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Le geste numérique – Réflexions graphiques

25 Fév

Mes réflexions actuelles (et anciennes aussi) sur le geste professionnel me poussent à essayer de formaliser mes propos. La difficulté de l’exercice est de franchir le cap de l’avis personnel, du « sentiment que », sans pouvoir l’étayer par des lectures,  sans s’appuyer sur des analyses scientifiques. C’est un exercice très difficile quand on pratique en individuel.

Je tente donc de formaliser mes réflexions en procédant par filtres – Lecture, formalisation graphique, rédaction .

Pour le geste j’en suis au stade la formalisation graphique. C’est un travail évolutif qui est le témoin d’un moment de mes réflexions, un instantané. Je prends donc le risque  du contresens, de l’erreur pendant une période transitoire. Il faut donc prendre ce document comme un brouillon en continu. J’opte pour le parti pris de rompre avec le principe du document mis en ligne parce que finalisé. L’imperfection comme principe de conception intégré dans un processus continu.

L’idée sous jacente est d’inviter les lecteurs à contribuer s’ils le souhaitent parce qu’ils perçoivent une erreur, ou parce qu’ils veulent ajouter un complément.

 Voici la trame de mes analyses sur le geste (en évolution donc) :

Le corps dans l’espace de formation, intelligence et ruse

23 Fév
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Mètis

Il est des jours où l’activité professionnelle porte au moral. Il est besoin de faire le point au regard de cette rude confrontation avec le réel.

J’ai comme remède singulier, pour me remettre en condition, pour m’apaiser, de m’adonner à la lecture. Non pas celle qui permet de s’évader (la solution qui serait certainement la plus intelligente) mais celle qui aide à penser. Je viens donc, pour calmer mon stress, de relire Christophe Dejours et l’ouvrage  « travail vivant », tome 1 – sexualité et travail (1). Outre le calme retrouvé, cette lecture bénéfique m’a aussi guidé vers mes préoccupations sur le corps dans l’espace de formation.

Dans cet ouvrage, Christophe Dejours aborde le sujet de l’intelligence au travail, de l’intelligence rusée, de l’intelligence du corps, de la subversion, du travail entre corps et âme, intelligence et théorie du corps pensant …

Si nous supposons que le corps dans l’espace de formation est corseté et conditionné par une organisation administrative bien installée. Pouvons-nous alors engager une réflexion sur le corps apprenant et  imaginer qu’elle est de l’ordre de la subversion ?  La salle de classe, l’amphithéâtre, le salle de formation pour les adultes en formation continue sont devenues transparentes tant elles sont inscrites dans notre paysage professionnel. Nous devons  prendre le temps du recul réflexif et interroger point par point ce qu’est cet espace.

J’ai plusieurs fois tenté d’interroger de la place du corps dans les espaces de formation. Ils se sont très peu modifiés en un siècle. On entend souvent citer cette formule : « Si un chirurgien du siècle dernier revenait dans une salle d’opération il serait incapable de comprendre son environnement professionnel. Si un enseignant revenait il ne serait pas ou peu désorienté. »

La salle de formation est un exemple assez significatif d’une forme de l’économie administrée. Elle est globalement imposée, répond à des normes spécifiques. La marge de manœuvre des enseignants, au regard de la structure spatiale, est assez réduite.

Il est vrai que la disposition de la salle de formation a peu corps_espace_10évolué -Le triptyque, tableau, bureau, bureaux, est toujours là. Le corps des apprenants est généralement contraint par l’assise sur la chaise, elle même située face à la table, le groupe étant aligné face au bureau de l’enseignant. Une forme d’organisation industrielle de l’espace de formation. La reproduction du principe pyramidal est très prégnant.

corps_espace_11L’espace réel de formation est  prédéfini car  lorsque l’on entre dans sa classe, l’essentiel est imposé, l’enseignant et les apprenants évoluent dans un modèle très contraint fait de murs, de tables et de chaises. Il est, de ce fait, très difficile de modifier les modèles autre que dans le cadre de projets dits innovants, forme de vitrine de la réflexion / analyse d’un futur possible.

Les enseignants peuvent-ils réellement transformer cette structure ? Ont-ils le pouvoir d’organiser le lieu d’enseignement / apprentissage en fonction de leurs scénarisations ?

C’est ici que je veux me référer à Christophe Dejours car il parle de l’intelligence. Dans notre métier nous nous heurtons quotidiennement au réel, là ou mon  » Savoir se heurte à la résistance du monde » « Alors je suis assurément dans le réel » (page 28)

Tous ceux qui travaillent doivent mobiliser leur intelligence, celle qui : « Découvre, une intelligence qui invente ; peut être même faut-il parfois une intelligence créatrice« 

C’est le gap qui existe entre le prescrit et l’effectif « On méconnait que tous ceux qui travaillent doivent mobiliser une intelligence inventive qui fait partie intégrante du travail ordinaire« 

Alors posons nous la question suivante, lorsque nous entrons dans un lieu de formation, comment doit-on mobiliser son intelligence spatiale ? Soit l’on accepte la disposition orthodoxe, soit l’on fait preuve de ruse.

Là encore, Christophe Dejours nous donne des pistes en convoquant la mètis des Grecs :

« Mètis pour les Grecs, c’était une intelligence qui agit par la ruse » « La mètis se préoccupe surtout de l’efficacité et prend des libertés, ou se montre impertinente, avec les règles et avec les lois« 

« Le plus important sans doute dans les caractéristiques de cette intelligence, c’est qu’elle permet d’improviser, d’inventer des solutions, de trouver des chemins insolites, dans des solutions nouvelles, inconnues, inédites. C’est une intelligence rusée, mais aussi foncièrement inventive, créative, facétieuse parfois, insolente souvent. Les Grecs disent que c’est une intelligence courbe, c’est-à-dire qui ne suit pas les voies bien tracées du raisonnement logique. » (page 31)

Nous faisons l’expérience au quotidien de la salle de formation, nous sommes animés par la volonté de faire réussir nos élèves et étudiants en instillant d’autres paradigmes tels la coopération et la collaboration. L’espace peut potentiellement anéantir nos intentions car il est administré sur des logiques anciennes.

Alors, si nous nous mettions à interroger de façon autre le statut des objets et de leurs positions spatiales ? Qu’est ce qu’une chaise, qu’est ce qu’une table, un mur ?

Je n’ai pas de réponse mais mes questions sont, peut-être, par elles mêmes des ruses ?

La première question consiste à s’appuyer sur la réflexion suivante : le modèle de la salle de cours autobus et-il stable, non réformable ?

corps_espace_13Et si l’on imaginait des pistes pour  d’autres modèles ? Un apprenant allongé, étendu, confortablement enfoncé dans un fauteuil est-ce une proposition qui relève de l’ idée incongrue ?

Tout d’abord il faut partir des usages et des représentations des enseignants. Ont-ils envie de modifier les structures de la classe ? Quels sont leurs usages quotidiens de la spatialité de la classe ? (je reste persuadé que le corps enseignant propose discrètement mais efficacement des usages intéressants) Je touche cependant ici les limites de ma posture intellectuelle. Je suis, je reste  un bricoleur du concept, je n’ai malheureusement aucun moyen de lancer des études, des analyses de terrain pour infirmer ou confirmer mes prémisses.

 Cette posture intellectuelle étant rappelée, nous pouvons nous autoriser quelques spéculations et quelques pistes d’analyses :

Enseigner et apprendre c’est :

  • S’assoir  devant une table ?
  • S’autoriser à concevoir un dispositif de formation incorporant une pensée sur les postures corporelles ? :
    • Apprendre en imaginant que les apprenants puissent choisir de  s’allonger  ;
    • Apprendre en s’asseyant dans des fauteuils ou des canapés ;
    • Apprendre en restant debout ;
    • Apprendre en autorisant le groupe d’apprenants à choisir sa posture favorite.

corps_espace_19J’imagine que la perspective d’une telle déconstruction peu paraître utopique, décalée et non acceptable pour beaucoup. Je suppose que cela renvoie à notre éducation, à nos représentations qui veulent qu’un élève qui apprend est un élève qui se tient « correctement » (comprenez assis sur une chaise, face à une table, face à l’enseignant). C’est peut-être aussi l’idée répandue que la rigueur du corps est consubstantielle à la rigueur de l’esprit …

Poser les termes du débat, n’induit pas que nous allons tout changer, modifier obligatoirement et définitivement la structure de la salle. La salle autobus à sa logique mais est-elle indéboulonnable ?

Ce billet ne propose pas un grand soir de la spatialité, en balayant radicalement l’existant mais bien un début de réflexion sur ce que pourrait être une salle de formation où s’instille le numérique. Imaginons des scénarios sans nous censurer à priori. Osons le raisonnement par l’absurde.

La démarche, me semble t-il doit passer par des propositions subversives, dérangeantes. N’hésitons pas à proposer des organisations différentes, des cours dispensés face à un groupe d’élèves, certains allongés, d’autres enfoncés moelleusement dans un sofa, ou encore assis par terre. Il peut en émerger des pistes utiles,  des orientations. La subversion mobilière, la ruse spatiale comme principe d’analyse et de réflexion.

Je vais continuer à imaginer les pistes de l’espace réel de formation en convoquant mon imaginaire et mes utopies. J’ai cependant commencé à regarder comment les individus engagent leur corps avec la numérique. J’ai essayé de formaliser cela dans le diaporama ci-dessous.

Ce blog se veut, je le rappelle à chaque fois, un lieu de débat et de confrontation. Vous êtes cordialement invités à vous exprimer si vous en avez l’envie.

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***

Christophe Dejours, « Travail vivant » tome 1 « sexualité et travail « ,  Petite bibliothèque Payot, 2009 – ISBN 978-2-228-90839-9

Créer son portfolio avec un blog

25 Avr

J’explique régulièrement à mes étudiants les enjeux du portfolio pour leur carrière professionnelle. Dans la mesure où j’enseigne en BTS et en DSAA, il me semble fondamental que mes élèves s’interrogent à la fois sur les savoirs acquis et sur les compétences mobilisées. Travailler sur le portfolio me semble avoir plusieurs avantages :

  • Se poser en premier, la question suivante, comment définir la métier que je me propose d’exercer, quel est-il ? Quelles sont les compétences attendues en situation professionnelle sachant qu’il y a un gap entre les enjeux de formation initiale et les enjeux professionnels. J’invite, à ce titre, les étudiants à lire les offres d’emplois et à consulter les fiches de poste éditées par la profession ; Vous pouvez aussi consulter le site du pôle emploi (côté placement) qui donne les compétences par métier. Rechercher une ficheExemple de fiche pour modeliste N’oubliez pas que les intitulés des formations ne sont pas forcément des métiers, exemple MMV débouche sur le métier de modéliste. Il importera que vous établissiez une grille de conversion entre l’intitulé de votre formation et les métiers sur lesquels il débouche (n’oubliez pas le côté prospectif qui envisage les évolutions en cours)
  • S’interroger sur les savoirs et les compétences acquis en dehors de l’école ;
  • S;interroger sur les compétences et les savoirs acquis à l’école ;
  • S’interroger sur les possibles évolutions du métier ;
  • S’interroger sur ce que l’on sait, sur ce que l’on sait faire, sur ce que l’on ne sait pas encore et sur ce que l’on ne sait pas encore faire.

Il faut que vous intégriez l’idée que la vie professionnelle est un agrégat de savoirs acquis, que la professionnalité s’exerce en combinant des savoirs et des compétences multiples. Être professionnel c’est conjuguer finement, de la technologie, des mathématiques, des langues, du design, de la gestion en aucun cas c’est la résultante exclusive d’une matière dominante en volume horaire.

Il est nécessaire de dispenser en cours des élements théoriques sur le portfolio et il est aussi nécessaire de travailler sur les fonctionnalités des outils. J’ai choisi de démontrer comment un blog pouvait être instrumenté en portfolio. J’ai réalisé à la demande de mes étudiants des vidéos explicatives pour que mon cours puisse se prolonger à la maison. Ce travail est une préfiguration des modules de e.learning qui pourraient se structurer dans l’enseignement secondaire.

Vidéo N° 1 – Les grands principes

Vidéo N° 2 – Insérer une vidéo dans un blog

Vidéo N°3 – Insérer un diaporama dans un blog

Vidéo N° 4 – Compétence acquise, compétence à acquérir

Vidéo N° 5 – Personnaliser son blog

  • Un travail théorique en rapport

e.learning, temps, espace, éléments réflexifs pour une scénarisation opérationnelle

8 Jan

Collaboration entre enseignants, réflexions sur le métier

12 Oct

Scénario industriel

30 Sep

Je me demande toujours, même après 25 ans d’enseignement, si mes étudiants ne me prennent pas pour un fada lorsque je leurs présente mes visions et mes pratiques pédagogiques. Je constate parfois des résistances, des refus d’aller dans la direction que je tente d’indiquer.

Ainsi lorsque je ne suis pas en cours j’essaye d’imaginer les arguments qui pourraient faire mouche pour expliquer que nous sommes entrés dans un nouveau monde industriel (1). Alors j’imagine des scénarios où le design et la gestion dialoguent harmonieusement hors la pensée en silo…

 Camille  jeune designer du futur  vient de lancer sa collection de prêt à porter homme. À partir de son analyse conceptuelle, sa veille elle a créé sa collection sur son logiciel de CAO / DAO 3D. À partir de ce logiciel il lui a été possible d’agencer les éléments du patronage, d’habiller un mannequin virtuel pour la boutique en ligne et la cabine d’essayage virtuelle. Depuis la grande crise du pétrole amorcée au début du 21ème siècle, les transports sont devenus très onéreux, les grands équilibres économiques ont été redistribués. Bien que gourmands en énergie, les serveurs sont beaucoup plus économes que la quantité de flux terrestres, maritimes et aériens (on a depuis redécouvert les avantages de la marine à voile).

Camille distribue donc sa collection sous forme de fichiers achetables. Tous les foyers sont équipés du très haut débit (même dans les campagnes les plus lointaines et les agréables banlieues de la région parisienne) ce qui lui permet de vendre des fichiers très volumineux. Sa collection est composée de 30 fichiers correspondant aux 30 pièces de sa collection. Ses clients équipés d’imprimantes 3D sont en capacité d’imprimer à domicile de nombreux objets achetés, depuis quelques années les chimistes ont même inventé des matières imprimables fluides. Ce modèle a mis un frein à l’effervescence consumériste des années 2000 en autorégulant la consommation des ménages.

Les imprimantes 3D des particuliers sont performantes mais ne permettent pas encore de réaliser des structures complètes, c’est pourquoi dans chaque quartier un camion usine passe régulièrement et met à disposition (moyennant finance) une centrale d’impression. Chaque individu peut, à partir de son cloud, télécharger ses fichiers et imprimer ses produits.

En parallèle à l’économie marchande s’est développé une économie du partage. Camille en complément de sa formation intiale, s’autoforme grâce à un MOOC sur l’histoire du design. Une communauté de designers met en ligne des fichiers en mode open source. Il est ainsi possible de charger et de réaliser toute une somme d’objets nécessaires à la vie courante sans passer par les réseaux commerciaux des grands groupes mondialisés. Les deux modèles  se côtoient au lieu de s’opposer. Loin le temps où les étudiants craignaient de mettre en ligne leurs productions sur internet. Ils ont intégré l’idée que la publication des projets en ligne est le meilleur moyen d’être repéré par des futurs employeurs, que le meilleur CV est la capacité à montrer ses compétences  professionnelles. Les passages de l’économie libre à l’économie marchande s’opèrent de façon très fluide.

Bien sûr cette (r)évolution ne s’est pas opérée sans modification, des métiers ont disparu, des intermédiaires de la chaine de conception ont été balayés par ce modèle. Le collectif des dentistes hackeurs ont mis à disposition un réseau de fabrication de prothèses dentaires. Les imprimantes 3D permettent d’imprimer des dents en céramique pour un coût très faible et à des conditions scientifiques que l’académie a validé. Le soin dentaire a porté de tous est devenu une réalité.

Voila quelques pistes lancées par un doux rêveur qui pense que le rapport entre l’homme et la machine peut être vertueux. Les jeunes que nous formons auront à imaginer, à créer ce monde nouveau qui se profile. L’école est le lieu idéal pour prendre le temps de penser les nouveaux enjeux, cela passe par une posture réflexive nécessaire, mobilisant l’ensemble des savoirs accumulés.

Étudiants au travail 🙂 Soyez audacieux imaginez votre futur !

Après avoir rédigé ce billet, j’ai vu cette vidéo, interview d’un designer qui va dans le sens de mon scénario.


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(1) les entretiens du nouveau monde industriel http://www.iri.centrepompidou.fr/non-classe/entretiens-du-nouveau-monde-industriel/

JEL 2012 – Il est temps de penser au temps ….

4 Juil

Le site des journées du e.learning

Crédit photo Marguerida Romero

Les journées du e.learning viennent de s’achever pour cette année 2012. Après le temps synchrone du colloque et son large panel de conférences, nous allons aborder la période de la synthèse. Nous pourrons visualiser à nouveau les vidéos des interventions, ou réécouter  celles que nous souhaitons approfondir. Les billets de débriefing sont en ligne, celui de  Jean-Michel Billaut, celui de Laure Endrizzi pour l’ifé et celui de Christine Vaufrey pour Thot, l’entrevue avec Yann Bergheaud par la revue e.learning letter

Je n’ajouterai pas un billet de synthèse, mes confrères (soeurs) l’ont fait brillamment. Je voudrais ne retenir qu’un terme : celui du temps. En une année de travail et de réflexion j’ai senti monter avec force cette notion, elle devient centrale. N’en déduisons pas qu’elle a émergé subitement, elle ne fait qu’éclater. Elle semble briller plus fortement tout simplement parce que nos regard s’y tournent avec plus d’insistance.

Il est intéressant, à cet égard, de consulter les archives des JEL parce qu’elles montrent avec évidence que ce colloque est un remarquable révélateur des signaux faibles. En juin 2010, Michel Dupuis nous parlait déjà des « plateformes et du temps de travail » en développant les enjeux statutaires pour les enseignants chercheurs mais aussi pour ceux du secondaire. En 2008 Jean-Paul Pinte avait évoqué le web profond et les traces qui restent inscrites malgré le temps qui passe. Cédric Manara nous démontre chaque année la difficulté d’interprétation de  la législation sur le droit d’auteur, elle même circonscrite dans ce temps de 70 ans. Pascal Bruck en 2010, exposait les enjeux du rapid Learning en présentant une conférence intitulée « Intégration des outils de Rapid Learning« . Ada Gianatelli en 2009 nous expliquait les enjeux du » travail collaboratif et des réseaux » ce qui est une autre façon de nommer le temps pris pour travailler ensemble. Une recherche plus fouillée me permettrait certainement d’isoler les prémisses de cette question (par manque de temps probablement).

Si mes propos précédents s’inscrivent sous l’égide de la formule « signaux faibles », le colloque de cette année plaçait précisément cette question, dans les intitulés et dans les propos (des signaux forts) :

Marguerida Roméro avait intitulé son intervention « Le temps en e.learning » élément fondamental des structures de formation en ligne.

Samuelle DUCROCQ-HENRY a évoqué les Lan Party et la possibilité de transférer  cette pratique en dispositif de formation. Le temps éphémère du jeu pour ces geeks qui se donnent rendez vous pour jouer non-stop pendant deux jours. Des acteurs pris dans la logique du game qui perdent la notion de temps social pendant les phases de jeu.

Cédric Manara nous a expliqué que le droit d’auteur appliqué au temps de la formation était une ineptie. Temps de formation et temps de production, deux notions s’égrénant au même tempo du cadran de la montre mais n’ayant pas les mêmes enjeux et conséquences.

Crédit photo : Gilles Chamberland

Gilles Chamberland de l’université de Sherbrooke évoque les questions de scénarisation du jeu  dans une dimension une dynamique temporelle avec l’avant, le pendant et l’après. Il pose la question du temps, est-il un allié ou un ennemi ?

Jean-Michel Fourgous en évoquant son rapport, a en filigrane rappelé la notion du temps politique « si les propositions de mon rapport sont appliquées », le temps de l’alternance, le temps d’une législature remplaçant le temps d’une autre.

Les ateliers n’étaient pas en reste, le temps y était aussi inscrit au fronton des salles, avec le e.portfolio qui trace le temps d’acquisition des compétences, les open university qui ouvrent une nouvelle ère, un nouveau temps des modalités de transmission des savoirs, le temps du formel et de l’informel dans l’atelier de Christine Vaufrey …

Nous allons maintenant rejoindre, qui sa salle de cours, qui son laboratoire de recherche, en clôturant les JEL. Nous allons ouvrir, continuer pour certains, cette réflexion sur la temporalité du métier et le e.learning.  Beaucoup d’entre nous savent que nous allons entrer dans la période de la joute des temps :

  • Le temps de l’enseignement cadré par l’année universitaire  ;
  • Le temps des décideurs, le temps comptable, pour ceux qui investissent dans le matériel pédagogique ;
  • Le temps long de la recherche ;
  • Le temps de l’institution qui observe les changements (ou leurs absences)et qui impulse l’innovation sur sites ;
  • Le temps du politique, qui doit se pencher sur les conséquences à terme des changements temporels. Il faudra certainement répondre, trancher sur des questions sensibles : quid des statuts au temps du e.learning ? Une  heure de cours en présentiel est-elle égale à une heure de e.learning ? Quelle rémunération de ce temps ? Comment coordonner le temps de l’enseignement secondaire et le temps de l’enseignement supérieur ? …

Il me semble que nous serons en capacité de juger, évaluer le temps en formation à notre capacité (ou pas) à harmoniser tous ces temps

En attendant, j’espère que les JEL continueront à être ce promontoire sur lequel nous continuerons à observer les changements. Asseyons nous, prenons le temps et le plaisir d’observer !

Biennale – Mobilité – Téléportation et … éducation

29 Nov

La biennale de Saint Étienne 2010 a pour thème central la téléportation, le nomadisme … Une thématique proche des réflexions sur le numérique qui traversent le monde éducatif. J’ai visité cette biennale avec un plaisir certain et consommé parce qu’elle me parlait, parce que les thématiques m’ont semblé familières et d’une grande proximité avec mes réflexions et mes pratiques.

J’ai choisi de parler de cette biennale par les images que j’ai rapportées. Elles ne sont pas d’une grande qualité, n’ont aucune prétention esthétique,  mais elles constituent un stock d’idées à développer dans de futurs billets.

J’y ai vu : des représentations de réseaux, du DIY, des usines mobiles, une tapisserie numérique, le wanomirror, la ville augmentée, le dialogue homme / machine, une imprimante 3D, une poterie numérique, un serious game, du prototypage rapide, des slogans marketing crétins pour faire croire que le développement durable c’est dans les gènes des entreprises, des slogans impertinents pour réfléchir,  des plans de métro, des téléphériques urbains, une assimilation d’internet à Dieux, une vitrine Hello Kitty avec plein d’adolescents en pâmoison, une baignoire en bois, un ensemble wc – lavabo (faire pipi dans le lavabo, se laver les dents dans la cuvette ou le contraire ?), black eros, white thanatos, un parapluie plic-ploc et d’autres images dans ma tête.

 

Le point commun avec le monde éducatif est bien évidemment la capacité à travailler en réseau et non plus en mode hiérarchique. L’omniprésence des schémas réticulaires sur les stands étaient un révélateur de ce nouveau paradigme. Il me semble, à la lumière de ma pratique, qu’il faut que nos étudiants comprennent que leur apprentissage se construit différemment on ne peut plus se structurer de façon hiérarchique. Le risque, si l’on omet d’expliquer les enjeux,  si  les acteurs se barricadent dans leurs ghettos disciplinaires, est d’aborder l’apprentissage de façon séquentielle avec ordre de priorité  (hypothèse contre productive). Ne pas établir de connections interdisciplinaires, amoindrit la notion de pédagogie de projet. Il faut que les étudiants intègrent l’idée de co-construction des apprentissages articulée dans un mode réticulaire. J’entends par cette notion la capacité à traiter un sujet  en questionnant divers champs disciplinaires sans priorisation, sans hiérarchie réelle ou supposée.

Structure hiérarchique

NB : Le classement présenté dans le schéma ci-dessus est arbitraire, il n’a de valeur qu’illustrative du propos.

Structure réticulaire

Ce schéma tente d’expliquer les modalités d’appréhension d’un sujet de design. Exemple je souhaite développer un kakémono interactif pour habiller l’espace urbain. Cette question doit être abordée sous l’angle sensible du design, évidemment mais pas seulement … Il faut appréhender en même temps le enjeux de la technologie tissage, de l’impression (encres métalliques), de la sociologie urbaine,  de la philosophie, des langues (messages multilingues), des politiques urbaines (les réglementations de l’affichage), de la comptabilité (le coût de l’opération), du  marketing, de la propriété industrielle, CAO / DAO …

La lecture des flux de la DGCIS (Direction générale de la compétitivité, de l’industrie et des service) qui  est une direction du Ministère de l’Économie, de l’industrie et de l’emploi me conforte dans mes analyses. J’invite évidemment mes étudiants (les designers en général) à inscrire ce flux dans leur timeline.

L’appel à projet intitulé actions collectives en faveur de l’innovation, de la création, du design et du marketing (édition 2011) conforte mes analyses (voir le texte en orange ci-dessous) Texte iciPage de la DGCIS

L’appel à projet met en évidence cette nécessité de travailler en réseau, d’aborder une question d’innovation par une conception réticulaire de la collaboration…[distribution / merchandising / communication]. Nécessité induite par les options des choix industriels (délocalisation).

 

« Une modification profonde de la chaîne de valeur est intervenue, avec un transfert de celle-ci vers l’amont (conception / design / marketing) et l’aval (distribution / merchandising / communication), pour faire face à la concurrence des pays à bas coût de main d’œuvre. Il résulte de ce phénomène une nécessaire modification de la stratégie des industriels, qui doivent investir dans l’immatériel et réorienter leurs ressources vers la création, le design, la conception et la commercialisation des produits et, plus largement, vers l’innovation non technologique. Le succès des entreprises dans ces secteurs dépend aussi de leur capacité à trouver des solutions innovantes et adaptées en termes organisationnels et de management.

Aujourd’hui, dans le prolongement des appels à projets «Innovation-Création-Design» lancés en 2006 et 2009, le présent appel à projets vise à soutenir, sur l’ensemble des secteurs des industries des biens de consommation, des projets collectifs innovants comportant une forte dimension d’innovation non technologique, celle-ci pouvant prendre la forme de la création, du design, d’innovations d’usage, d’innovations commerciales, managériales ou organisationnelles. » /…/

 » Cet appel à projets vise donc à :

  • placer le consommateur et l’utilisateur au centre de la stratégie de l’entreprise afin de concevoir des produits et services adaptés à leurs attentes en termes d’ergonomie, d’esthétique, de positionnement tarifaire et de distribution et en assurer une promotion adéquate ;
  • favoriser l’innovation non technologique pour faciliter et accélérer la mise sur le marché de produits, de services et de procédés nouveaux, en particulier les produits et services pour lesquels la création constitue une dimension fondamentale ;
  • renforcer la coopération des entreprises françaises des différents secteurs et susciter des projets collectifs ayant pour lien l’innovation, la création, le marketing et le design et permettant les échanges de bonnes pratiques, une mutualisation des moyens et la définition de nouveaux usages et l’ergonomie des produits participant d’une démarche commune à ces différentes fonctions ;
  • favoriser les transferts de bonnes pratiques d’un secteur à un autre et inciter les industriels à s’approprier les stratégies et les processus innovants.
  • faire émerger des projets fédérateurs de filières de nature à orienter l’offre de produits vers les consommateurs.

Il s’agit ainsi de soutenir les projets collectifs innovants visant à inciter les entreprises, et en particulier les PME, à intégrer les outils et méthodes les plus modernes dans les différentes phases de développement de leurs produits ou services :

–    démarche stratégique et positionnement sur les marchés ;
– conception / création / design / marketinget notamment démarche d’éco- conception et d’éco-design, recyclage et gestion de la fin de vie des produits, démarche de « design universel » afin de concevoir des produits et services adaptés au plus grand nombre d’utilisateurs, démarche de co-conception visant à faire participer le consommateur à la conception de l’offre ;
–    management de la création et du design;
–    approches innovantes en matière d’organisation industrielle et logistique ;
–    approches innovantes de la stratégie client et des circuits de commercialisation et de distribution des produits ou services. » /…/

On le constate la vision de la création dans les entreprises est une stratégie systémique qui intègre le projet dans sa globalité. Il faut absolument que les étudiants en cours de formation assimilent cette façon de penser donc de créer

 

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Temps et espace en carte mentale

28 Nov

La notion de temps et d’espace dans les processus d’apprentissage est une question sensible pour les métiers de l’éducation, pour les enseignants, les élèves, les chefs d’établissements, les corps d’inspection. J’ai tenté de synthétiser mes réflexions en utilisant le procédé de la carte mentale. Ma réflexion a été appuyée par  celle de François Muller (je le remercie)

NB les couleurs n’ont de aucune fonction, elle servent à l’auteur pour se repérer dans ce travail en construction. Cette carte sera encore modifiée au grè de mes travaux

Temps et espace à l'heure du numérique

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Conférence virtuelle N°1 – 2010 / 2011

2 Nov

Réunion dans le monde virtuel Assemblive. 23 Novembre 2010 inworld

 

Après le BTS – DSAAT, le début de la vie active

Vous avez gentiment accepté de participer à la conférence virtuelle du 23 novembre 2010 20 heures 30. Voici les instructions pour construire votre intervention.
Le sujet : la période des études est une période fondamentale dans la construction des savoirs et des compétences. Vous avez toute suivi un cursus similaire, long, riche et sélectif. La période de formation initiale a permis d’assoir les bases de votre métier. Le moment de l’entrée dans la vie active est le second temps fort. Après la phase « relativement » confortable des études il a fallu franchir le grand pas de la recherche d’un emploi, le passage de la formation / apprentissage au monde de l’entreprise.
Cette soirée se propose de recueillir vos témoignages sur cette période charnière. Comment s’est passée cette césure ?

Je vous propose le conducteur suivant :

Temps de présentation 15 minutes ;
Support un diaporama. En général on conseille de bâtir un diaporama sur le principe suivant temps de présentation divisé par deux, soit dans le cas présent environ 7 diapos.

  • Présentation de l’intervenant ;
  • Cursus ;
  • Présentation de l’entreprise dans laquelle vous travaillez ;
  • Votre fonction actuelle ;
  • Temps de recherche d’emploi ;
  • Modalités de recherche (candidature spontanée, Pôle-emploi, réseau, suite  à un stage etc) ;
  • Le passage de l’école à la vie professionnelle – bilan personnel. Vous pouvez évoquer dans cette partie ce qui est déterminant dans la formation initiale pour la vie professionnelle, ce qui n’est pas vu en initial et qui indispensable dans la vie pro … ;
  • Conseils aux étudiants en cours de formation.

Le plan donné est bien sûr indicatif, vous pouvez ajouter ce qui vous semble important. Ce qui compte est qu’un étudiant en formation puisse se projeter dans sa vie professionnelle. Le témoignage de professionnel ayant eu le même cursus est irremplaçable.

Il sera prévu un temps de dialogue avec le public présent à la conférence. Vous pourrez répondre aux questions en direct.

Merci encore d’avoir accepté de participer à cette conférence. Votre témoignage participera à l’acte de formation.

Très cordialement

jpm

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