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L’espace de formation en e.learning

25 Fév

Notes graphiques. Ce billet est une forme de brouillon en continu me permettant de mettre en place de futurs billets structurés.

L’espace de formation est une question à la fois très ancienne puisqu’il a fallu depuis longtemps imaginer les lieux de formation. C’est pourtant une question renouvelée avec le numérique. On peut traiter cette question par une pirouette, par une phrase toute faite du type « les espaces sont poreux ». C’est vrai, mais l’affirmation ne règle rien pour autant. Nous sommes à un instant des usages où les lieux de formation (c’est symptomatique nous employons le pluriel, moins le singulier) se transforment. Il nous incombe de proposer une réflexion prospective sur les espaces de formation.

Le débat sur l’espace réel et l’espace numérique est quelque peu stabilisé, nous semblons nous accorder sur l’existence d’un continuum  entre les deux mais … Il nous reste à analyser la question de leur fréquentation en simultanée et en alterné. Comment faut il occuper l’un vers l’autre pendant une session de formation ? Nous sommes ici dans la sphère de la porosité entre le professionnel et l’intime et dans le choix de l’institutionnel et du privé. En acceptant d’ouvrir les flux, on prend le risque de la navigation buissonnière, on prend le risque de limiter la fréquentation des lieux réels institutionnels.

Pour l’instant le risque  est minime car les réflexes de défense  de  l’ancien systèmes sont forts et très ancrés. Pour autant il n’est pas interdit de se mettre en posture de réflexion même si imaginer le futur c’est mobiliser l’état de ce qui existe aujourd’hui.

Comment doit-on, comment peut-on réguler ces ponts spatiaux ?

Je n’aurais pas la prétention de proposer des solutions, je n’en ai pas, mais je vais poser des questions pour engager la réflexion :

  • Comment va évoluer la salle de formation dans un univers numérisé ? ;
  • Quelles sont les propositions immobilières et mobilières qui peuvent être présentées pour activer l’école 2.0 ? Allons au-delà de l’accumulation de machines dans un lieu ;
  • Quels statuts à venir pour les structures immobilières de formation ? Entre volonté de diffuser les ressources en ligne et volonté de fixer les étudiants sur site ? L’injonction paradoxale de la politique immobilière et de la poltique de formation ;
  • Quelle place des lieux non institutionnels ? Doivent-ils être reconnus comme une extension réelle des lieux institutionnels ? ;
  • Quel est l’avenir de l’amphithéâtre si l’on persiste à dispenser des cours massifs en mode frontal ?  Les MOOC ne sont-ils pas une démonstration que l’amphi peut être supprimé, disons atténué ? Là encore nous sommes dans le paradoxe du « je veux » et « je ne veux pas »;
  • Quelle pensée spatiale pour ne pas avoir uniquement un modèle européo / techno centré ? ;
  • Développer des stratégies d’aménagements des locaux  dans les Universités est ce déjà une stratégie de fuite en avant ? Les étudiants ne préfèrent-ils pas déjà travailler de chez eux ? Pourquoi aller sur site quand le même site met tout en oeuvre pour diffuser à distance ? (Cours, bibliothèque, gestion administrative, …) ;
  • La diffusion des espaces de formation en ligne ne préfigure t-elle pas la définition d’un espace unique de formation ?

J’ai bien conscience que mes questions peuvent être vues et lues comme  dérangeantes, certains pourront les interpréter comme ineptes. Je reste persuadé qu’il est nécessaire de  poser ces questions comme base d’un débat sur l’espace de formation à venir.

Vous pouvez contribuer ….

Apprendre et enseigner à partir de son domicile

25 Fév

Notes graphiques

Do you spek e.learning ?

25 Fév

Réflexions graphiques.

Construire des dispositifs e.learning c’est se frotter à un LMS. J’entends, de ci, de là, des litanies larmoyanres ou des enthousiasmes sur les plateformes. Il me semble qu’il faut « faire avec » et centrer son énergie sur l’essentiel « faire apprendre les élèves et les étudiants ». Alors une question de mécanique ou une question sociale ? Je tente ici de faire le point à l’aune de mon expérience. Ce sont des notes évolutives en ligne, forcément imparfaites mais strates de l’évolution de ma réflexion.

