Biennale – Mobilité – Téléportation et … éducation

29 Nov

La biennale de Saint Étienne 2010 a pour thème central la téléportation, le nomadisme … Une thématique proche des réflexions sur le numérique qui traversent le monde éducatif. J’ai visité cette biennale avec un plaisir certain et consommé parce qu’elle me parlait, parce que les thématiques m’ont semblé familières et d’une grande proximité avec mes réflexions et mes pratiques.

J’ai choisi de parler de cette biennale par les images que j’ai rapportées. Elles ne sont pas d’une grande qualité, n’ont aucune prétention esthétique,  mais elles constituent un stock d’idées à développer dans de futurs billets.

J’y ai vu : des représentations de réseaux, du DIY, des usines mobiles, une tapisserie numérique, le wanomirror, la ville augmentée, le dialogue homme / machine, une imprimante 3D, une poterie numérique, un serious game, du prototypage rapide, des slogans marketing crétins pour faire croire que le développement durable c’est dans les gènes des entreprises, des slogans impertinents pour réfléchir,  des plans de métro, des téléphériques urbains, une assimilation d’internet à Dieux, une vitrine Hello Kitty avec plein d’adolescents en pâmoison, une baignoire en bois, un ensemble wc – lavabo (faire pipi dans le lavabo, se laver les dents dans la cuvette ou le contraire ?), black eros, white thanatos, un parapluie plic-ploc et d’autres images dans ma tête.

 

Le point commun avec le monde éducatif est bien évidemment la capacité à travailler en réseau et non plus en mode hiérarchique. L’omniprésence des schémas réticulaires sur les stands étaient un révélateur de ce nouveau paradigme. Il me semble, à la lumière de ma pratique, qu’il faut que nos étudiants comprennent que leur apprentissage se construit différemment on ne peut plus se structurer de façon hiérarchique. Le risque, si l’on omet d’expliquer les enjeux,  si  les acteurs se barricadent dans leurs ghettos disciplinaires, est d’aborder l’apprentissage de façon séquentielle avec ordre de priorité  (hypothèse contre productive). Ne pas établir de connections interdisciplinaires, amoindrit la notion de pédagogie de projet. Il faut que les étudiants intègrent l’idée de co-construction des apprentissages articulée dans un mode réticulaire. J’entends par cette notion la capacité à traiter un sujet  en questionnant divers champs disciplinaires sans priorisation, sans hiérarchie réelle ou supposée.

Structure hiérarchique

NB : Le classement présenté dans le schéma ci-dessus est arbitraire, il n’a de valeur qu’illustrative du propos.

Structure réticulaire

Ce schéma tente d’expliquer les modalités d’appréhension d’un sujet de design. Exemple je souhaite développer un kakémono interactif pour habiller l’espace urbain. Cette question doit être abordée sous l’angle sensible du design, évidemment mais pas seulement … Il faut appréhender en même temps le enjeux de la technologie tissage, de l’impression (encres métalliques), de la sociologie urbaine,  de la philosophie, des langues (messages multilingues), des politiques urbaines (les réglementations de l’affichage), de la comptabilité (le coût de l’opération), du  marketing, de la propriété industrielle, CAO / DAO …

La lecture des flux de la DGCIS (Direction générale de la compétitivité, de l’industrie et des service) qui  est une direction du Ministère de l’Économie, de l’industrie et de l’emploi me conforte dans mes analyses. J’invite évidemment mes étudiants (les designers en général) à inscrire ce flux dans leur timeline.

L’appel à projet intitulé actions collectives en faveur de l’innovation, de la création, du design et du marketing (édition 2011) conforte mes analyses (voir le texte en orange ci-dessous) Texte iciPage de la DGCIS

L’appel à projet met en évidence cette nécessité de travailler en réseau, d’aborder une question d’innovation par une conception réticulaire de la collaboration…[distribution / merchandising / communication]. Nécessité induite par les options des choix industriels (délocalisation).

 

« Une modification profonde de la chaîne de valeur est intervenue, avec un transfert de celle-ci vers l’amont (conception / design / marketing) et l’aval (distribution / merchandising / communication), pour faire face à la concurrence des pays à bas coût de main d’œuvre. Il résulte de ce phénomène une nécessaire modification de la stratégie des industriels, qui doivent investir dans l’immatériel et réorienter leurs ressources vers la création, le design, la conception et la commercialisation des produits et, plus largement, vers l’innovation non technologique. Le succès des entreprises dans ces secteurs dépend aussi de leur capacité à trouver des solutions innovantes et adaptées en termes organisationnels et de management.

