Archive | Temps RSS feed for this section

« Quand on veut », entre discours et réalité

10 Mar

Je n’avais pas abordé la question du temps dans ces colonnes depuis un moment, probablement distrait par mes réflexions sur le corps et le geste et par maintes occupations professionnelles …

Mais … ma veille et ses lectures, m’ont incité à me replonger dans cette thématique.

S’il est vrai que les technologies numériques nous permettent de travailler dans le mode du « everywhere and anytime » (je l’ai souvent évoqué), peut-on en déduire pour autant que c’est une réalité ? Je pense qu’il faut cesser de vivre dans cet idéal fantasmé (?) du numérique libérateur du temps. Nous ne pouvons amalgamer le possible technologique et le réel social.

Les technologies numériques ne sont pas hors sol, il faut le rappeler avec force. Elles doivent, dans leurs utilisations, composer avec le réel social. Alors oui, bien sûr on peut s’inscrire à un MOOC et apprendre, Oui, bien sûr on peut organiser des classes virtuelles de 20 heures à 22 heures, oui, bien sûr on peut inviter des étudiants des collègues situés sur différents fuseaux horaires … On peut, on peut, on peut … !

Sauf que …. La liberté d’organiser son temps est un concept théorique, très théorique. Il ne faut pas oublier que notre temps professionnel est cadré, organisé. Nous avons tous (dans le privé comme dans le public) un agenda professionnel qui est structuré, compté et surveillé. Dit autrement nous avons des obligations de service. C’est aussi valable pour les indépendants qui doivent aller à la pêche aux clients pour « faire du chiffre ».

Alors faisons un peu preuve de réalisme et sachons nous extraire du miroir aux alouettes technologique. La liberté d’apprendre ne peut se faire que dans une logique d’extension du temps consentie (individuellement et / ou collectivement).

Que ceux qui profèrent (en toute bonne foi je pense) que l’on peut travailler quand on veut aillent au bout de leur discours et expliquent que c’est nécessairement en plus du temps normé.

Il s’agit donc ici d’arriver à concilier le potentiel des technologies et des principes d’organisation sociale. Or le numérique bouleverse cette organisation en proposant un modèle autre. Entre libéralisation et réglementation nous aurons à trancher.

Nous entrons ici dans un modèle d’organisation qui nous engage pour de nombreuses années et qui doit nous inviter à ne pas penser les modèles éducatifs comme des objets neutres, simplement inféodés aux potentiels d’une technologie. Les technologies sont des objets sociaux et politiques de par la nature de leur instrumentation.

Travailler à domicile l’émergence d’un « espace gris » ?

19 Fév

Je vais tenter de continuer ma réflexion sur le travail à domicile chez les travailleurs du savoir. Plusieurs éléments  lus dans ma veille ces derniers temps m’incitent á continuer cette réflexion :

J’ai commencé par jalonner ma réflexion en construisant une démarche graphique (voir les liens au bas de ce billet).

J’ai le sentiment que les prochaines modifications des structures de formation passeront par la réflexion et le développement du travail à domicile ou dans des tiers lieux non institutionnels. Nous sommes ici dans un champ où la décision politique est une donnée majeure du problème. La réflexion sur    une redéfinition du management sera aussi centrale. Il faudra que les responsables des services acceptent de modifier leurs habitudes et cela ne pourra passer que par le prisme de la formation. L’enjeu est de passer d’une façon de penser orientée vers la verticalité ( « top down« ) à une démarche qui repose plus sur la confiance (« care pédagogique/ managérial« ). C’est, de mon point de vue, une tâche longue et rude car elle contraint à une forme de transformation, à un renoncement à des formes de pouvoir qui structurent des identités professionnelles. Il faut gérer tout cela en douceur et par l’explication, la formation.

Je ne parle pas ici du passage radical d’un système à l’autre mais bien d’un mélange subtil des deux, où l’expression « glissement en douceur » est peut- être la plus appropriée.  Il s’agit bien de subtilité dans ces constructions car les modifications sont avant tout humaines, bien que suscitée par les évolutions technologiques. Imposer, enjoindre sont des réflexes de l’ère industrielle (elles sont cependant des tentations).

Je ne veux pas ici développer une vision personnelle orientée (il se trouve que  j’aime travailler à domicile) mais je vais essayer de structurer quelques propositions en argumentant.

Le premier point de ma réflexion s’appuiera sur le changement des structures de notre société, Nous sommes passés assez rapidement de la période capitaliste industrielle à la troisième révolution industrielle pour reprendre la formule du livre de Jéremy Rifkin.

Les possibilités d’apprentissage et d’enseignement se sont trouvées profondément transformées avec l’ouverture du champ des possibles de la digitalisation. L’espace de formation doit donc être imaginé dans les dimensions du réel et du virtuel. L’un ne peut pas être imaginé sans l’autre, c’est désormais impossible.

Le domicile des travailleurs du savoir fait donc partie de cette somme réflexive, elle ne peut être ignorée car elle fait partie d’un tout. Dans d’autres écrits j’avais évoqué le temps gris (les propos sont toujours d’actualité) je pense qu’il faut lui ajouter l’existence d’un espace gris.

Un décret – Le travail à domicile entre dans les dispositifs réglementaires, ce qui est une façon de reconnaître que l’espace de travail n’est plus cantonné à un espace immobilier institutionnel. Le télétravail est une dimension de la professionnalité, elle est même d’application immédiate.

 » Un arrêté ministériel pour la fonction publique de l’Etat, une délibération de l’organe délibérant pour la fonction publique territoriale, une décision de l’autorité investie du pouvoir de nomination pour la fonction publique hospitalière, pris après avis du comité technique ou du comité consultatif national compétent, fixe :
« 1° Les activités éligibles au télétravail ;
2° La liste et la localisation des locaux professionnels éventuellement mis à disposition par l’administration pour l’exercice des fonctions en télétravail, le nombre de postes de travail qui y sont disponibles et leurs équipements ;
3° Les règles à respecter en matière de sécurité des systèmes d’information et de protection des données ;
4° Les règles à respecter en matière de temps de travail, de sécurité et de protection de la santé ;
5° Les modalités d’accès des institutions compétentes sur le lieu d’exercice du télétravail afin de s’assurer de la bonne application des règles applicables en matière d’hygiène et de sécurité ;
6° Les modalités de contrôle et de comptabilisation du temps de travail ;
7° Les modalités de prise en charge, par l’employeur, des coûts découlant directement de l’exercice du télétravail, notamment ceux des matériels, logiciels, abonnements, communications et outils ainsi que de la maintenance de ceux-ci ;
8° Les modalités de formation aux équipements et outils nécessaires à l’exercice du télétravail ;
9° La durée de l’autorisation mentionnée à l’article 5 si elle est inférieure à un an. » (extrait)

L’étude de Lyon 3 sur les usages des étudiants est très intéressante. Une réponse à une question posée m’a interpellé « ou travaillez vous ? » Majoritairement les étudiants ont répondu chez moi. On ne peut plus ignorer ces usages bien installés. L’exercice est délicat puisqu’il consiste à penser institutionnellement un espace qui ne l’est pas.

La difficulté de l’exercice est d’intégrer dans un schéma scénarisé de formation un espace qui n’est pas réglementé. Nous sommes encore très largement soumis à un modèle très hiérarchisé qui peine à oser et penser le systémique. Ce qui est formalisé et réglementé existe, le reste est cet espace  gris décrit précédemment.