Le geste chez les travailleurs du savoir

25 Fév

Réflexions graphiques…

Le geste professionnel est un axe de réflexion que j’ai commencé à engager en regardant travailler mes étudiants de BTS il y a presque 30 ans. Fort et bêtement fier de ma formation intellectuelle, j’avais occulté le geste et je l’avais intégré comme un élément peu noble comparé à la pensée ( rétrospectivement j’en ai honte). Mes convictions ont commencé à basculer en visitant un atelier de formation au tissage et ã la bonneterie. Des étudiants catalogués comme ceux qui relevaient  des « savoirs manuels » s’affairaient devant une machine d’une rare complexité avec une aisance remarquable. Les intellectuels c’étaient eux à l’évidence.

La machine (un métier rachel) était déjà par elle même une oeuvre d’art industriel, mélange subtil de précision de la fonderie, de l’agencement des cames, équilibre improbable entre la noirceur du bâtit et la blancheur des fils (mais là je retombe dans mes constructions intellectuelles).

imageMes convictions imbéciles se sont définitivement effondrées au contact des designers, des couturier(e)s, des tisseurs, des bonnetiers et … De mon père faisant son jardin, en observant leurs usages gestuels    et leurs productions. Comment peut-on continuer à structurer une société sur une dichotomie aussi désespérante ?

Il m’a fallu plus de 20 ans pour arriver à formaliser ces idées. Il est évident que dans cette construction le numérique a été le déclencheur. En toile de fond de ces tentatives d’analyse se dessine une observation des travers de notre société qui dissocie très fortement le monde de la main et le monde de la pensée, en dévalorisant l’une et en glorifiant l’autre.

Pour l’instant mes réflexions s’organisent, à défaut d’être stabilisées (le seront-elles un jour d’ailleurs ?). Vous pouvez lire mes analyses au tag geste de ce blog.

Le domicile un ecosystème technologique à maîtriser

25 Fév

Réflexions graphiques

2015 en révision

1 Jan

Les lutins statisticiens de WordPress.com ont préparé le rapport annuel 2015 de ce blog.

En voici un extrait :

Le Concert Hall de l’Opéra de Sydney peut contenir 2 700 personnes. Ce blog a été vu 19 000 fois en 2015. S’il était un concert à l’Opéra de Sydney, il faudrait environ 7 spectacles pour accueillir tout le monde.

Cliquez ici pour voir le rapport complet.

Audit du domicile et e.learning. Gestes et habitudes

19 Sep

Billet en rapport

Le travail à domicile, le télétravail, le droit à déconnexion sont des sujets qui commencent enfin à émerger comme éléments de propositions politiques. C’est une façon de reconnaître que l’espace de formation n’est plus la réunion de l’espace réel ET de l’espace virtuel mais bien un élément unique et indivisible.

Cette question de l’accès aux ressources du savoir passe obligatoirement par le domicile des enseignants et des apprenants. Cela pose un ensemble de questions qui agitent la société et qui vont s’accroître me semble t-il avec le temps. La tenue de la COP21 est un élément du débat me semble t-il dans la mesure où les trajets pendulaires dans les grandes agglomérations sont polluants et facteurs de pertes de temps et d’énergie.

Quelle évolution du salariat ? Quelles définitions des statuts dans la fonction publique ? Quelle définition du temps de travail ? Quelle définition du contour de l’espace de travail ? Quelle place donner aux déplacements dans la journée d’un enseignant et d’un apprenant ?

Le e-learning est au centre de ces réflexions car sa mise en place, son développement déporte la notion de lieu de formation. Je reste persuadé que la question est sous estimée quand elle n’est pas ignorée.

Pour l’instant nous sommes sur la base du « Vous allez pouvoir travailler chez – vous !, nous allons vous envoyer le lien de connexion« . En disant cela rien n’est dit car la charge de l’organisation est déplacée sur l’apprenant. En introduisant une nouvelle façon de travailler, on prend le risque de bouleverser les habitudes, de mettre à mal les routines acquises. Les apprenants, les enseignants dans ce cadre qui se développe peuvent être déstabilisés dans leurs habitus, terreau fertile du rejet, nous le savons.

L’habitude, il serait facile de dire que c’est justement ce qui freine. J’aime me référer à Richard Sennett, notamment à son ouvrage « Le travail sans qualité – The corrosion of character, the personal consequence of work in the new capitalism« , 10/18, 1998 : « Le sociologue Anthony Giddens s’est efforcé de faire vivre l’intuition du philosophe en attirant l’attention sur la valeur première de l’habitude dans les pratiques sociales et la compréhension de soi. Nous ne testons d’autres solutions qu’en rapport avec des habitudes que nous avons déjà maîtrisées. Imaginer une vie d’élans momentanés, d’actions à court terme, une vie dépourvue de routines durables et sans habitudes, c’est en vérité imaginer une existence absurde« . Il ne faut pas mésestimer le poids des habitudes professionnelles, il faut les prendre comme un paramètre de la scénarisation.

L’investissement du domicile comme lieu de travail numérisé est un fait nouveau, nous n’avons pas ou peu d’habitudes, des routines embyonnaires. Je ne parle pas ici de l’introduction d’internet pour l’usage privé mais bien de sa dimension professionnelle. L’une et l’autre des pratiques sont bien différentes, c’est la raison pour laquelle on ne peut penser par calque. Pour l’instant il y a beaucoup à conquérir et beaucoup à apprendre.

Il faut donc penser, imaginer, réguler ces pratiques et ce pour plusieurs raisons :

  • Les concepts de temps et d’espaces sont bouleversés, il faut les définir à nouveau sans réduire les droits ;
  • Le salariat avec la naissance du capitalisme avait éloigné le travailleur de son domicile (Zaretski, 1986) pour qu’il soit plus productif. Le numérique favorise le retour vers le domicile. Comment gérer cette nouvelle donne ? ;
  • Les domiciles sont essentiellement pensés pour une activité privée, l’intermittence professionnelle bouleverse les agencements spatiaux ;
  • Le domicile chahute les habitudes du panoptisme sur site. Le travail à domicile tendrait à développer de nouvelles formes de contrôles plus fortes « Diverses études laissent penser que la surveillance au travail est souvent plus grande dans ce cas de figure que pour ceux qui travaillent au bureau » (Richard Sennett, ibid, p.80.) Comment agir pour introduire la confiance dans les relations à distance ?
  • Quelle place donner à la déconnexion ?

Le chantier est immense, il faut le prendre à bras le corps. J’entends par là être pro actif dans les politiques de déploiement. De mon point de vue il ne suffira pas d’intégrer des textes, des recommandations, des vidéos de bonnes pratiques sur un site. Il faudra accompagner, former, expliquer les enjeux. Il faudra que les corps intermédiaires aillent au contacts des acteurs et les former.

J’ai commencé modestement à formaliser ces questions sous forme de recommandations aux acteurs engagés dans la formation en ligne et voulant utiliser une classe virtuelle. Il s’agit d’un vademecum pour des étudiants en ligne. Avant que ne commence la formation il me semble indispensable d’expliquer ce que signifie travailler à partir de son domicile parce que c’est complexe.

***

« →  La qualité de votre connexion internet

Capture d’écran 2015-09-19 à 08.50.14L’apprentissage en ligne est tributaire de la bonne connexion internet. Il est banal de le dire mais fondamental pour le bon déroulement des séances de formation. Vous pouvez commencer par tester en ligne la qualité en cliquant sur ce lien

Réglage du matériel de votre domicile

Il est conseillé d’avoir une connexion de type ADSL ou fibre pour bénéficier d’un débit fluide lors des réunions en classe virtuelle. Préalablement à la séance distante synchrone voici quelques conseils pour en optimiser l’efficacité :

Un lien de connexion vous sera envoyé sur votre messagerie. Nous vous conseillons de réaliser les réglages sons et vidéos en amont de la séance (jamais au dernier moment) en suivant les indications du lien.

→ Vérifiez que vous possédez un casque audio. Les écouteurs de votre smartphone sont suffisants. En l’absence d’écouteurs la mise en relation sonore de plusieurs personnes peut générer un effet larsen très désagréable. Nous vous conseillons donc vivement de vous le procurer si vous souhaitez profiter pleinement des cours.

→Vérifiez, si la géographie de votre installation personnelle le permet, que vous pouvez privilégier le branchement RJ45, plutôt que les ondes wifi.

→ Vous pouvez brancher votre ordinateur à la box grâce aux prises spécifiques situées sur la façade arrière. Nous sommes bien conscients que la possibilité de branchement dépend largement de l’espace qui sépare de votre box de votre ordinateur. Très souvent la box est éloignée des terminaux numériques. Des câbles RJ 45 existent et permettent les connexions filaires. Ils ont un inconvénient notable car ils vont devenir des obstacles pour les circulations de vos proches.

Les prises CPL

Vous pouvez vous équiper de prises CPL (Courant Porteur Léger) pour vous connecter en filaire (RJ 45) à partir de vos prises électriques. De la sorte, vous pouvez vous connecter de n’importe quel endroit de votre appartement sans vous préoccuper de la situation de la box. Pour les détails techniques et les prix demandez à votre revendeur habituel. Vous aurez ainsi réglé la question des câbles gênants en bénéficiant d’un débit satisfaisant.

Réglages du matériel de votre lieu de travail

→ Si vous vous connectez de votre entreprise vérifiez au préalable que la politique de sécurité informatique développée par votre DSI ne bloque pas l’accès aux solutions déployées (classes virtuelles notamment) et à la plateforme. N’oubliez pas que l’accès professionnel est lié à des contraintes de sécurité. C’est une démarche administrative assez longue et rien ne vous garantie qu’elle sera couronnée de succès. Il faut régler cette question dès le début de votre formation.« 

La méthode de recherche, une nouvelle compétence ?

29 Août

Je reviens de la session Ludovia 2015 et comme l‘année dernière j’ai choisi d’assister aux tables rondes qui traitaient du rôle des collectivités locales. Ce n’est évidemment pas le thème le plus enthousiasmant en terme d’affichage (je l’avais déjà souligné). Il aurait été plus distrayant de regarder les dernières innovations, les derniers usages instrumentés, par la dernière solution à la mode. Mais … Je préfère depuis longtemps la vision méta de mon métier à la vision micro. L’éducation est éminemment une question politique (la polis) où il s’agit de penser un mode d’organisation et ses possibles évolutions. Je prends de plus en plus de distance sur le pilotage  du numérique éducatif par le prisme de l’envie du geek.

Il était donc question de l’introduction du numérique dans les établissements (école, collège, lycée, université). Un sujet d’une très grande complexité, tant au niveau conceptuel, qu’organisationnel.

C’est ce dernier point que je souhaite développer dans ce billet.

Dans cette réflexion nous avons deux pôles principaux, d’un côté les collectivités, en charge de financer les infrastructures numériques, de l’autre, les enseignants qui doivent instrumenter leurs enseignements.

Présentées comme cela les choses sont simples mais la réalité me semble être plus complexe car entre les deux pôles, le courant conducteur passe par une chaîne d’une rare complexité.

Si je simplifie à l’extrême le modèle, nous avons d’un côté un enseignant dans sa classe face à ses élèves. Fort des solutions qui lui sont proposées, des directives qui l’invitent à intégrer le numérique dans ses pratiques, il va tenter de les modifier mais c’est souvent seul (ou réduit à l’équipe locale). Je reste persuadé que l’enseignement participe encore largement d’un exercice solitaire, un métier où l’on a pas ou peu la culture du partage et de la mutualisation. Ce n’est pas parce que l’on répète à l’envi qu’il faut collaborer et coopérer  que c’est une vérité. Je viens de lire un article de Philippe. Meirieu (Entretien  accordé  par  Philippe  Meirieu  au  journal  Le  Monde dans  le  cadre  du  dossier  paru  dans  le  numéro  du  vendredi  28  janvier 2015, :  «L’innovation,  c’est  classe» – «La cohérence  pédagogique  ne  peut  être  décrétée,  elle  doit  s’élaborer  sur  la  durée»)

qui me conforte dans cette idée. Je me permets d’en citer un passage :

« il  faut  bien  garder  en  tête  que  les  enseignants  parlent  très  peu  de  leurs  pratiques  pédagogiques  entre  eux;  la  plupart  des concertations  sont  essentiellement  «institutionnelles»  et  portent  sur  des  problèmes  d’organisation.  Le  face-­à-face  pédagogique  reste  du  domaine  privé  dans  l’imaginaire  collectif  enseignant  :  on  ne  dévoile  ni  ses  problèmes  ni  ses  solutions  aux collègues.  L’enseignement  est  un  des  métiers  où  la  mutualisation  est  la  plus  faible… Et  cela  constitue  une  entrave  considérable  à  la  véritable  innovation. » Le Monde 2015

 De l’autre côté nous avons les collectivités locales et l’État en charge de déployer le numérique. L’institution à la culture de la concertation, elle est ancrée, car les enjeux sont de taille, ils se chiffrent en millions d’euros d’argent public.

À l’écoute des différentes tables rondes j’ai découvert un empilement de structures et de services qui se concertent pour œuvrer au développement du projet numérique.

j’ai essayé de lister les organismes et services impliqués

Communes, conseils départemental, Région, communautés de communes, COPIL de projets, SDET, DNE, ADF, ARF, CNFPT, ANDVE, inspections disciplinaires, comités d’appels à projets, DANE, CARDIE, Canope, projet d’établissement, projet académique … j’en oublie surement. Je dois bien avouer qu’il me faudrait un temps assez long pour cartographier cette multitude. Ce qui m’inquiète c’est que la logique de mon métier voudrait que je connaisse parfaitement cette organisation.

Je ne doute pas de l’efficacité du système mais les enseignants sont en bout de chaîne et un peu isolés. Je me demande quel est celui qui maîtrise parfaitement la complexité de cette chaîne de décision ? Les expérimentations qui sont engagées nécessitent de passer du stade micro (établissement) au stade macro (multi-établissements). Il a été dit dans les débats que l’expérimentation est souvent un « One shot » or l’objectif est de « généraliser » ou de tenter de …

Comment faire alors pour concilier une organisation très structurée qui sait se concerter, qui impulse une politique numérique avec les usages des enseignants beaucoup plus atomisés ?

L’intérêt des expérimentations est bien de tester, d’observer et d’en tirer le bilan à fin de diffusions aux cohortes suivantes.

Je vois ici émerger une compétence, celle de la prise de recul réflexif. Il me paraît difficile de s’engager dans le développement d’usages numériques dits innovants et de rester uniquement dans le faire, sur une base locale. L’analyse sur retour d’expérience est centrale. Je vais être provocateur mais j’ai du mal à comprendre que les collectivités locales n’exigent pas des retours d’expériences circonstanciés. J’imagine que le tabou de la partition entre  compétence pédagogique et compétence d’équipement est plus forte que le bon sens.

Plusieurs pistes sont à explorer :

  • Former les jeunes enseignants dans les espé à la méthode de recherche pour les préparer à analyser les évolutions de leur métier ;
  • Prévoir un temps de formation pour les enseignants impliqués dans les expérimentations ;
  • Demander aux enseignants engagés dans les expérimentations de fournir des bilans « d’expé« 
  • Associer plus fortement les enseignants aux logiques projets ;

Je ne propose pas ici d’ajouter du travail au travail mais d’inscrire la logique d’analyse comme un élément majeur des expérimentations, formalisé dans un contrat cadre avec obligation de résultat. Tout travail méritant rémunération, on pourrait imaginer (sans gréver fortement les budgets) de rémunérer ce travail d’analyse nécessaire pour passer du local au global.

L’enjeu est de créer une connexion entre l’impulsion de politiques locales et les usages des enseignants. Donner des éléments de méthode de recherche pourrait être, me semble t-il, un élément de réponse fort.

Je propose ici des pistes, je sais que l’on va probablement me répondre que les lieux de concertations existent mais je persiste à penser que le cloisonnement est prégnant et bloquant dans la grande chaîne de décisions. Le laboratoire Techné de Poitiers semble être un début de réponse à mon questionnement puisque la recherche est impliquée dans le déploiement des expériences. Je pense ici aussi aux Savanturiers de François Taddéi, si l’on peut associer les enfants à la recherche, il doit être possible d’en faire autant avec les enseignants – Voir l’interview de François Taddei sur Nipedu

Post scriptum : Je me pose une question d’ordre politique. Pendant combien de temps les collectivités locales vont-elles continuer à financer des projets sans pouvoir obtenir des retours sur les usages ?

Mon blog est ouvert pour engager le débat, je suis même prêt à venir en débattre sur site.

Lectorat

13 Août

Je tiens des chroniques dans ce blog depuis une dizaine d’années.même si je consacre l’essentiel du temps à tenter de produire du sens, je regarde aussi les statistiques. Le lectorat s’est fidélisé avec le temps, de nombreuses personnes sont abonnées. Ce qui me surprend particulièrement c’est l’origine gégraphique des lecteurs. Les  français et  francophones (Algérie, Belgique, Canada, Maroc, Tunisie  …) mais … Il y a aussi des lecteurs fidèles de pays non francophones notamment les USA.

Mon traceur me donne des indications mais elles ne sont que partielles. Si vous me lisez épisodiquement ou régulièrement mes billets, si vous êtes situés hors de France, j’aimerais bien avoir des retours de votre part. Pourquoi lisez vous ce blog, dans quel cadre, qu’en retirez vous ?

N’hésitez pas à utiliser le formulaire contact du blog ou les commentaires. Si les réponses sont au rendez-vous je rédigerai un billet de synthèse

Amis virtuels du bout du monde recevez mes amitiés

Espace

2 Juil

Lettre rédigée et jamais publiée …

Le thème : L’espace dans les dispositifs de formation

Pour ce numéro zéro nous avons choisi de traiter la question de l’espace de formation.

Depuis que le numérique est entré comme variable de conception des dispositifs de formation, l’espace est un concept qui est redéfini. Historiquement les cours, se déroulent sur le principe de l’unité de temps, et d’espace. Le numérique a modifié le paradigme spatio-temporel en augmentant le champ des possibles. L’espace de formation s’est diversifié, s’est flexibilisé au service de la convergence (Moiraud, 2014). Les dispositifs de formation sont désormais déployés dans les espaces physiques, qu’ils soient institutionnels ou personnels (domicile) ET dans les espaces numériques (Moiraud, 2014).

 

Les espaces physiques institutionnels sont quantifiables, les référentiels des constructions universitaires fixent des normes précises pour l’accueil des étudiants et des enseignants (Derouet-Besson, 2002). L’irruption des solutions numérisées a transformé le regard porté sur le corps immobilier. Il faut imaginer la salle de cours, l’amphithéâtre dans lesquels les Smartphones, les tablettes et les ordinateurs sont inclus. Quel sera le contour des Learning center ? Comment évoluent les SCD dans cet écosystème technologique ? (Inspection générale, 2012)

L’établissement de formation entendu comme structure immobilière institutionnelle n’est plus la référence unique dès lors que les enseignements et les apprentissages peuvent s’exercer à partir des lieux privés. Cette évolution n’est pas sans conséquence sur la professionnalité puisque l’intime s’immisce dans le champ du professionnel (Broadbent, 2012). Il est besoin de définir à nouveau la notion d’intimité (Serfaty-Garzon, 2003) au moment où le domicile se professionnalise par intermittence (Moiraud, 2013).

 

Les espaces formation sont devenus hétérogènes mais ne se situent pas pour autant dans un « univers parallèle » (Arfaoui & Lafay, 2013) mais sont complémentaires. La porosité entre le physique et le numérique est devenue prégnante. Comment doit-on définir l’espace de formation en ce début de 21ème siècle ? Nous vous proposons quelques pistes de lecture.

 

L’outil

 

Le CDNT organise une veille informationnelle pour suivre les évolutions du e-learning tant dans sa dimension technologique que scientifique. Le principe de base reste la lecture et l’analyse régulière de la littérature. Nous espérons ainsi pouvoir vous indiquer les grandes tendances, les débats, les controverses, l’état de la recherche dans le champ de la pédagogie instrumentée par le numérique.

 

Nous avons cependant rationalisé notre travail en intégrant les fonctionnalités d’un outil numérique qui se nomme Zotéro[1].

 

Pour ce numéro zéro nous avons choisi de traiter la question de l’espace de formation.

 

Depuis que le numérique est entré comme variable de conception des dispositifs de formation, l’espace est un concept qui est redéfini. Historiquement les cours, se déroulent sur le principe de l’unité de temps, et d’espace. Le numérique a modifié le paradigme spatio-temporel en augmentant le champ des possibles. L’espace de formation s’est diversifié, s’est flexibilisé au service de la convergence (Moiraud, 2014). Les dispositifs de formation sont désormais déployés dans les espaces physiques, qu’ils soient institutionnels ou personnels (domicile) ET dans les espaces numériques (Moiraud, 2014).

 

Les espaces physiques institutionnels sont quantifiables, les référentiels des constructions universitaires fixent des normes précises pour l’accueil des étudiants et des enseignants (Derouet-Besson, 2002). L’irruption des solutions numérisées a transformé le regard porté sur le corps immobilier. Il faut imaginer la salle de cours, l’amphithéâtre dans lesquels les Smartphones, les tablettes et les ordinateurs sont inclus. Quel sera le contour des Learning center ? Comment évoluent les SCD dans cet écosystème technologique ? (Inspection générale, 2012)

 

L’établissement de formation entendu comme structure immobilière institutionnelle n’est plus la référence unique dès lors que les enseignements et les apprentissages peuvent s’exercer à partir des lieux privés. Cette évolution n’est pas sans conséquence sur la professionnalité puisque l’intime s’immisce dans le champ du professionnel (Broadbent, 2012). Il est besoin de définir à nouveau la notion d’intimité (Serfaty-Garzon, 2003) au moment où le domicile se professionnalise par intermittence (Moiraud, 2013).

 

Les espaces formation sont devenus hétérogènes mais ne se situent pas pour autant dans un « univers parallèle » (Arfaoui & Lafay, 2013) mais sont complémentaires. La porosité entre le physique et le numérique est devenue prégnante. Comment doit-on définir l’espace de formation en ce début de 21ème siècle ? Nous vous proposons quelques pistes de lecture.

 

L’outil

Le CDNT organise une veille informationnelle pour suivre les évolutions du e-learning tant dans sa dimension technologique que scientifique. Le principe de base reste la lecture et l’analyse régulière de la littérature. Nous espérons ainsi pouvoir vous indiquer les grandes tendances, les débats, les controverses, l’état de la recherche dans le champ de la pédagogie instrumentée par le numérique.

 

Nous avons cependant rationalisé notre travail en intégrant les fonctionnalités d’un outil numérique qui se nomme Zotéro[1].

[1] Zotéro – http://www.zotero.org/

 

C’est « Un logiciel de gestion de références gratuit, libre et open source qui s’inscrit dans la philosophie du Web 2.01. Il permet de gérer des données bibliographiques et des documents de recherche (tels que des fichiers PDF, images, etc.). Ses principaux atouts techniques reposent sur l’intégration au navigateur web, la possibilité de synchronisation des données depuis plusieurs ordinateurs, la génération de citations (notes et bibliographies) dans un texte rédigé depuis les logiciels LibreOffice, Microsoft Word, NeoOffice, Zoho Books et OpenOffice.org Writer grâce à l’installation d’un plugin. Le développement du logiciel est à l’initiative du Center For history and New Media (CHNM) de l’université George Mason. » Source Wikipédia (consultation le 30 janvier 2014)

Cet outil aide évidemment à construire sa bibliographie par procédé d’instrumentation scénarisée. Il est loisible aux utilisateurs de partager, de Co-construire par acte de coopération et / ou de collaboration.

Le CDNT a ouvert un compte sur Zotéro que vous pouvez consulter en permanence à distance sur n’importe quel type de périphérique numérique (ordinateur, tablette, smartphone). Vous pourrez y trouver un ensemble de didacticiels décrivant les modalités de fonctionnement de Zotéro et des références bibliographiques ayant trait au e-learning.

Se connecter sur la bibliographie en ligne

http://www.zotero.org/groups/cdnt

La bibliographie.

Le BYOD (bring your own device)

Cet anglicisme à la mode est le révélateur d’une pratique très répandue. L’institution met à disposition des usagers des matériels et des logiciels. Dans les universités il est possible d’avoir accès à des salles informatiques, à des terminaux de connexions (au SCD notamment), à un ensemble de solutions numérisées comme la FDV.

L’accès aux cours, aux web de façon générale, s’effectue aussi à partir des solutions personnelles comme les ordinateurs personnels, les tablettes, les smartphones. Cette pratique qui se répand interroge les espaces de formation au sens ou la mobilité et le nomadisme s’installent comme une variable forte des processus de formation.

  • Gicquel Camille, Utiliser son ordinateur personnel, quel risque pour les entreprises ? , Regard sur le numérique (RSLN), (2013)

·      Service TICE, Université de Sherbrooke, Canada, Le fin mot : BYOD, site web, (consultation, le 31 janvier 2014) https://www.usherbrooke.ca/ssf/veille/bulletins/2011-2012/mars-2012/le-fin-motnbsp-byod/

La surveillance, la porosité de l’espace intime et de l’espace professionnel.

 L’espace de formation traditionnel est fondé sur le principe de la surveillance, « on pointe », on inscrit, on surveille. Les enseignants en TD font l’appel, le jour des examens il faut vérifier l’identité des candidats pour éviter des fraudes potentielles.

 Le numérique, là encore, transforme les questions de surveillance panoptique. Le privé s’immisce dans le professionnel et le professionnel devient une dimension de l’intime.

  • Arfaoui et Lafay, Non internet n’est pas un univers parallèle, Revue Esprit, (2013)

  • Baron, Xavier, Repenser l’espace et le temps du travail intellectuel, management review, (2011)

  • Broadbent Stefana, L’intimité au travail : la vie privée et les communications personnelles dans l’entreprise, FYP éditions, (2012)

  • Casili Antonio, Les liaisons numériques, seuil, (2012)

  • Doueihi Milad, Pour un humanisme numérique, Seuil, (2013)

  • Foucault Michel, Surveiller et punir, Gallimard, (1975)

·      Rey Claudie & Sitnikoff Françoise, Télétravail à domicile et nouveaux rapports au travail, Revue interventions économiques, (2006)

  • Sennett Richard, le travail sans qualités, les conséquences humaines de la flexibilité, Titre original the corrosion of character, the personal consequences of work in the new capitalism, Albin Michel, (1998)

  • Serfaty-Garzon Perla, Chez soi, les territoires de l’intimité, Armand Colin (2003)

 Les espaces de formation.

L’espace de formation étant devenu hétérogène les universités doivent se poser la question de l’agencement des espaces. Des lieux emblématiques sont en train de se transformer. Le SCD évolue, la salle de cours est redéfinie dans ses contours, le domicile se professionnalise par intermittence.

·      Pascal Cotentin, Visite de l’université de Kingston avec Graham BULPITT, Scéren, (2012)

·      Claude Devès, Odile Grandet & AL, Learning center et territoire : comment la bibliothèque s’insère dans son environnement institutionnel, économique et social ?, Université Blaise Pascal, (2013) http://videocampus.univ-bpclermont.fr/?v=Bpxts7EZEAMR

·      Graham Bulpitt, Le rôle pédagogique des personnels non-enseignants, les journées du e.learning, (2013)

http://www.journees-elearning.com/index.php/videos-2013/226-graham-bulpitt

  • Inspection générale des bibliothèques, Les Learning centres: un modèle international de bibliothèque intégrée à l’enseignement et à la recherche, Rapport- n° 2009-022, (2009)

  • Mazalto Maurice, Architecture scolaire et réussite éducative, Editions Fabert, (2007)

NB : Nous retiendrons comme définition du learning center : «Un soutien réel à l’acquisition de connaissances garanti par une liaison beaucoup plus étroite avec les enseignants dès la conception du projet ; des espaces conviviaux, ouverts et flexibles ; une accessibilité maximale en termes d’horaires et de ressources ; des facilités d’usage à distance ; un personnel polyvalent et un regroupement des services ; des ressources documentaires et des équipements nombreux et renouvelés », Les Learning centres un modèle international de bibliothèque intégrée à l’enseignement et à la recherche

 Des ressources multimodales.

Le CDNT tente d’isoler les signaux faibles qui émergent en éducation. De l’invention de l’imprimerie (1454) à l’invention du protocole TCP/IP (1983) le savoir a été fixé essentiellement grâce au texte et l’image. Lorsque le web 2.0 apparaît, les dispositifs de formation intègrent massivement les ressources multimodales (texte, image, son, vidéo).

Nous vous proposons une sélection de ressources médias pour compléter ce dossier.

  • De la Porte Xavier, vie professionnelle / vie privée, Place de la toile (2012)

http://www.franceculture.fr/emission-place-de-la-toile-vie-professionnelle-vie-privee-2012-12-22

  • De la Porte Xavier, Culture du livre, culture des écrans, entretien avec Serge Tisseron, Place de la toile (2013)

http://www.franceculture.fr/emission-place-de-la-toile-culture-du-livre-culture-des-ecrans-2013-03-23

  • De la Porte Xavier, entretien avec Stefana Broadbent, l’intimité au travail, Place de la toile, (2011)

http://www.franceculture.fr/emission-place-de-la-toile-stefana-broadbent-rediffusion-2011-11-12

  • De la Porte Xavier, entretien avec Milad Doueihi, Pour un humanisme numérique, Place de la toile, (2011)

http://www.franceculture.fr/emission-place-de-la-toile-pour-un-humanisme-numerique-2011-10-29

  • De la Porte Xavier, entretien avec Antonio Casili, Les liaisons numériques, Place de la toile, (2010)

http://www.franceculture.fr/emission-place-de-la-toile-les-liaisons-numeriques-2010-09-26.html

Les lieux intelligents :

·      Enseigner dans une salle de classe intelligente, ESSCA, (2012)

http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=qLCz5jyJ_K0

Gwnenaelle Le Mauff, Le LearningLab : l’apprentissage collaboratif de demain, EM Lyon, (2013)

http://www.youtube.com/watch?v=JygbI8d45jA

[1] Zotéro – http://www.zotero.org/

 

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