCE pour des questions comptables.

La construction d’un travail c’est aussi compter sur le sens de l’imagination de ses étudiants. Deux étudiantes étaient absentes pour cause de maladie. Le cours a été saisi sur clavier, converti en .pdf et enfin envoyé aux absentes dès la fin du cours. Au moment du debriefing du cours, les élèves ont évoqué le cours d’anglais. Ma collègue souhaite faire travailler les compétences linguistiques par écoute de podcast et en individualisation.

 

Après concertation avec ma collègue il est convenu que les élèves amèneront le hub en cours et s’occuperont de l’aspect technique (i.e branchement au réseau électrique et au réseau informatique), ma collègue se concentrant sur la didactique et le pédagogie des langues. Mes étudiantes sont des techno-sherpas* :-). Cette expression signifie que les étudiantes sont en capacité d’assister un enseignant sur les aspects technologiques, à la façon d’Obélix elles sont tombées dans la marmite toutes petites.

Nous avons évoqué le cas des absentes (les gastros commencent à sévir). Les élèves souhaiteraient pouvoir assister au cours en cas d’absence. Elles m’ont suggéré d’utiliser Étherpad pour la prise de note en direct et le monde virtuel pour avoir le son. C’est une idée à creuser.

06/10/2010

Revenons à Étherpad (typewithme) et à la disposition de la classe. Mes multiples expériences me démontrent (la valeur du propos n’est que factuelle) que l’introduction du numérique n’a de chance d’aboutir que si on propose une autre pédagogie. En l’espèce l’introduction d’internet « en live », la présence des portables et/ou des smartphones impose des évolutions. Je vais lister ces évolutions :

  • Le tableau blanc ne se justifie plus (se justifie moins) parce que l’information est renvoyée sur les écrans, on peut interagir sur le réseau d’ordinateurs ;
  • Le vidéo projecteur ne me sert plus (me sert moins), puisque l’information est aussi  relayée sur les moniteurs ;
  • On peut interagir en direct sur les écrans en plus du travail oral de base.

Par contre le travail de préparation est différent. La solution de facilité consisterait à « googleliser « l’information. Exemple recherchez sur Légifrance l’article L 123-12 du code de commerce. La recherche est assez complexe. Il me semble préférable de sélectionner en amont l’URL, de la partager (c’est la fonction de Étherpad) et de se concentrer sur l’essentiel analyser les obligations des commerçants en matière comptable. Le travail de recherche et sélection des sites est un travail long et complexe. La page est ici

Éric Guiraut, professeur au lycée Carriat de Bourg en Bresse utilise aussi Étherpad avec ses élèves de STG pour organiser une recherche collective sur un sujet de droit – C’est ici

 

Ce travail de construction s’appuie sur Étherpad parce qu’il faut à un moment sélectionner un outil mais … il est tout à fait possible d’utiliser d’autres solutions (google doc, twitter …). Je ne souhaite pas être le chantre de tel ou tel outil à la mode mais bien poser les bases d’une réflexion sur le travail collaboratif instrumenté par le numérique.

 

Maintenant que la structure est installée, il me faut justifier la démarche et répondre aux commentaires nombreux 🙂

 

En instaurant cette démarche je cherche, tout d’abord, à avoir un accès aux ressources qui étayent mon propos,  exemple : lire les articles du code de commerce, analyser un bilan, projeter quelques diapositives d’un diaporama… Jusque là rien de bien nouveau si ce n’est que j’ai accès à des ressources vives, mises à jour, fiables et très nombreuses.

Ce qui m’importe le plus c’est qu’à coté des savoirs disciplinaires, je permets à mes étudiantes de développer de nombreuses compétences. Mon cours à pour vocation d’inscrire l’enseignement de le gestion dans un espace spécialisé, celui de la mode et de l’habillement. Il serait vain de vouloir « bourrer » les cranes avec des notions conceptuelles sans lien avec un environnement. Il s’agit donc pour moi de concilier un enjeu de réflexions sur l’impact des sciences de gestion dans une démarche marquée par un fil rouge technologique. Savoirs académiques et compétences transversales concentrés en un seul moment de formation. Le numérique n’est plus comme dans les années 90 une discipline à part mais un élément intégré au cours. Je ne me vois pas dispenser un cours à part. En résumé j’aimerais bien que mes étudiantes n’acquièrent pas que des savoirs théoriques mais aussi des compétences qu’elles pourront opérationnaliser très vite dans leur profession. Je viens de lire un lien transmis par Jacques Rodet et qui complète mon propos (en mieux) –ici

 

Quelles compétences sont mobilisées ?

  • Travailler de façon collaborative (le travail en classe pose les bases du travail distant) ;
  • Organiser son lieu de travail (branchement au réseau) ;
  • Travailler de façon distante (convier des spécialistes via les mondes virtuels, possibilité de suivre le cours à distance en cas de « petite maladie« ) ;
  • Partager son travail (rôle de Étherpad et de son chat) ;
  • Préparer son travail à domicile (anticipation d’un cours à venir) ;
  • Comprendre les enjeux des fonctionnalités d’outils dont l’objet est la collaboration ;
  • Apprendre à rédiger ;
  • Apprendre à synthétiser.