C’est cet espace gris qui m’intéresse, là où se construisent aussi des savoirs. L’évolution des modes d’apprentissage, poussée par les technologies, nous contraindra à intégrer cette dimension du réflexif.  Cela ne signifie pas qu’il faut renoncer à la réflexion / recherche sur les espaces institutionnels, bien au contraire. L’un et l’autre sont complémentaires.

Je ne peux m’empêcher de me poser la question suivante, sachant qu’elle est provocatrice. Et si les questions actuelles sur l’aménagement des espaces institutionnels, étaient déjà dépassées ? Seraient-elles une fuite en avant pour fixer les étudiants dans des espaces qu’ils ont déjà désertés ?

Mon propos je l’ai dit est provocateur mais je souhaiterais que l’on insère  désormais l’espace privé comme un réelle dimension de la réflexion sur l’espace de formation.

Cet espace personnel, pour ne pas dire le domicile est un champ complexe car il mêle intimement, les dimensions privée, sociale et professionnelle. Ce mélange des différentes sphères peut s’avérer instable et peut être toxique dans certains cas. Il est intéressant de tourner son regard vers les États -Unis. Richard Sennett que j’ai souvent cité ici analyse le travail à domicile dans son livre « Le travail sans qualité« .

Pour le moment je vais me contenter de citer un passage éclairant :

« Si le flextime fait figure de récompense, il a pour effet de mettre l’employé sous la dépendance étroite de l’institution /…/ Cette récompense suscite une vive inquiétude parmi les patrons qui redoutent de perdre le contrôle des absents et soupçonnent ceux qui restent à la maison d’être tentés d’abuser de leur liberté. En conséquence une multitude de contrôles ont été mis en place pour règlementer le travail effectif de ceux qui sont absents du bureau. » R.Sennett le travail sans qualité« 

La réflexion sur les espaces de formation dépasse largement les questions mobilières et immobilières. Nous sommes dans un changement de paradigme du rapport social. il conviendra de creuser cette question.

Comme toujours ce billet est ouvert à la contradiction  parce qu’il est l’amorce d’une réflexion donc forcément imparfaite encore embryonnaire. La rubrique commentaire est ouverte pour le dialogue.

***

Mes réflexions graphiques sur l’espace de travail

Mobilité Vs immobilité

15 Août

Billet en rapport Billet en rapport

Everywhere and anywhere, l’expression anglo saxonne décrit assez bien la façon dont on accède actuellement à l’espace informationnel numérisé. Nous pouvons saisir l’information en tout temps et en tout lieu. Ordinateur fixe, ordinateur portable, smartphone, tablette, apple watch ( à quand les implants humains ? )  sont devenus des prolongements de notre moi. Tout est consultable jusqu’à satiété. Dans ce contexte, je me pose la question suivante : Faut-il être obligatoirement en mouvement pour accéder aux données ?

Cette interrogation  m’a amené, depuis quelques temps, à lire ce que se dit sur la smart city. Ce concept fait émerger  l’idée que la physiologie du citoyen moderne serait constituée par un circuit vital supplémentaire. Il  alimenterait l’organisme en un flux d’informations constituées par un ADN à base de 0 et de 1.  Dans la smart city le citoyen, gorgé d’informations, est structurellement mobile. Il prend des transports doux et durables lors de ses déplacements, son sens de l’orientation est inféodé aux données transmises par le GPS. Son chauffage est régulé à distance par un add’on de son smartphone, il renonce à s’ennuyer dans les transports en commun car il peut grâce à la xG lire, regarder la télévision en temps réel ou en replay, twitter, dialoguer sur les réseaux sociaux … On le veut intelligent et mobile, c’est dit, c’est répété.

Je ne m’inscris pas en faux contre cette vision car elle est en partie ma vie mais … Pourquoi toujours envisager le citoyen de la smart city comme un être en mouvement, une forme de fourmi civilisée, industrieuse, productive, renonçant au temps de pause, à la revendication de l’immobilité féconde. Suis-je moins smart en aimant parfois, (souvent) l’immobilité ?

L’homo numericus , dans la vision des concepteurs, est en mouvement perpétuel, stimulé par cette irrigation informationnelle organique. Le citoyen connecté est celui qui bouge, qui se déplace. Plus il est connecté, plus il se déplace, plus il se déplace, plus il se connecte.

Je crains que dans ces scénarios technophiles, on ne voit émerger des analyses où les temps  et lieux d’apprentissage soient ceux des temps et lieux intersticiels, ceux des déplacements, des temps d’attentes dans le gares … Le saint graal de l’homme pressé, du temps compté, séquencé en mode ROI, en temps utile. Le temps non identifié et le lieu non connecté sont anxiogènes.

La mobilité a du sens, elle est utile, je l’aime mais à la condition de l’analyser aussi au regard des bienfaits et des vertus de l’immobilité, du temps long, du temps non compté. Être mobile c’est avoir compris les charmes de l’immobilité.

Il me semble que la smart city doit être aussi l’agrégation des smart house, des smart school (j’ose ces expressions). Il faut imaginer ces lieux ou l’on pourrait prendre des temps de pause (l’emploi du temps des apprenants affichant une case intitulée RIEN serait séduisant), revendiquer l’immobilité active et passive, voire le temps de paresse 2.0. Il faudrait songer à penser à nouveau l’éloge de la paresse 2.0 version modernisée de l’ouvrage éponyme.

L’intelligence, si elle est celle du corps en mouvement, doit aussi être celle du corps au repos, peut être du corps alangui, en tout cas celle de l’esprit qui  navigue sans convoquer systématiquement le corps.

Allongé sur mon canapé, je remercie à distance Mona Chollet et le directeur du Tuba de Lyon qui ont, sans le savoir,  stimulé mes réflexions casanières.

 » Chez soi, une odysée de l’espace domestique ».  Mona Chollet, zones éditions

Tuba Lyon le site 

« Des pierres et du ciment » au service de l’interaction pédagogique

16 Juil

Billets en rapports – les « e.learning center » au service du e.learningAu lieu de sanctuariser l’école  – De l’utopie de la négation du corps …- La classe connectée

J’utiliserai dans cet article le terme d’architecture mais entendu comme l’architecture d’intérieur au sens ou le définit l’UNAID (Union Nationale des Architectes d’Intérieur, Designer) : « Participant de plain-pied à l’acte de construire, l’architecte d’intérieur exerce son art depuis l’élaboration et l’agencement des volumes d’un bâtiment jusqu’à la mise en scène des objets qui vont faire la qualité, la cohérence et le plaisir d’habiter un espace accordé au plus juste des besoins comme des goûts de ses clients »

Ma réflexion sur l’espace de formation m’a amené, lors cette année universitaire (2013-2014), à visiter plusieurs lieux de formation aménagés à titre expérimental. J’ai entendu plusieurs acceptions pour qualifier ces lieux, learning center, fablab, atelier de co-working. Je laisserais de côté ici les analyses afférentes à la terminologie pour me concentrer sur les enjeux des aménagements. Il faut entendre ici la démarche qui consiste à revisiter les lieux de formation dans leur conception architecturale au service d’une scénarisation pédagogique. L’objectif affirmé étant de favoriser les interactions sociales et de développer une meilleure posture d’enseignement et d’apprentissage.

