Web 2.0 et politique. Peur du web ?

15 Oct

J’ai assisté aujourd’hui (15 octobre 2010) à une conférence organisée par la communauté urbaine de Lyon et l’école des beaux arts et intitulée « CiTIC Numérique et espaces urbains« . Dans la liste des intervenants, se sont exprimées des  personnes qui me sont  connues comme Loïc Hays, Hugues Aubin (@hugobiwan) et Dominique Cardon. D’autres que j’ai découvert comme Karine Dognin-Sauze – Vice-présidente du Grand Lyon chargée de l’innovation et des nouvelles technologies d’information et de communication, Patricia Welinski, École Nationale des Beaux-Arts de Lyon, Stéphanie Lucien Brun est co-fondatrice du réseau des Espaces Publics Numériques du lyonnais, Philippe Gargov est géographe et spécialiste de la ville numérique, fondateur et animateur du cabinet de prospective pop-up urbain, Catherine Beaugrand est artiste et chercheuse dans le domaine des représentations numériques, Jean-Philippe Clément est chargé de mission TIC à la Ville de Paris, Nicolas Nova est responsable éditorial de Lift, Boris Beaude est géographe et chercheur au sein du laboratoire Chôros de l’École Polytechnique Fédérale de Lausanne et Maître de conférences à l’Institut d’études politiques de Paris.

L’existence de ce type de conférence est extrêmement encourageant (on ne peut que souhaiter qu’elle ait une suite, qu’elle essaime dans les autres villes) parce que le numérique est envisagé sous une diversité d’angles disciplinaires, y compris les plasticiens, ce qui est un aspect très réjouissant. Une vision de la ville avec intégration du numérique, le prolongement de la ville réelle, dans les réseaux, dans les mondes virtuels. La ville géolocalisée, accessible par les smartphones. Un début de l’ E.agora, je suppose. Je sors avec un enthousiasme certain et enrichi de ses débats. Il est dommage pourtant que le volant éducatif n’ait pas été présent, il me semble que l’école fait partie intégrante de la ville 🙂 – Le programme de la journée. Je remercie Hugues Aubin d’avoir cité mon travail dans son exposé 🙂

Je ne développerai pas ici la teneur des propos, j’attendrai la publication en ligne des actes.

Par contre un élément de structure a retenu mon attention – La salle de conférence. Je croyais que l’inadéquation des bâtiments, des salles était une spécificité des pédagogues (voir billet), et bien non !

Le contexte : Salle du conseil du grand Lyon, salle très confortable (j’aimerais avoir un tel confort au quotidien) mais totalement inadaptée à une vision ouverte de la conférence. Une salle de  conférence très luxueuse, informatiquement équipée mais pour un travail en interne, un travail clos (vidéo-projection)

On retrouve les mêmes constantes que dans les colloques universitaires, le débat peut (pourrait) s’exprimer dans et hors la salle de conférence – Dans avec les intervenants qui exposent et le public qui renvoie ses impressions par twitter – Hors avec les internautes connectés (Twitter, Facebook) qui écoutent et interagissent par tweets en thématisant grâce à un hashtag dédié.

Ce principe théorique rappelé, je me heurte à la réalité. La salle n’a pas le wifi, n’a pas de prises électriques. Seuls les détenteurs de 3 G  peuvent rendre compte à l’extérieur des débats. Un constat en forme d’ironie parler de la ville du futur, la ville connectée, la ville d’interaction, de réalité augmentée, de co-présence … dans un lieu numériquement clos.

Au-delà du constat plein d’amertume d’un prof geek, je me pose la question suivante. Pourquoi les politiques n’ont pas fait installer le wifi  ?  Est ce, par oubli ? Par conviction qu’il a des priorités autres ? Parce que le bâtiment est ancien ? Par peur de l’ouverture à la ville des débats ? Parce que les élus n’en éprouvent pas le besoin et qu’ils ne sont pas connectés ? Parce que le 3G est suffisant ? Pour ne pas distraire les élus de leur mission ? Parce que la culture papier est encore très ancrée? Par soucis de confidentialité et pour ne pas perturber les débats ? Par peur du web ? Ou d’autres raisons que je n’arrive pas à identifier ?

Mon propos volontairement provocateur, n’a d’autre but que de lancer le débat, si des élus lisent ce billet, mon blog est ouvert à leurs commentaires, j’aimerais vraiment connaître les raisons de ce paradoxe 🙂

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2 Réponses to “Web 2.0 et politique. Peur du web ?”

  1. Emmanuel 15 octobre, 2010 à 11:32 #

    Surtout que le wi-fi est plus « léger » à installer que si il fallait tirer des câbles réseau partout, mais ça devait être sympa de voir une telle conférence 🙂

    • Jean-Paul Moiraud 16 octobre, 2010 à 6:52 #

      Bonjour Emmanuel,

      La question de l’équipement wifi ou filaire est une question récurrente dans les bâtiments « anciens ». Le déroulement des conférences évolue très vite, les bâtiments ont une rigidité qui s’adapte difficilement au progrès. Le grand Lyon n’est pas une exception, il est dans la norme. Ce que je trouvais amusant était le décalage entre le propos et l’infrastructure.

      L’essentiel était le fond, concevoir la ville virtuelle, extension du réel. Je suis très content d’avoir constaté la présence de plasticiens et de designer (équivalent de DSAA espace). On est probablement au début d’une réflexion sur la structure des mondes virtuels. On va réfléchir sur les propos de Platon (j’espère) – « l’artiste a t-il pour fonction de reproduire le réel ? » Est ce la fin du monopole des codeurs et le début de la coopération avec les acteurs du sensible, je l’espère vraiment.

      Amicalement

      jpm

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