Cette construction différente du cours pose la question du rapport aux anciennes façons d’apprendre et d’enseigner. Le rapport au tableau dans la classe (quelle place, quelle fonction ?), Quelle convergence collective, vers quel objet / ressource ? La place et le rôle de l’enseignant dans ce genre de dispositif ? Peut-on accorder des méthodes essentiellement  transmissives avec une structure réticulaire de la construction des savoirs ? Et bien d’autres questions encore.

 

A suivre…

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* « The sherpas are often on hand to help teachers spontaneously in class » – Blog ou « Dans certains lycées, on décerne même le titre de “techno-sherpas” aux jeunes chargés d’aider leurs enseignants à apprivoiser les nouvelles technologies, qu’il s’agisse de débuguer leur ordinateur, de contribuer au cours en allant chercher des informations sur l’internet, ou tout simplement de l’aider à apprendre à s’en servir. Non seulement leurs notes ont tendance à s’améliorer, mais cela contribue aussi à améliorer les relations, et le respect, entre enseignants et lycéens. » Internet actu

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14 Réponses to “Organisation classe”

  1. Eric Guiraut 18 septembre, 2010 à 12:30 #

    Bonjour JP…

    Est-il possible d’assister à un de tes cours lorsque tu utilises ce type d’organisation ?
    C’est par l’exemple que l’on peut voir si ce type de travail est possible avec d’autres classes (2ndes, 1ère ou terminale) : « public » différent,organisation de salle différente, discipline (peut-être différente)…

    E. GUIRAUT

    • Jean-Paul Moiraud 18 septembre, 2010 à 12:33 #

      Salut Eric,

      Tu viens quand tu veux, ma classe t’est ouverte en permanence. En plus j’aurais de la main d’œuvre supplémentaire (deux profs de gestion, le grand luxe). Je m’engage pour mes étudiantes mais je pense qu’elles seront d’accord. Je vais aussi avertir l’administration pour accord.

      Ce cours est le jeudi AM de 14 heures à 18 heures

      Amicalement

  2. Eric Guiraut 6 octobre, 2010 à 6:11 #

    Bonjour JP….

    Une petite remarque sur ce que tu juges à l’avenir peut-être inutile : le tableau et le vidéo-projecteur.

    Ces deux outils sont il me semble un moyen d’avoir des « moments » collectifs d’attention, de réflexion, de formalisation.
    En les supprimant ne risques-tu pas de perdre cet aspect de la pédagogie ? L’individualisation a à mon avis cette limite…

    Le TBI peut par exemple être un outil « collectif » de travail

    Ta manière de faire en donnant des liens directs vers les bonnes pages d’un site est également la mienne dans des exercices que je fais avec mes élèves car cela permet de gagner du temps dans l’accès à l’information… et là on individualise l’accès à l’info.

    Le risque n’est-il pas à trop vouloir individualiser et développer le travail synchrone distant de perdre l’aspect relationnel « en vrai » du travail, qu’il soi scolaire ou professionnel ?

    Amicalement…

    Eric GUIRAUT

    • Jean-Paul Moiraud 6 octobre, 2010 à 7:56 #

      Bonjour Éric,

      J’aime bien tes commentaires parce qu’ils me forcent à argumenter.

      TBI un outil de travail collectif, oui bien sûr. J’ai le sentiment que l’on travaille aussi en collectif dans ce que je présente. Le travail d’un étudiant, son intervention est vue en instantanée par les membres du groupe, on formalise aussi.

      Il faut que je relise mon billet mais il ne me semble pas que je parle d’individualisation mais bien de travail en groupe. J

      Ce qui est vrai, et qui te donne largement raison dans ton argumentation, c’est que j’en suis au début de cette expérience. Je peux me raviser à l’usage (mes futurs billets en parleront).

      En outre j’ai oublié de préciser le contexte du cours 12 étudiantes, ce qui n’est pas 30 ou 35. Il faudrait des pratiques dans une classe classique … Un professeur qui expérimente avec sa classe, qui cherche à en tirer des conclusions à fin de comparaison avec mon travail. Tu ne connais pas un prof ? 🙂

      Très amicalement

      jpm

      • Eric Guiraut 6 octobre, 2010 à 10:21 #

        Re bonsoir…

        J’ai utilisé le terme individualisation dans le sens où l’information est accessible par chaque élève/étudiante sur son écran et pas sur un écran « collectif ».

        Ne faut-il pas un moment, « regarder tous dans le même sens » lorsque l’on souhaite synthétiser certaines notions… ou « montrer » certaines informations.

        Eric GUIRAUT

      • Jean-Paul Moiraud 7 octobre, 2010 à 7:05 #

        Là encore, très bonne question. Je n’ai pas la réponse et je n’ai pas encore regardé s’il y a de la littérature à ce sujet. Regarder dans le même sens. On peut analyser cela au sens propre et au sens figuré. Au sens propre on ne regarde pas dans la même direction, c’est évident puisque chacun se concentre sur son écran. Par contre au sens figuré, s’il y a une dynamique de classe, un objectif commun partagé, on regarde bien tous dans le même sens, celui de l’acquisition des savoirs.
        Mais … je le répète, je suis au niveau de la conjecture puisque je débute. Cet après midi je vais pouvoir lancer mon cours en ayant cette fois complètement intégré cette dynamique de l’intégration du numérique 🙂

  3. Eric Guiraut 7 octobre, 2010 à 5:10 #

    Bonjour JP…

    Alors ce premier vrai test ?

    Eric GUIRAUT

    • Jean-Paul Moiraud 7 octobre, 2010 à 7:09 #

      Bonjour Eric,

      Premier test en configuration réelle, c’est vrai.

      J’en tire un bilan plutôt positif, tendance très positif (mais ce n’est que le résultat d’une séance).

      je suis arrivé en cours les étudiantes avaient installé le hub et commencé à brancher les PC (elles avaient cependant oublié de raccorder le hub à la prise réseau, d’où un moment de flottement)

      J’ai donc fait mon cours en m’appuyant sur les liens préparés à la maison et mis en ligne sur Étherpad. Faire un cours sur le bilan en s’appuyant sur les données de société.com c’est un vrai plus pour le cours. On a pu regarder les bilans de sociétés du secteur textile (Hermès, Thuasnes, Armor Lux) et faire de la compta appliquée au secteur.

      Les étudiantes sont très imaginatives (pragmatiques). À partir des exemples étudiées, des diaporamas consultés, elles ont fait de copiés collés pour illustrer les prises de notes (j’avoue que je n’avais pas pensé à ce point).

      Je leur ai posé la question du « regarder dans la même direction ». Elles m’ont répondu que ça ne leur posait pas de problème.

      J’ai fait un petit sondage (à la louche en fin de cours), les étudiantes ont l’air plutôt enthousiastes.

      Comme je sais que certaines lisent mes billets ici, on peut leur demander de déposer un commentaire pour donner leur avis.

      Amicalement

      jpm

      • Eric Guiraut 7 octobre, 2010 à 8:55 #

        Super…

        Si une d’entre elles passe par ici… j’aimerais savoir ce que ça leur apporte de plus qu’une présentation de ta part des ces informations avec un vidéo projecteur. Car c’est bien là l’essentiel, il faut que cela apporte un plus sinon ce n’est qu’un gadget ;-)))

        En espérant bientôt pouvoir cela en vrai !

        Amicalement…

        Eric Guiraut

      • Jean-Paul Moiraud 7 octobre, 2010 à 9:23 #

        Gadget ! Tu vas fort quand même 🙂

        La différence avec un vidéo-projecteur est que les étudiants peuvent interagir avec le document qui est mis à disposition (insérer des éléments de la ressource dans les notes de cours notamment. Avec le vidéo-Projecteur on ne peut interagir sur ce qui est présenté.

        Pour le reste attendons un commentaire des étudiantes

        Amicalement

        jpm

  4. Eric Guiraut 7 octobre, 2010 à 10:10 #

    Effectivement, le terme est un peu excessif mais c’était voulu 😉 !

    Je me suis permis cette petite provocation car c’est la question que je me pose à chaque fois que je mets en œuvre un nouvel outil dans ma pédagogie : vidéo projecteur, blog, Etherpad, forum…

    Si l’outil n’est pas utilisé ou qu’il n’apporte rien de plus… un cahier avec un stylo et un tableau avec une craie sont alors aussi pédagogiquement efficaces !

    Tu comprendras donc que mon propos est de voir si en dehors du plaisir du geek il y a une « vie » pour ce type de manière de travailler. Et pour une répondre à une de tes interrogations précédentes, un prof pour le tester avec 17-18 élèves, j’en vois un… avec 30-35 ça sera plus dur car il n’y pas de salles avec autant d’ordis !

    Eric Guiraut

  5. Eric Guiraut 8 octobre, 2010 à 7:52 #

    Bonsoir JP…

    J’ai testé Etherpad avec des élèves de 1ère comme tu le mentionnes dans ton billet. Il est possible de visualiser dans l’article de mon blog le résultat (plutôt encourageant).

    Dans ton complément tu indiques que les étudiantes acquièrent des compétences numériques supplémentaires, c’est effectivement intéressant. C’est également ce que j’essaie de faire avec mes élèves.
    De plus en terme de connaissances de gestion, droit… elles manipulent un certain nombre de sites, d’informations ce qui est plutôt aussi formateur car l’important n’est pas seulement d’avoir les connaissances mais de savoir où les retrouver plus tard…

    Une petite question à laquelle tu pourras peut-e^tre répondre mais qui est aussi destinée aux étudiantes : cela aide-t-il à mieux appréhender la matière de gestion-droit ? cela améliore-t-il les acquisitions de connaissances ?

    Amicalement.

    Eric GUIRAUT

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