Dans chacun des cas observés l’objectif des concepteurs a été de briser les modes de transmission de type « top down » représentés par la salle de classe dite autobus ou l’amphithéâtre.
Le dernier espace que j’ai visité à l’Université de Marne La Vallée m’a permis de lancer des pistes de réflexion. J’ai eu, au final, beaucoup de difficulté à identifier la nature de ces lieux qui se construisent ici et là. Certains parlent de learning center, d’autres de fablab, de tiers lieux, d’espace de co-working. À cet instant de ma réflexion j’ai un sentiment de confusion, de défense de pré carré conceptuel, là ou se dessine une réflexion forte sur la conception matérielle et immobilière des lieux d’apprentissage.

Afin de solder temporairement la question sémantique, je souhaite donner un début de cadrage conceptuel pour situer la diversité des concepts qui peut d’une certaine façon perdre le lecteur

Le learning center

– C’est « Un environnement flexible – L’intégration d’un ensemble de ressources, de services et d’expertise – L’anticipation et la conduite d’un changement de modèle éducatif » Graham Bullpitt (1)

Le FabLab

« Un Fab Lab (abréviation de Fabrication laboratory) est une plate-forme ouverte de création et de prototypage d’objets physiques, « intelligents » ou non. Il s’adresse aux entrepreneurs qui veulent passer plus vite du concept au prototype ; aux designers et aux artistes ; aux étudiants désireux d’expérimenter et d’enrichir leurs connaissances pratiques en électronique, en CFAO, en design ; aux bricoleurs du XXIe siècle… » FING (2)
« Un FabLab est un réseau de laboratoire local permettant l’accès à l’invention et la fabrication à des individus par la fourniture d’outils digitales et de fabrications. Vous pouvez utiliser le FabLab pour faire tout ce que vous souhaitez et le partager avec les autres utilisateurs. L’éducation au FabLab se déroule par le projet et la pratique. Vous êtes sollicité pour contribuer aux documentations et instructions des processus. » ENSCI (3)

L’espace de co-working

« Le terme de « Coworking » est apparu pour la première fois en 1999, dans un article de Bernie DeKoven, créateur de jeux-vidéos et auteur de nombreux ouvrages sur les nouvelles formes de divertissement /…/
La notion de Coworking regroupe en réalité deux idées, proches mais distinctes. En nous appuyant sur la traduction littérale du terme, nous pouvons analyser le Coworking comme un « centre de travail partagé ». Cependant, la notion recouvre aussi l’idée d’un réseau de travailleurs indépendants ou en freelance, particulièrement sensibles à l’échange, à la coopération et à l’ouverture. L’accent est donc mis sur une communauté de travailleurs autonomes et indépendants, partageant un ensemble de valeurs et de besoins. Cette communauté est très intéressée par les synergies pouvant naitre de la collaboration de ses membres. Les espaces de Coworking se vivent ainsi comme des espaces différents du domicile ou de l’entreprise. Il s’agit d’une troisième voie, à mi-chemin entre les deux lieux de travail précédemment cités, mêlant le confort du travail à domicile et la richesse sociale du travail en entreprise (4) . »

Ce lieu que je tente d’analyser, objet de tant de tentatives de définitions est complexe. Je suis invité, à cet instant de ma réflexion, à orienter mes analyses vers un nécessaire brassage des différentes définitions. Ce choix du mélange ne résulte pas d’une volonté velléitaire mais bien du sentiment fort que les espaces matériels de formation fusionnent dans les usages alors que les spécialistes restent sur des querelles de chapelles liées aux définitions. Mes propos, qui pourront en heurter plus d’un, reposent sur mes observations, constats de la présence d’éléments épars empruntés à chacune des définitions :

• La présence d’outils de prototypage, notamment l’imprimante 3D, des robots
• La redéfinition de l’agencement de la salle. La conception de lieux prend en compte la posture du corps dans l’organisation du dialogue, la pose du corps est imaginée. Le corps n’est plus seulement pensé dans un rapport contraint du tryptique bureau / humain / chaise. J’ai noté la présence quasi systématique de canapés, de fauteuils, de chaises à l’assise confortable pour la conception de l’espace de dialogue. Jusqu’à présent j’avais isolé ces dispositifs seulement dans des lieux symboliques du pouvoir ou l’on dialogue entre pairs (Le bureau du Doyen de ma faculté par exemple). ;
• La présence d’outils de partage comme les moniteurs muraux pour partager l’information ;
• L’accès aux ressources documentaires via les interfaces numériques ;

Ces lieux sont des cadres d’observations privilégiés pour imaginer les interactions qui peuvent (pourront, pourraient) s’établir entre les acteurs des dispositifs de formation grâce aux intentions des concepteurs (5) de l’architecture intérieure scolaire.

Il faut analyser avec attention ces processus de conception. La seule entrée par les « meubles meublants (6) » peuvent nous entraîner dans la reproduction d’erreurs passées. Je tourne ici mon regard, pour opérer un parallèle, vers la période de conception des salles d’informatique dans les établissements de formation (école, collèges, lycées, Universités). Dans les années 90 on distinguait la salle de cours et la salle informatique parce que l’on séquençait les deux actions. Il convenait de placer des ordinateurs dans une salle sans autres formes de préoccupations pédagogiques. Nous pouvons, me semble t-il, si nous n’y prenons garde sombrer dans le même type de procédé lors de la conception des espaces de formation. Nous ne devons pas recréer des salles bis, plus confortables, plus cosy mais pas si différentes que cela des autres.

Un établissement de formation est un formidable lieu de socialisation et d’interaction que le duo architecture / organisation des services s’évertue trop souvent à mon goût, à mettre sous l’éteignoir. Je ne prétends pas qu’une école est encore gérée comme le Panopticon de Bentham (Table ronde Paris 8, 2011), mais je pense que la volonté de contrôler, de surveiller, séquencer est encore très présente et qu’elle « neutralise » la nécessaire économie de la confiance, fondement me semble t-il des apprentissages. À ce sujet on peut lire dans la revue Persée (7) :
« L’organisation du temps (l’emploi du temps) veut d’autre part « additionner et capitaliser le temps », constituer « ce temps disciplinaire qui s’impose peu à peu à la pratique pédagogique. La mise en « série » des activités à l’école élémentaire « permet » de la sorte « tout un investissement de la durée par le pouvoir », et l’horlogerie disciplinaire se révèle un dressement d’un temps de l’apprentissage des savoirs, qui assujettit l’enfant à la découpe même des savoirs, à leur division.

Dans ce complexe disciplinaire, se situe un dispositif mettant l’élève sous le regard du maître, qui contraint par le « jeu du regard ». La « surveillance hiérarchique » impose une architecture qui s’intègre « au rapport pédagogique », autorise une indiscrétion de tout instant, et donc le Panopticon imaginé par (Bentham, 1791) comme dispositif carcéral pour tenir les prisonniers sous la vue permanente des gardiens participe mutadis mutandis d’un imaginaire pédagogique. Rêve inquiétant d’une société transparente, au pouvoir d’une machine à contrôler » (Fillioux, 1992)

Il est par conséquent nécessaire de dynamiser et de renforcer la réflexion sur les architectures d’intérieur des lieux de formation, en évitant cependant de s’égarer, en sombrant dans certains biais d’analyse. Le postulat sur lequel nous nous appuierons est le lien que l’on peut établir entre les agencements spatiaux et les interactions humaines éducatives. Nous devons nous poser la question suivante pour asseoir notre réflexion : « Faut-il dédier un lieu unique et architecturé au service de l’interaction pédagogique dans les établissements de formation ? » Si je raisonne a contrario, cela signifie que les autres lieux ne seraient pas voués à l’interaction, à la collaboration, à la coopération, ou le seraient moins ? Mettre en lumière un lieu, c’est d’une certaine façon jeter un voile d’ombre sur les autres.

La première question en appelle une autre : « La mise en place d’un lieu spécifique organisé ne fait-il pas émerger un paradoxe ? » L’unicité du lieu obligera la communauté des acteurs à réserver la salle lorsque le besoin émerge. L’invitation à collaborer, obligera à réintroduire un planning rigide au service d’une réflexion agile (?). Cela remet au centre de la réflexion, le séquençage espace / temps qui est un instrument de normalisation comme dit Michel Foucault  » « Le temps mesuré et payé doit être aussi un temps sans impureté ni défaut, un temps de bonne qualité, tout au long duquel le corps reste appliqué à son exercice ». « (Foucault, 1975). Le paradoxe est là, le besoin d’interagir socialement pour instiller de la souplesse, de l’agilité créé de la rigidité.

Fort de cette contradiction, on peut se risquer à faire quelques propositions :
L’émergence de lieux construits et pensés pour le travail collectif, coopératif et collaboratif (Godinet, 2007) est un marqueur des nouveaux modes de travail de ce début du 21ème siècle. Nous éviterons ici de placer la collaboration comme le seul alpha et oméga de la pédagogie moderne mais bien de replacer ce concept comme pouvant être une chance éducative ou un puissant toxique (Stiegler, 2010)

Le rapport au savoir et à la connaissance est matérialisé par l’architecture. Là où le tryptique ; tableau, estrade, bureau symbolisait la transmission du savoir acquis oralisé (Serres, 2012), l’espace poreux (Bardi – Bérard, 2002) déconstruit oblige à repenser l’apprentissage et l’enseignement dans leur dimension spatiale. Comment doit-on concevoir la collaboration dans un espace éducatif ? Ces lieux (encore largement) symboliques sont à la fois dédiés aux méthodes de travail scénarisées et sont aussi une façon institutionnelle de proclamer l’engagement à développer les méthodes agiles.

Il est à la fois lieu d’usage, de recherche et de proclamation d’intention politique de formation. Il appartient maintenant aux institutions et aux équipes pédagogiques de passer d’une méthode de recherche / action in vitro à l’action in vivo. Passons de l’expérimentation à la généralisation.
Cette réflexion s’inscrit obligatoirement dans le registre du singulier et du pluriel, faut-il un lieu ou des lieux de co-working dans les Universités ? Du tiers lieu au lieu d’inclusion les champs d’analyse sont nombreux.

Créer UNE (seule) salle de co-working dans une Université c’est faire un effort d’investissement qui peut justifier budgétairement l’unicité mais on ne peut réduire la réflexion aux seuls enjeux financiers.
Soyons audacieux en poussant le raisonnement jusqu’au bout. Si l’on estime que le mode coopératif et collaboratif sont les principes à retenir pourquoi les confiner à une spatialité réduite ?

Les travaux à engager doivent être initié dans une analyse préalable sur les besoins, les envies mais aussi les peurs et les craintes des enseignants et des étudiants. Il me semble contreproductif de concevoir la ou les salles puis de tenter de convaincre de leurs pertinences. Il s’agit bien dans mon propos de lier intimement les réflexions sur le sens d’un lieu et celles de la pédagogie.
Ce billet est le début d’une réflexion. Un peu plus qu’un billet mais pas encore un article, je souhaite pouvoir pousser plus avant cette analyse sur les espaces de formation.

***

[1] « Des pierres et du ciment » au service de l’interaction pédagogique

[2] Fing – http://fing.org/?Le-Fab-Lab-lieu-d-artisanat

[3] Définition Fab Lab par l’ENSCI – http://www.ensci.com/createur-industriel/ateliers-de-projets/j-l-frechin/projet/article/9482

[4] Définition des modalités de mise en place d’un lieu de « Coworking » à Lyon – DEPAROIS Vivien -MARY Juliette -VILLEMONTE de la CLERGERIE Cécile, Mastère Spécialisé : Marketing et Management des Services, EM Lyon Business School

http://www.espacedestemps.grandlyon.com/_Services_aux_salaries/doc/EM%20LYON%20benchmark%20Coworking.pdf

[5] Par concepteur, j’entends un champ large qui va des architectes aux équipes pédagogiques engagés dans la réflexion sur des lieux de formation.

[6] Dictionnaire de droit privé « Dans le langage de la technique juridique, les pièces de mobilier qui garnissent les habitations ou les bureaux des entreprises (tables. bibliothèques, lits, rideaux. .) »

http://www.dictionnaire-juridique.com/definition/meuble.php

[7] Revue Persee – http://www.persee.fr/web/guest/home

***
Bibliographie

Bardi – Bérard. (2002). L’école et les réseaux numériques. (La documentation française, Éd.)
Bentham, J. (1791). Le Panoptique (éd. Les mille et une nuits, 2002). Les mille et une nuits.
Fillioux, J.-C. (1992). Michel Foucault et l’éducation (éd. Numéro 99). Revue française de pédagogie.
Foucault, M. (1975). Surveiller et punir. (Gallimard, Éd.)
Godinet, H. (2007). Le Campus numérique FORSE : analyses et témoignages. (PURF, Éd.)
Stiegler, B. (2010). Ce qui fait que la vie vaut le peine d’être vécue. De la pharmacologie. (Flammarion, Éd.)
Table ronde Paris 8. (2011). Autour du Panoptique de Jeremy Bentham (éd. Université Paris 8).
Wikipédia. (Consultation le 11 juillet 2014). Définition FabLab.

Pourquoi enseigner et apprendre dans les mondes virtuels ?

8 Sep

Un travail de réflexion sur les raisons de s’engager dans une pédagogie instrumentée par les mondes virtuels.

Mobilité des corps ou mobilité dans les espaces

30 Août

imageBillet rédigé en complément de ma participation à une table ronde de l’université d’été de Ludovia 2013. Il est le début d’une réflexion, j’aurai l’occasion de préciser cette réflexion notamment sur le rapport entre espace des établissements de formation et espaces virtuels.

 

La perruque inversée comme métaphore de la structure du temps de travail enseignant

19 Déc

Dans les colonnes de ce blog je mène une réflexion sur les enjeux du numérique dans un contexte pédagogique. Les analyses qui me sont données de lire se concentrent très généralement sur les conséquences de l’introduction des processus numérisés sur les dispositifs d’apprentissage. La plupart des auteurs s’accordent pour constater que le numérique fait voler en éclat les murs de la classe en abolissant les contours traditionnels de l’espace éducatif. J’ai pris part à ces analyses en développant le concept de scénario de pédagogie embarquée (1) Je voudrais porter mon attention sur le travail des enseignants à l’heure du numérique notamment dans les phases de préparation et dans les temps d’acculturation.

De très nombreux enseignants lancent des expérimentations dans leurs classes, par conviction personnelle du potentiel pédagogique des fonctionnalités des outils numériques ou dans le cadre d’expérimentations institutionnelles. Les analyses, les retours d’expériences foisonnent, ils font l’objet de séminaires et colloques. On peut constater, en observant attentivement cette communauté active, que c’est l’enthousiasme qui domine. L’ensemble de ces usages, la littérature publiée par la recherche semble démontrer que nous sommes à un moment de basculement, l’école traditionnelle s’efface et explore de nouveaux espaces en friche.

La réflexion pédagogique avance mais … les champs connexes (L’analyse institutionnelle, les conditions de travail, la réglementation …) sont les grands absents. L’enthousiasme technico-pédagogique des praticiens de terrain brouille l’analyse sur l’organisation du système. Réintroduire le champ de la pensée politique dans la conception du savoir est une des fonctions de la cité. L’agora, alors même qu’il n’a jamais été aussi large, est paradoxalement en panne d’activité.

J’ai depuis quelques années initié une réflexion sur le bricolage pédagogique (2) ce travail m’a permis d’explorer diverses pistes et notamment celle de la perruque.

« Historiquement c’ est une pratique provenant du monde industriel né au 19ème siècle. Les ouvriers détournaient leur temps de travail contractuel (caractérisé par la rentabilité) pour créer des biens en utilisant des rebuts industriels. Étienne De Banville dans son ouvrage (3) donne la définition suivante : « Fabriquer sur son lieux de travail, avec les équipements et les ressources de l’entreprise, sur le temps normal de travail, un objet hors marché, non prescrit par la hiérarchie.« 

« Michel De Certeau dans son ouvrage intitulé  » art de faire » aborde la perruque comme une pratique de subvertion.

La réflexion que je voudrais introduire ici, consiste à déterminer si on peut parler de perruque dans une économie de l’immatériel ? La pratique de la perruque existe t- elle dans le métiers de l’enseignement ? Ne se trouve t-on pas dans un système qui inverserait ce principe ( la perruque inversée) ? Ce qui m’engage à tenir la propos provocant suivant – Serait-on passé de la subversion à la soumission ?

Si l’on applique la définition d ‘Étienne de Banville au métier d’enseignant, il est évident que la perruque n’a pas sa place. Les enseignants ne fabriquent pas des objets, peuvent difficilement utiliser les ressources de l’entreprise et ont un rapport à l’espace de travail qui ne se réduit pas à un lieu unique.

La perruque entendue au sens industriel du terme ne s’applique pas aux métiers de l’enseignement, cela signifie t-il qu’elle est absente des pratiques enseignantes ?

Il faut revisiter le concept de perruque dans le cadre d’une économie de l’immatériel. Le métier d’enseignant s’est profondément transformé, on ne plus le réduire au seul acte de transmission d’un savoir académique dans un dispositif frontal. La professionnalité se construit désormais autour de nouvelles compétences et de nouvelles attitudes. Certes les enseignants continuent à transmettre des connaissances mais dans au sein d’espaces revisités. La présence du numérique a modifié l’approche globale du métier. À la transmission simple du savoir, les enseignants ont ajouté à leur registre professionnel leur capacité à devenir les concepteurs et éditeurs de leurs propres contenus (5)

Cette lente mais inexorable conversion invite les enseignants à s’acculturer dans les champs de la pédagogie numérique, à développer de nouvelles habitudes de collaboration et de coopération. Cette montée en compétences est un processus long et complexe à la fois fruit d’une démarche individuelle et d’un engagement collectif. La révolution copernicienne s’accomplit dans des temps et des espaces statutairement stables. Je vais tenter de démontrer en quoi le temps n’est pas subverti par les enseignants (comme le faisaient les ouvriers) mais qu’à l’inverse on se retrouve dans un processus de perruque inversée. J’ose évoquer la notion de temps soumis.

Michel Serres dans une conférence (6) dit que « Changer d’espace c’est 1) changer de droit, 2) changer de politique, et si nous avons changé d’espace alors il faut en conclure peut être que nous sommes dans un espace de non droit. Il est vrai en effet que la toile ou que la plupart des espaces pour lequel vous travaillez sont des espaces de non droit. il est impossible d’une certaine manière d’appliquer le droit de l’extérieur d’un autre espace espace sur cet espace là « . Le droit s’est effectivement encore peu emparé des transformations éducatives. L’espace numérique hors les murs est assimilé à l’ espaces dans les murs, or il est spécifique. Il ne s’agit pas ici de m’engager dans une analyse dichotomique consistant à affirmer que le concept d’espace-temps n’est pas régulé. L’institution cadre juridiquement le temps et l’espace numérique mais plutôt en tenant compte des espaces anciens.

Prenons un exemple pour illustrer mon propos.

Les établissements scolaires sont désarmés face à l’intrusion des téléphones portables et autres smartphones. L’hyper-connexion permet à tout membre de la communauté éducative de faire entrer son espace de vie privée dans l’espace de la vie professionnelle. Les technologies mobiles court-circuitent les balisages institutionnels. En raison de ce constat d’une forte porosité entre la vie publique et la vie privée, les règlements intérieurs des établissements insèrent progressivement l’interdiction des portables dans l’enceinte scolaire. L’outil réglementaire est mobilisé pour définir quels sont les espaces numériques acceptables et ceux qui ne le sont pas dans un temps déterminé. Chaque établissement prévoit de faire lire et signer aux élèves et aux enseignants et une chartes d’accès aux réseaux dans une démarche bien sentie de régulation des pratiques des membres de la communauté scolaire.

La question de la porosité du privé vers le public doit renvoyer par raisonnement a contrario à la porosité de l’espace public vers l’espace privé. Comment le droit gère t-il le temps de travail numérique à la maison ? Sait-il le gérer ?

Le temps de travail est cadré par les statuts des enseignants (24 heures pour les professeurs des écoles, 15 heures pour les agrégés, 18 heures pour les certifiés dans le secondaire et 128 heures de cours ou 192 heures de travaux dirigés ou pratiques pour les enseignants chercheurs). Ce temps réglementé correspond à l’organisation pré-digitale, il a encore sa pertinence mais il ne permet plus de tenir compte de l’existence des nouveaux espaces.

Revenons à notre questionnement principal, la perruque et le métier de « prof. » Le temps de préparation numérique (le temps d’acculturation) est un vrai temps productif que les enseignants mettent à profit pour diffuser, mutualiser leurs productions via des procédés de collaboration. Ce temps productif n’est pas encore qualifié par les textes, il est confiné dans une zone grise qu’il conviendra d’identifier. Cette activité s’opère, la plupart du temps avec le matériel informatique et la connexion personnels, avec des consommables financés sur fonds propres. Dans un ancien billet je qualifiais ce temps d’aveugle (7). Là où les ouvriers utilisaient leur temps de travail pour se livrer à une activité personnelle, les « knowledge workers » (8) se retrouvent dans une situation inédite de perruque inversée. Ils donnent de leurs temps à leur employeur en fournissant des productions élaborées dans des espaces-temps non normés. Le modèle nouveau est encore largement à inventer, faire table rase des organisations anciennes serait contreproductive (revoir les 15 heures, 18 heures). Il s’agit de trouver des équilibres subtils consistant à reconnaître ce temps encore aveugle. On peut imaginer la création de nouveaux métiers comme tuteur en ligne, comme concepteur, scénariste…. intégrer dans le service des enseignants un temps numérique (et non plus comme un supplément aux services classiques). Au final les propos qui viennent d’être tenus dans cette colonne sont des questions de légitimité légale du temps et des espaces. Qui osera prendre la responsabilité politique de légitimer ce temps ?

Il me semble que cette situation mérite un débat large entre les divers acteurs de la sphère éducative., j’espère que les colonnes de ce blog peuvent servir de lieu de débat sur ce point extrêmement complexe.

NB : j’ai essentiellement évoqué l’aspect institutionnel dans mon argumentaire pour rester dans la cadre de la thématique centrale de la perruque. Le travail dans les nouveaux espaces et les temps revisités ont des effets induits (reconnaissance du travail par des communautés de pratique, enrichissement réflexif …

Un billet de blog est un processus continu – Annotation après rédaction du billet

À propos du temps de travail chez Google – Lien

La règle des 20 %

« Il attire vers Google de jeunes diplômés qui souhaitent conserver une part d’autonomie (quoi de plus sympathique qu’une entreprise qui s’engage à vous laisser 20 % de votre temps pour développer vos propres projets ?) mais aussi des passionnés qui travaillent dans le monde de l’Open Source et qui souhaitent profiter de cette possibilité pour poursuivre leurs projets (et, éventuellement, le « vendre » chez Google). Exemple de ces passionnés que ces 20 % attirent chez Google : Mike Pinkerton, l’un des principaux développeurs de Camino, que beaucoup considèrent comme le meilleur navigateur pour Mac. Voici ce qu’il disait sur son blog alors qu’il venait d’apprendre qu’il avait été recruté : « Qu’est-ce que cela signifie pour Camino ? La réponse : seulement de bonnes choses. Souvenez-vous que les employés de Google peuvent consacrer 20 % de leur temps à des projets personnels. J’occuperai une partie de ce temps à aider la communauté Mac au sein de Google, mais l’essentiel sera consacré à Camino. C’est vrai, je vais être (indirectement) payé pour le développer. Cela devait m’aider à développer plus rapidement la prochaine version. »

Mon propos ne consiste pas à prêcher le même système à l’éducation nationale mais de montrer que la réflexion sur le temps de formation personnel n’est pas du seul domaine de la démarche réflexive mais est opérationnalisé par des structures.

———————————————————–

(1) Les scénarios de pédagogie embarquée http://eductice.ens-lyon.fr/EducTice/recherche/scenario/spe
(3) L’usine en douce, le travail en perruque, mémoires du travail, l’Harmattan (2001), citation page 108
(6) Les nouvelles technologies, révolution culturelle et cognitive,Forum Inria, 40 ans, Lille décembre, 2007.http://www.youtube.com/watch?v=sU43ohjNUXI
(7) Le temps aveugle des enseignants. Jean-Paul Moiraud https://moiraudjp.wordpress.com/2011/07/08/temps-aveugle-des-enseignants/ (2011)
(8) Qui sont les travailleurs du savoir ? sciences humaines – Février 2005 N° 157

Des e.learning center au service du e.learning ?

17 Nov

J’évoque régulièrement dans ces colonnes les questions pédagogiques liées au e.learning. Notre système de formation, comme le reste de la société, est en tension (1) notamment parce qu’il oscille entre un monde ancien qui se fracture et un monde nouveau qui peine à se dessiner. Ce mouvement pendulaire qui va du modèle vertical vers le modèle horizontal, recompose les espaces de formation.

Nous devons nous poser la question suivante : Dans quels espaces physiques et virtuels apprendra t-on dans un avenir proche ?

Il s’agit ici d’une question globale qui engage à argumenter dans un périmètre triangulaire délimité par les compétences de l’État, les compétences des collectivités locales et les enjeux stratégiques du e.learning.

Les espaces de travail futurs, notamment les dispositifs de e.learning, qu’ils soient dans les universités ou dans les établissements du secondaire seront imaginés dans ce triangle.

Nous sommes, à ce jour, dans l’attente du troisième volet de la décentralisation qui précisera et / ou redéfinira l’état des rapports de compétences entre l’État et les collectivités locales.  Si l’on se prête au jeu de la prévision sur la formation, on peut isoler quelques éléments clés :

La formation initiale est un enjeux fort pour l’avenir de notre société. Il faut d’une part former les futurs cadres de la nation et d’autre part permettre au plus grand nombre d’accéder au savoir et à la connaissance, cet exercice va de la maternelle à l’université.

La formation tout au long de la vie («life long learning») est l’autre enjeu. Il faut maintenir à jour le potentiel de connaissances et de compétences des salariés exerçant les métiers actuels. Il faut en parallèle anticiper les besoins des formations futures en tentant d’imaginer des métiers qui n’existent pas encore. À ce propos Michel Serres (2) dit : «À la génération précédente, un professeur de sciences à la Sorbonne transmettait presque 70% de ce qu’il avait appris sur les mêmes bancs vingt ou trente ans plus tôt. Élèves et enseignants vivaient dans le même monde. Aujourd’hui, 80% de ce qu’a appris ce professeur est obsolète. Et même pour les 20% qui restent, le professeur n’est plus indispensable, car on peut tout savoir sans sortir de chez soi !»

Les besoins de formation sont immenses dans une société de l’immatériel, Jeremy Rifkin (3) annonce même l’émergence de la «troisième révolution industrielle» (2). Les modèles de formation qui seront choisis et instrumentés détermineront en partie les critères d’efficacité pour la transmission des savoirs et des compétences. On peut imaginer, sans prendre trop de risque, que la formation s’inscrira, pour partie, dans des dispositifs de e.learning.

L’union européenne définit ainsi le e.learning «l’utilisation des nouvelles technologies multimédias de l’Internet pour améliorer la qualité de l’apprentissage en facilitant d’une part l’accès à des ressources et à des services, d’autre part les échanges et la collaboration à distance »(4)

Dans ce contexte, les décideurs ont (auront) à imaginer les stratégies favorisant l’organisation, la scénarisation et la diffusion du e.learning. Il s’agira ensuite de penser la façon les injecter in vivo dans les dispositifs de formation (initiale et continue). Dans ce billet je n’aurais pas la prétention de balayer tous ces aspects, d’autres sont plus qualifiés et compétents que moi (5), la littérature est foisonnante.

Je voudrais aborder une question peu analysée (en l’état de mes recherches) et pourtant centrale : Quelle est la représentation de l’espace physique de formation dans les dispositifs de e.learning ? Il est courant de lire dans la littératie que les apprentissages peuvent s’effectuer «everywhere and anytime». Abandonnons pour le moment le «anytime» et concentrons nous sur le «everywhere». En décrétant que n’importe quel endroit est potentiellement un lieu de formation on s’affranchit de penser l’organisation de cet espace, on neutralise la dynamique réflexive. Il faut imaginer le(s) lieu(x) d’apprentissage et d’enseignement comme une condition de la réussite des processus du e.learning et par extension du e.teaching (6). Cette analyse sera une déclinaison du champ des possibles, il est nécessaire d’y porter une attention particulière. Je vois pour le moment deux espaces sur lesquels l’analyse doit porter – L’espace privé et l’espace public.

L’espace privé à la lumière de mes premières analyses est un secteur investit par les entreprises marchandes sous l’angle principal de la vente de solutions mobilières. Cette extension de son lieu de travail ne semble pas être encore un enjeu fort. Des pièces comme la salle de bain, la cuisine ou la chambre sont l’objet de beaucoup plus d’analyses. Le développement du télétravail (7) de la formation à domicile inviteront  probablement des équipes à se pencher sur  la question de l’aménagement  des espaces privés et de leurs fonctions spécifiques. Il s’agira d’imaginer comment câbler un appartement, d’imaginer quels seront les équipements nécessaires, de penser l’insonorisation, de cerner la surface utile, peut être d’imaginer un nouveau lieu identifié « personal working space« .

Cette nouvelle façon de réinvestir le lieu privé rompt de façon radicale avec les principes capitalistes du 19 ème siècle où il s’agissait d’extraire le salarié de son lieu familial pour qu’il se consacre entièrement à sa tâche productive. Stefana Broadbent cite l’historien Eli Zaretsky à ce propos; il dit : « L’économie capitaliste du XIX ème siècle avait besoin d’isoler l’individu de ses attaches familiales« (8).

On ne rompt pas facilement avec les principes établis. Il faudra que les responsables acceptent de rompre avec la tradition panoptique (9) et entrent dans un travail de conquête de nouveaux rapports au travail, dans lesquels la confiance devient centrale. Le modèle hiérarchique rigide traditionnel va automatiquement se heurter à ces nouveaux modes d’organisation. Il est prévisible que cette nouvelle posture induise des conflits cognitifs traduits par des attitudes de refus, de rejet.

On peut déjà affirmer que les problèmes de déplacement sur le lieu de travail, liés à la facture énergétique orienteront ces réflexions.

L’espace public – Il est majoritairement définit par les murs des établissements primaires, secondaires et universitaires. Il est le lieu de transmission des savoirs en mode présentiel / synchrone. On y apprend et on y enseigne dans un cadre fixé par les emplois du temps hebdomadaires dans le primaire et le secondaire, annualisé dans le supérieur. Ce mode reste très majoritaire.

En résumé  on peut distinguer trois grands modes d’organisation des enseignements :

  • Les cours spatialisés au sein d’un établissement organisés sur le principe de l’unité de lieu et de temps ;
  • Les cours totalement dématérialisés dans lesquels les enseignants et les tuteurs interviennent par des actions actives et pro actives engendrant  des interactions fécondes.
  • Le « blended learning »qui hybride les périodes distantes et les périodes de regroupement sur site.

Au-delà de ces trois modes d’organisation dominants, il me semble possible d’imaginer une quatrième solution que je me propose de développer dans ses grands axes.

Les collectivités locales ont, dans le cadre de leurs compétences (10) massivement investi dans les écoles, les collèges et les lycées. Les lieux physiques de formation sont désormais équipés d’ENT, de TNI, de micro-ordinateurs, de tablettes. L’information peut être diffusée grâce aux infrastructures de type câblages, fibrages et autres wimax (11). Le territoire est désormais maillé de façon fine par un ensemble de lieux physiques (collèges, lycées, universités) correctement équipés. Les conditions technologiques existent pour penser, organiser et diffuser le e.learning. Il faut y adjoindre des volontés politiques.

Face aux besoins, toujours accrus de formation, aux investissements qu’ils engendrent, ne pourrait-on utiliser les équipements existants pour créer des «e.learning center» (des centres de ressources éducatives) ? Le maillage que j’évoquais précédemment est un vrai atout pour la formation. Les régions sont maintenant en charge du PRDF (plan régional des formations) et de la formation continue. Tous les vecteurs sont identifiés, est-il possible de les mettre en cohérence ?

Plusieurs éléments plaident, de mon point de vue, en faveur de la mise en place de «e.learning center territoriaux» :

  • Les besoins de formation sont identifiés sur les zones géographiques du ressort des collectivités locales ;
  • Les investissements massifs réalisés pourraient être rentabilisés, au-delà de l’utilisation dans la formation initiale (quel est le taux d’utilisation des équipements dans les établissements ?) ;
  • La dimension humaine reste un élément important dans la construction des savoirs. On peut se poser la question suivante ; est ce que la société française est prête pour la dématérialisation totale ? Les décideurs peuvent avoir la crainte de ne plus pouvoir surveiller leurs salariés. Les salariés peuvent craindre une forme de désocialisation (réelle ou supposée)  via les espaces numériques. Je pense profondément que la société française n’est pas encore totalement prête pour une forte dose de dématérialisation. Le relationnel de proximité joue un rôle important   ;
  • La réduction des déplacements sur le lieu de formation. Dans une perspective d’accroissement de la facture pétrolière, les budgets de déplacement vont devenir une variable budgétaire importante ;
  • La consultation des ressources pour apprendre s’est grandement modifiée avec internet. Seuls les plus anciens se souviennent du besoin de consulter les fiches papiers pour obtenir un livre. Il est désormais loisible de trouver, d’accéder et de consulter une grande quantité de ressources en ligne. Quelle sera la place des CDI (dans le secondaire) et des SCD dans les universités dans cet univers recomposé ? Il semble que ce soit un métier qui se transforme. Michel Serres (13) à propos de la «petite poucette» dit : «Pour ma part, je trouve cela miraculeux. Quand j’ai un vers latin dans la tête, je tape quelques mots et tout arrive : le poème, l’Enéide, le livre IV… Imaginez le temps qu’il faudrait pour retrouver tout cela dans les livres ! Je ne mets plus les pieds en bibliothèque» La fonction du philosophe n’est certes pas d’indiquer l’unique chemin mais de nous armer conceptuellement pour le trouver… À terme quel est le devenir des CDI et autres SCD si l’on campe sur une organisation forgée sur des missions traditionnelles ?

Le CDI évoluant vers une nouvelle mission via les learning center, sans pour autant renoncer au métier traditionnel ? On peut se poser la question. Bien évidement elle est plus complexe que mon énoncé ne l’exprime. Le changement ne se décrète pas, il s’explique, sachant que l’explication n’induit pas systématiquement l’adhésion.

L’idée ne risque t-elle pas de heurter la communauté enseignante ? C’est fort possible. Il s’agit pourtant de repenser les lieux de formation dans une recomposition numérique de l’acte de formation sans sombrer dans  «l’effet diligence» (14). Il ne faut pas non plus que la modernisation parte du haut et aille vers le bas, qu’elle soit décrétée.

Les recherches réalisées dans le cadre des réflexion de co-design (15) du projet SCALE-UP (16) ou encore du projet learninglab (17) de l’école centrale  pourrait être des pistes pour penser ces lieux mixtes de formation (initiale et continue). Ma réflexion n’a de sens que si elle est pensée de façon globale c’est-à-dire en impliquant tous les acteurs. Le programmiste d’une collectivité locale dit être sollicité dans cette démarche, la question du très haut débit est aussi un enjeu fort, ce n’est donc pas qu’une question de pédagogie.

Cette question est une réflexion de type prospective sur l’espace de formation. La réflexion appelle la confrontation des arguments. Les colonnes de ce blogs sont ouvertes aux observations argumentées

To be continued ….

——————————————-

 (1)Myrian Revault D’Alonnes « La crise dit notre diff iculté à envisager le futur » http://www.la-croix.com/Debats/Opinions/Debats/Myriam-Revault-d-Allonnes-La-crise-dit-notre-diff-iculte-a-envisager-le-futur-_NP_-2012-10-18-866064

(2) Michel Serres, « Petite Poucette, la génération mutante » (2012) http://www.liberation.fr/culture/01012357658-petite-poucette-la-generation-mutante

(3) Jeremy Rifkin – «La troisième révolution industrielle: Comment le pouvoir latéral va transformer l’énergie, l’économie et le monde» Edition Les Liens qui libèrent (2012) – Sur France culture http://www.franceculture.fr/oeuvre-la-troisieme-revolution-industrielle-comment-le-pouvoir-lateral-va-transformer-l-energie-l-ce

(4) Source union européenne

(6) Le tutorat par Jacques Rodet – Le blog de T@D http://blogdetad.blogspot.fr/

(7) Le e.teaching, Les journées du e.learning (2008) http://suel.univ-lyon3.fr/fdv/journees-lyonnaises-du-e-learning/2008-le-e-teaching/voircategorie/26/03-edition-2008–le-e-teaching

(8) Supplément du journal Libération sur le télétravail (éco futur) édition du 12 novembre 2012, Article de Léa Lejeune « Télétravail home à tout faire »

(9) Stefana Broadbent « L’intimité au travail » FYP éditions (2011) page 97

(10) Michel Foucault, « Surveiller et punir » –   Gallimard (1975)

(11) Les acteurs de collectivités locales et la répartition des compétences http://media.education.gouv.fr/file/40/4/1404.pdf#page2

(12) Le wimax en Ariège http://www.wimax-fr.com/lariege-sequipe-fibre-optique-et-wimax/

(13) Michel Serres, « Petite Poucette, la génération mutante » (2012) http://www.liberation.fr/culture/01012357658-petite-poucette-la-generation-mutante

(14) L’effet diligence https://moiraudjp.wordpress.com/tag/effet-diligence/

(15) Co-design How Steelcase Redesigned the 21st Century College Classroom http://www.fastcodesign.com/1662898/how-steelcase-redesigned-the-21st-century-college-classroom

(16) Scale Up http://www.ncsu.edu/per/scaleup.html

(17)  Learning lab http://www.learninglabeducation.com/

Collaboration entre enseignants, réflexions sur le métier

12 Oct

JEL 2012 – Il est temps de penser au temps ….

4 Juil

Le site des journées du e.learning

Crédit photo Marguerida Romero

Les journées du e.learning viennent de s’achever pour cette année 2012. Après le temps synchrone du colloque et son large panel de conférences, nous allons aborder la période de la synthèse. Nous pourrons visualiser à nouveau les vidéos des interventions, ou réécouter  celles que nous souhaitons approfondir. Les billets de débriefing sont en ligne, celui de  Jean-Michel Billaut, celui de Laure Endrizzi pour l’ifé et celui de Christine Vaufrey pour Thot, l’entrevue avec Yann Bergheaud par la revue e.learning letter

Je n’ajouterai pas un billet de synthèse, mes confrères (soeurs) l’ont fait brillamment. Je voudrais ne retenir qu’un terme : celui du temps. En une année de travail et de réflexion j’ai senti monter avec force cette notion, elle devient centrale. N’en déduisons pas qu’elle a émergé subitement, elle ne fait qu’éclater. Elle semble briller plus fortement tout simplement parce que nos regard s’y tournent avec plus d’insistance.

Il est intéressant, à cet égard, de consulter les archives des JEL parce qu’elles montrent avec évidence que ce colloque est un remarquable révélateur des signaux faibles. En juin 2010, Michel Dupuis nous parlait déjà des « plateformes et du temps de travail » en développant les enjeux statutaires pour les enseignants chercheurs mais aussi pour ceux du secondaire. En 2008 Jean-Paul Pinte avait évoqué le web profond et les traces qui restent inscrites malgré le temps qui passe. Cédric Manara nous démontre chaque année la difficulté d’interprétation de  la législation sur le droit d’auteur, elle même circonscrite dans ce temps de 70 ans. Pascal Bruck en 2010, exposait les enjeux du rapid Learning en présentant une conférence intitulée « Intégration des outils de Rapid Learning« . Ada Gianatelli en 2009 nous expliquait les enjeux du » travail collaboratif et des réseaux » ce qui est une autre façon de nommer le temps pris pour travailler ensemble. Une recherche plus fouillée me permettrait certainement d’isoler les prémisses de cette question (par manque de temps probablement).

Si mes propos précédents s’inscrivent sous l’égide de la formule « signaux faibles », le colloque de cette année plaçait précisément cette question, dans les intitulés et dans les propos (des signaux forts) :

Marguerida Roméro avait intitulé son intervention « Le temps en e.learning » élément fondamental des structures de formation en ligne.

Samuelle DUCROCQ-HENRY a évoqué les Lan Party et la possibilité de transférer  cette pratique en dispositif de formation. Le temps éphémère du jeu pour ces geeks qui se donnent rendez vous pour jouer non-stop pendant deux jours. Des acteurs pris dans la logique du game qui perdent la notion de temps social pendant les phases de jeu.

Cédric Manara nous a expliqué que le droit d’auteur appliqué au temps de la formation était une ineptie. Temps de formation et temps de production, deux notions s’égrénant au même tempo du cadran de la montre mais n’ayant pas les mêmes enjeux et conséquences.

Crédit photo : Gilles Chamberland

Gilles Chamberland de l’université de Sherbrooke évoque les questions de scénarisation du jeu  dans une dimension une dynamique temporelle avec l’avant, le pendant et l’après. Il pose la question du temps, est-il un allié ou un ennemi ?

Jean-Michel Fourgous en évoquant son rapport, a en filigrane rappelé la notion du temps politique « si les propositions de mon rapport sont appliquées », le temps de l’alternance, le temps d’une législature remplaçant le temps d’une autre.

Les ateliers n’étaient pas en reste, le temps y était aussi inscrit au fronton des salles, avec le e.portfolio qui trace le temps d’acquisition des compétences, les open university qui ouvrent une nouvelle ère, un nouveau temps des modalités de transmission des savoirs, le temps du formel et de l’informel dans l’atelier de Christine Vaufrey …

Nous allons maintenant rejoindre, qui sa salle de cours, qui son laboratoire de recherche, en clôturant les JEL. Nous allons ouvrir, continuer pour certains, cette réflexion sur la temporalité du métier et le e.learning.  Beaucoup d’entre nous savent que nous allons entrer dans la période de la joute des temps :

  • Le temps de l’enseignement cadré par l’année universitaire  ;
  • Le temps des décideurs, le temps comptable, pour ceux qui investissent dans le matériel pédagogique ;
  • Le temps long de la recherche ;
  • Le temps de l’institution qui observe les changements (ou leurs absences)et qui impulse l’innovation sur sites ;
  • Le temps du politique, qui doit se pencher sur les conséquences à terme des changements temporels. Il faudra certainement répondre, trancher sur des questions sensibles : quid des statuts au temps du e.learning ? Une  heure de cours en présentiel est-elle égale à une heure de e.learning ? Quelle rémunération de ce temps ? Comment coordonner le temps de l’enseignement secondaire et le temps de l’enseignement supérieur ? …

Il me semble que nous serons en capacité de juger, évaluer le temps en formation à notre capacité (ou pas) à harmoniser tous ces temps

En attendant, j’espère que les JEL continueront à être ce promontoire sur lequel nous continuerons à observer les changements. Asseyons nous, prenons le temps et le plaisir d’observer !

Suivre

Recevez les nouvelles publications par mail.

Rejoignez 2 274 autres abonnés

%d blogueurs aiment cette page :