Aujourd’hui, dans le prolongement des appels à projets «Innovation-Création-Design» lancés en 2006 et 2009, le présent appel à projets vise à soutenir, sur l’ensemble des secteurs des industries des biens de consommation, des projets collectifs innovants comportant une forte dimension d’innovation non technologique, celle-ci pouvant prendre la forme de la création, du design, d’innovations d’usage, d’innovations commerciales, managériales ou organisationnelles. » /…/

 » Cet appel à projets vise donc à :

  • placer le consommateur et l’utilisateur au centre de la stratégie de l’entreprise afin de concevoir des produits et services adaptés à leurs attentes en termes d’ergonomie, d’esthétique, de positionnement tarifaire et de distribution et en assurer une promotion adéquate ;
  • favoriser l’innovation non technologique pour faciliter et accélérer la mise sur le marché de produits, de services et de procédés nouveaux, en particulier les produits et services pour lesquels la création constitue une dimension fondamentale ;
  • renforcer la coopération des entreprises françaises des différents secteurs et susciter des projets collectifs ayant pour lien l’innovation, la création, le marketing et le design et permettant les échanges de bonnes pratiques, une mutualisation des moyens et la définition de nouveaux usages et l’ergonomie des produits participant d’une démarche commune à ces différentes fonctions ;
  • favoriser les transferts de bonnes pratiques d’un secteur à un autre et inciter les industriels à s’approprier les stratégies et les processus innovants.
  • faire émerger des projets fédérateurs de filières de nature à orienter l’offre de produits vers les consommateurs.

Il s’agit ainsi de soutenir les projets collectifs innovants visant à inciter les entreprises, et en particulier les PME, à intégrer les outils et méthodes les plus modernes dans les différentes phases de développement de leurs produits ou services :

–    démarche stratégique et positionnement sur les marchés ;
– conception / création / design / marketinget notamment démarche d’éco- conception et d’éco-design, recyclage et gestion de la fin de vie des produits, démarche de « design universel » afin de concevoir des produits et services adaptés au plus grand nombre d’utilisateurs, démarche de co-conception visant à faire participer le consommateur à la conception de l’offre ;
–    management de la création et du design;
–    approches innovantes en matière d’organisation industrielle et logistique ;
–    approches innovantes de la stratégie client et des circuits de commercialisation et de distribution des produits ou services. » /…/

On le constate la vision de la création dans les entreprises est une stratégie systémique qui intègre le projet dans sa globalité. Il faut absolument que les étudiants en cours de formation assimilent cette façon de penser donc de créer

 

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Publicités

4 Réponses to “Biennale – Mobilité – Téléportation et … éducation”

  1. Emmanuel 5 décembre, 2010 à 1:26 #

    Merci pour ce billet et les photos, n’ayant pas pu aller à la biennale c’est pratique.
    C’est comme si on pouvait presque s’y téléporter, pour rester dans le thème ^^ (manquerait plus qu’une visite virtuelle comme avait fait les sismos pour http://www.lobjetdudesign.com/)

    • Jean-Paul Moiraud 5 décembre, 2010 à 1:41 #

      Merci Emmanuel,

      Je suis d’accord avec toi la biennale dans les mondes virtuels aurait été la vraie téléportation. la prochaine peut-être. J’ai regardé le site des sismos (je viens de lire un texte de ce groupe dans apprendre le design). je vais passer pour un horrible prétentieux mais pour moi ce n’est pas ce que je qualifie de visite virtuelle (Je vais me faire assassiner en tenant ces propos).

      Amicalement

      jpm

      • Emmanuel 5 décembre, 2010 à 5:53 #

        Je crois voir ce que tu veux dire, c’est plus une trace (déjà sympa) qu’une véritable visite virtuelle au sens ou il s’agit de photos sans la liberté de l’expérience immersive (sur le coup j’imaginerais bien faire circuler une caméra yellowbird dans les allées, pour s’y promener façon « google-street-view »), mais du coup imaginer une biennale synchronisée avec son double dans un univers-virtuel serait sûrement inédit et plutôt chouette ^^

        Au risque de cannibaliser l’événement réel, et encore… il y a moyen de gérer ça 🙂

Trackbacks/Pingbacks

  1. Numérique et relations entre les acteurs éducatifs « - 19 avril, 2011

    […] d’apprentissage pose la question des rapports entre les acteurs. J’ai déjà  rédigé des billets en ce sens. Mes tentatives de formalisation avec les Légos m’ont permis de les formaliser en […]

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :