Archive | Temps Flux RSS pour cette section

Pourquoi enseigner et apprendre dans les mondes virtuels ?

8 sept

Un travail de réflexion sur les raisons de s’engager dans une pédagogie instrumentée par les mondes virtuels.

Mobilité des corps ou mobilité dans les espaces

30 août

imageBillet rédigé en complément de ma participation à une table ronde de l’université d’été de Ludovia 2013. Il est le début d’une réflexion, j’aurai l’occasion de préciser cette réflexion notamment sur le rapport entre espace des établissements de formation et espaces virtuels.

 

La perruque inversée comme métaphore de la structure du temps de travail enseignant

19 déc

Dans les colonnes de ce blog je mène une réflexion sur les enjeux du numérique dans un contexte pédagogique. Les analyses qui me sont données de lire se concentrent très généralement sur les conséquences de l’introduction des processus numérisés sur les dispositifs d’apprentissage. La plupart des auteurs s’accordent pour constater que le numérique fait voler en éclat les murs de la classe en abolissant les contours traditionnels de l’espace éducatif. J’ai pris part à ces analyses en développant le concept de scénario de pédagogie embarquée (1) Je voudrais porter mon attention sur le travail des enseignants à l’heure du numérique notamment dans les phases de préparation et dans les temps d’acculturation.

De très nombreux enseignants lancent des expérimentations dans leurs classes, par conviction personnelle du potentiel pédagogique des fonctionnalités des outils numériques ou dans le cadre d’expérimentations institutionnelles. Les analyses, les retours d’expériences foisonnent, ils font l’objet de séminaires et colloques. On peut constater, en observant attentivement cette communauté active, que c’est l’enthousiasme qui domine. L’ensemble de ces usages, la littérature publiée par la recherche semble démontrer que nous sommes à un moment de basculement, l’école traditionnelle s’efface et explore de nouveaux espaces en friche.

La réflexion pédagogique avance mais … les champs connexes (L’analyse institutionnelle, les conditions de travail, la réglementation …) sont les grands absents. L’enthousiasme technico-pédagogique des praticiens de terrain brouille l’analyse sur l’organisation du système. Réintroduire le champ de la pensée politique dans la conception du savoir est une des fonctions de la cité. L’agora, alors même qu’il n’a jamais été aussi large, est paradoxalement en panne d’activité.

J’ai depuis quelques années initié une réflexion sur le bricolage pédagogique (2) ce travail m’a permis d’explorer diverses pistes et notamment celle de la perruque.

"Historiquement c’ est une pratique provenant du monde industriel né au 19ème siècle. Les ouvriers détournaient leur temps de travail contractuel (caractérisé par la rentabilité) pour créer des biens en utilisant des rebuts industriels. Étienne De Banville dans son ouvrage (3) donne la définition suivante : "Fabriquer sur son lieux de travail, avec les équipements et les ressources de l’entreprise, sur le temps normal de travail, un objet hors marché, non prescrit par la hiérarchie."

"Michel De Certeau dans son ouvrage intitulé " art de faire" aborde la perruque comme une pratique de subvertion.

La réflexion que je voudrais introduire ici, consiste à déterminer si on peut parler de perruque dans une économie de l’immatériel ? La pratique de la perruque existe t- elle dans le métiers de l’enseignement ? Ne se trouve t-on pas dans un système qui inverserait ce principe ( la perruque inversée) ? Ce qui m’engage à tenir la propos provocant suivant – Serait-on passé de la subversion à la soumission ?

Si l’on applique la définition d ‘Étienne de Banville au métier d’enseignant, il est évident que la perruque n’a pas sa place. Les enseignants ne fabriquent pas des objets, peuvent difficilement utiliser les ressources de l’entreprise et ont un rapport à l’espace de travail qui ne se réduit pas à un lieu unique.

La perruque entendue au sens industriel du terme ne s’applique pas aux métiers de l’enseignement, cela signifie t-il qu’elle est absente des pratiques enseignantes ?

Il faut revisiter le concept de perruque dans le cadre d’une économie de l’immatériel. Le métier d’enseignant s’est profondément transformé, on ne plus le réduire au seul acte de transmission d’un savoir académique dans un dispositif frontal. La professionnalité se construit désormais autour de nouvelles compétences et de nouvelles attitudes. Certes les enseignants continuent à transmettre des connaissances mais dans au sein d’espaces revisités. La présence du numérique a modifié l’approche globale du métier. À la transmission simple du savoir, les enseignants ont ajouté à leur registre professionnel leur capacité à devenir les concepteurs et éditeurs de leurs propres contenus (5)

Cette lente mais inexorable conversion invite les enseignants à s’acculturer dans les champs de la pédagogie numérique, à développer de nouvelles habitudes de collaboration et de coopération. Cette montée en compétences est un processus long et complexe à la fois fruit d’une démarche individuelle et d’un engagement collectif. La révolution copernicienne s’accomplit dans des temps et des espaces statutairement stables. Je vais tenter de démontrer en quoi le temps n’est pas subverti par les enseignants (comme le faisaient les ouvriers) mais qu’à l’inverse on se retrouve dans un processus de perruque inversée. J’ose évoquer la notion de temps soumis.

Michel Serres dans une conférence (6) dit que "Changer d’espace c’est 1) changer de droit, 2) changer de politique, et si nous avons changé d’espace alors il faut en conclure peut être que nous sommes dans un espace de non droit. Il est vrai en effet que la toile ou que la plupart des espaces pour lequel vous travaillez sont des espaces de non droit. il est impossible d’une certaine manière d’appliquer le droit de l’extérieur d’un autre espace espace sur cet espace là ". Le droit s’est effectivement encore peu emparé des transformations éducatives. L’espace numérique hors les murs est assimilé à l’ espaces dans les murs, or il est spécifique. Il ne s’agit pas ici de m’engager dans une analyse dichotomique consistant à affirmer que le concept d’espace-temps n’est pas régulé. L’institution cadre juridiquement le temps et l’espace numérique mais plutôt en tenant compte des espaces anciens.

Prenons un exemple pour illustrer mon propos.

Les établissements scolaires sont désarmés face à l’intrusion des téléphones portables et autres smartphones. L’hyper-connexion permet à tout membre de la communauté éducative de faire entrer son espace de vie privée dans l’espace de la vie professionnelle. Les technologies mobiles court-circuitent les balisages institutionnels. En raison de ce constat d’une forte porosité entre la vie publique et la vie privée, les règlements intérieurs des établissements insèrent progressivement l’interdiction des portables dans l’enceinte scolaire. L’outil réglementaire est mobilisé pour définir quels sont les espaces numériques acceptables et ceux qui ne le sont pas dans un temps déterminé. Chaque établissement prévoit de faire lire et signer aux élèves et aux enseignants et une chartes d’accès aux réseaux dans une démarche bien sentie de régulation des pratiques des membres de la communauté scolaire.

La question de la porosité du privé vers le public doit renvoyer par raisonnement a contrario à la porosité de l’espace public vers l’espace privé. Comment le droit gère t-il le temps de travail numérique à la maison ? Sait-il le gérer ?

Le temps de travail est cadré par les statuts des enseignants (24 heures pour les professeurs des écoles, 15 heures pour les agrégés, 18 heures pour les certifiés dans le secondaire et 128 heures de cours ou 192 heures de travaux dirigés ou pratiques pour les enseignants chercheurs). Ce temps réglementé correspond à l’organisation pré-digitale, il a encore sa pertinence mais il ne permet plus de tenir compte de l’existence des nouveaux espaces.

Revenons à notre questionnement principal, la perruque et le métier de "prof." Le temps de préparation numérique (le temps d’acculturation) est un vrai temps productif que les enseignants mettent à profit pour diffuser, mutualiser leurs productions via des procédés de collaboration. Ce temps productif n’est pas encore qualifié par les textes, il est confiné dans une zone grise qu’il conviendra d’identifier. Cette activité s’opère, la plupart du temps avec le matériel informatique et la connexion personnels, avec des consommables financés sur fonds propres. Dans un ancien billet je qualifiais ce temps d’aveugle (7). Là où les ouvriers utilisaient leur temps de travail pour se livrer à une activité personnelle, les "knowledge workers" (8) se retrouvent dans une situation inédite de perruque inversée. Ils donnent de leurs temps à leur employeur en fournissant des productions élaborées dans des espaces-temps non normés. Le modèle nouveau est encore largement à inventer, faire table rase des organisations anciennes serait contreproductive (revoir les 15 heures, 18 heures). Il s’agit de trouver des équilibres subtils consistant à reconnaître ce temps encore aveugle. On peut imaginer la création de nouveaux métiers comme tuteur en ligne, comme concepteur, scénariste…. intégrer dans le service des enseignants un temps numérique (et non plus comme un supplément aux services classiques). Au final les propos qui viennent d’être tenus dans cette colonne sont des questions de légitimité légale du temps et des espaces. Qui osera prendre la responsabilité politique de légitimer ce temps ?

Il me semble que cette situation mérite un débat large entre les divers acteurs de la sphère éducative., j’espère que les colonnes de ce blog peuvent servir de lieu de débat sur ce point extrêmement complexe.

NB : j’ai essentiellement évoqué l’aspect institutionnel dans mon argumentaire pour rester dans la cadre de la thématique centrale de la perruque. Le travail dans les nouveaux espaces et les temps revisités ont des effets induits (reconnaissance du travail par des communautés de pratique, enrichissement réflexif …

Un billet de blog est un processus continu – Annotation après rédaction du billet

À propos du temps de travail chez Google – Lien

La règle des 20 %

"Il attire vers Google de jeunes diplômés qui souhaitent conserver une part d’autonomie (quoi de plus sympathique qu’une entreprise qui s’engage à vous laisser 20 % de votre temps pour développer vos propres projets ?) mais aussi des passionnés qui travaillent dans le monde de l’Open Source et qui souhaitent profiter de cette possibilité pour poursuivre leurs projets (et, éventuellement, le "vendre" chez Google). Exemple de ces passionnés que ces 20 % attirent chez Google : Mike Pinkerton, l’un des principaux développeurs de Camino, que beaucoup considèrent comme le meilleur navigateur pour Mac. Voici ce qu’il disait sur son blog alors qu’il venait d’apprendre qu’il avait été recruté : "Qu’est-ce que cela signifie pour Camino ? La réponse : seulement de bonnes choses. Souvenez-vous que les employés de Google peuvent consacrer 20 % de leur temps à des projets personnels. J’occuperai une partie de ce temps à aider la communauté Mac au sein de Google, mais l’essentiel sera consacré à Camino. C’est vrai, je vais être (indirectement) payé pour le développer. Cela devait m’aider à développer plus rapidement la prochaine version."

Mon propos ne consiste pas à prêcher le même système à l’éducation nationale mais de montrer que la réflexion sur le temps de formation personnel n’est pas du seul domaine de la démarche réflexive mais est opérationnalisé par des structures.

———————————————————–

(1) Les scénarios de pédagogie embarquée http://eductice.ens-lyon.fr/EducTice/recherche/scenario/spe
(3) L’usine en douce, le travail en perruque, mémoires du travail, l’Harmattan (2001), citation page 108
(6) Les nouvelles technologies, révolution culturelle et cognitive,Forum Inria, 40 ans, Lille décembre, 2007.http://www.youtube.com/watch?v=sU43ohjNUXI
(7) Le temps aveugle des enseignants. Jean-Paul Moiraud https://moiraudjp.wordpress.com/2011/07/08/temps-aveugle-des-enseignants/ (2011)
(8) Qui sont les travailleurs du savoir ? sciences humaines – Février 2005 N° 157

Des e.learning center au service du e.learning ?

17 nov

J’évoque régulièrement dans ces colonnes les questions pédagogiques liées au e.learning. Notre système de formation, comme le reste de la société, est en tension (1) notamment parce qu’il oscille entre un monde ancien qui se fracture et un monde nouveau qui peine à se dessiner. Ce mouvement pendulaire qui va du modèle vertical vers le modèle horizontal recompose les espaces de formation.

Nous devons nous poser la question suivante : Dans quels espaces physiques et virtuels apprendra t-on dans un avenir proche ?

Il s’agit ici d’une question globale qui engage à argumenter dans un périmètre triangulaire délimité par les compétences de l’État, les compétences des collectivités locales et les enjeux stratégiques du e.learning.

Les espaces de travail futurs, notamment les dispositifs de e.learning, qu’ils soient dans les universités ou dans les établissements du secondaire seront imaginés dans ce triangle.

Nous sommes, à ce jour, dans l’attente du troisième volet de la décentralisation qui précisera et / ou redéfinira l’état des rapports de compétences entre l’État et les collectivités locales.  Si l’on se prête au jeu de la prévision sur la formation, on peut isoler quelques éléments clés :

La formation initiale est un enjeux fort pour l’avenir de notre société. Il faut d’une part former les futurs cadres de la nation et d’autre part permettre au plus grand nombre d’accéder au savoir et à la connaissance, cet exercice va de la maternelle à l’université.

La formation tout au long de la vie («life long learning») est l’autre enjeu. Il faut maintenir à jour le potentiel de connaissances et de compétences des salariés exerçant les métiers actuels. Il faut en parallèle anticiper les besoins des formations futures en tentant d’imaginer des métiers qui n’existent pas encore. À ce propos Michel Serres (2) dit : «À la génération précédente, un professeur de sciences à la Sorbonne transmettait presque 70% de ce qu’il avait appris sur les mêmes bancs vingt ou trente ans plus tôt. Elèves et enseignants vivaient dans le même monde. Aujourd’hui, 80% de ce qu’a appris ce professeur est obsolète. Et même pour les 20% qui restent, le professeur n’est plus indispensable, car on peut tout savoir sans sortir de chez soi !»

Les besoins de formation sont immenses dans une société de l’immatériel, Jeremy Rifkin (3) annonce même l’émergence de la «troisième révolution industrielle» (2). Les modèles de formation qui seront choisis et instrumentés détermineront en partie les critères d’efficacité pour la transmission des savoirs et des compétences. On peut imaginer, sans prendre trop de risque, que la formation s’inscrira, pour partie, dans des dispositifs de e.learning.

L’union européenne définit ainsi le e.learning «l’utilisation des nouvelles technologies multimédias de l’Internet pour améliorer la qualité de l’apprentissage en facilitant d’une part l’accès à des ressources et à des services, d’autre part les échanges et la collaboration à distance »(4)

Dans ce contexte, les décideurs ont (auront) à imaginer les stratégies favorisant l’organisation, la scénarisation et la diffusion du e.learning. Il s’agira ensuite de penser la façon les injecter in vivo dans les dispositifs de formation (initiale et continue). Dans ce billet je n’aurais pas la prétention de balayer tous ces aspects, d’autres sont plus qualifiés et compétents que moi (5), la littérature est foisonnante.

Je voudrais aborder une question peu analysée (en l’état de mes recherches) et pourtant centrale : Quelle est la représentation de l’espace physique de formation dans les dispositifs de e.learning ? Il est courant de lire dans la littératie que les apprentissages peuvent s’effectuer «everywhere and anytime». Abandonnons pour le moment le «anytime» et concentrons nous sur le «everywhere». En décrétant que n’importe quel endroit est potentiellement un lieu de formation on s’affranchit de penser l’organisation de cet espace, on neutralise la dynamique réflexive. Il faut imaginer le(s) lieu(x) d’apprentissage et d’enseignement comme une condition de la réussite des processus du e.learning et par extension du e.teaching (6). Cette analyse sera une déclinaison du champ des possibles, il est nécessaire d’y porter une attention particulière. Je vois pour le moment deux espaces sur lesquels l’analyse doit porter – L’espace privé et l’espace public.

L’espace privé à la lumière de mes premières analyses est un secteur investit par les entreprises marchandes sous l’angle principal de la vente de solutions mobilières. Cette extension de son lieu de travail ne semble pas être encore un enjeu fort. Des pièces comme la salle de bain, la cuisine ou la chambre sont l’objet de beaucoup plus d’analyses. Le développement du télétravail (7) de la formation à domicile inviteront  probablement des équipes à se pencher sur  la question de l’aménagement  des espaces privés et de leurs fonctions spécifiques. Il s’agira d’imaginer comment câbler un appartement, d’imaginer quels seront les équipements nécessaires, de penser l’insonorisation, de cerner la surface utile, peut être d’imaginer un nouveau lieu identifié "personal working space".

Cette nouvelle façon de réinvestir le lieu privé rompt de façon radicale avec les principes capitalistes du 19 ème siècle où il s’agissait d’extraire le salarié de son lieu familial pour qu’il se consacre entièrement à sa tâche productive. Stefana Broadbent cite l’historien Eli Zaretsky à ce propos; il dit : "L’économie capitaliste du XIX ème siècle avait besoin d’isoler l’individu de ses attaches familiales"(8).

On ne rompt pas facilement avec les principes établis. Il faudra que les responsables acceptent de rompre avec la tradition panoptique (9) et entrent dans un travail de conquête de nouveaux rapports au travail, dans lesquels la confiance devient centrale. Le modèle hiérarchique rigide traditionnel va automatiquement se heurter à ces nouveaux modes d’organisation. Il est prévisible que cette nouvelle posture induise des conflits cognitifs traduits par des attitudes de refus, de rejet.

On peut déjà affirmer que les problèmes de déplacement sur le lieu de travail, liés à la facture énergétique orienteront ces réflexions.

L’espace public – Il est majoritairement définit par les murs des établissements primaires, secondaires et universitaires. Il est le lieu de transmission des savoirs en mode présentiel / synchrone. On y apprend et on y enseigne dans un cadre fixé par les emplois du temps hebdomadaires dans le primaire et le secondaire, annualisé dans le supérieur. Ce mode reste très majoritaire.

En résumé  on peut distinguer trois grands modes d’organisation des enseignements :

  • Les cours spatialisés au sein d’un établissement organisés sur le principe de l’unité de lieu et de temps ;
  • Les cours totalement dématérialisés dans lesquels les enseignants et les tuteurs interviennent par des actions actives et pro actives engendrant  des interactions fécondes.
  • Le "blended learning"qui hybride les périodes distantes et les périodes de regroupement sur site.

Au-delà de ces trois modes d’organisation dominants, il me semble possible d’imaginer une troisième solution que je me propose de développer dans ses grands axes.

Les collectivités locales ont, dans le cadre de leurs compétences (10) massivement investi dans les écoles, les collèges et les lycées. Les lieux physiques de formation sont désormais équipés d’ENT, de TNI, de micro-ordinateurs, de tablettes. L’information peut être diffusée grâce aux infrastructures de type cablages, fibrages et autres wimax (11). Le territoire est désormais maillé de façon fine par un ensemble de lieux physiques (collèges, lycées, universités) correctement équipés. Les conditions technologiques existent pour penser, organiser et diffuser le e.learning. Il faut y adjoindre des volontés politiques.

Face aux besoins, toujours accrus de formation, aux investissements qu’ils engendrent, ne pourrait-on utiliser les équipements existants pour créer des «e.learning center» (des centres de ressources éducatives) ? Le maillage que j’évoquais précédemment est un vrai atout pour la formation. Les régions sont maintenant en charge du PRDF (plan régional des formations) et de la formation continue. Tous les vecteurs sont identifiés, est-il possible de les mettre en cohérence ?

Plusieurs éléments plaident, de mon point de vue, en faveur de la mise en place de «e.learning center territoriaux» :

  • Les besoins de formation sont identifiés sur les zones géographiques du ressort des collectivités locales ;
  • Les investissements massifs réalisés pourraient être rentabilisés, au-delà de l’utilisation dans la formation initiale (quel est le taux d’utilisation des équipements dans les établissements ?) ;
  • La dimension humaine reste un élément important dans la construction des savoirs. On peut se poser la question suivante ; est ce que la société française est prête pour la dématérialisation totale ? Les décideurs peuvent avoir la crainte de ne plus pouvoir surveiller leurs salariés. Les salariés peuvent craindre une forme de désocialisation (réelle ou supposée)  via les espaces numériques. Je pense profondément que le société françaises n’est pas encore prête pour une forte dose de dématérialisation. Le relationnel de proximité joue un rôle important   ;
  • La réduction des déplacements sur le lieu de formation. Dans une perspective d’accroissement de la facture pétrolière, les budgets de déplacement vont devenir une variable budgétaire importante ;
  • La consultation des ressources pour apprendre s’est grandement modifiée avec internet. Seuls les plus anciens se souviennent du besoin de consulter les fiches papiers pour obtenir un livre. Il est désormais loisible de trouver, d’accéder et de consulter une grande quantité de ressources en ligne. Quelle sera la place des CDI (dans le secondaire) et des SCD dans les universités dans cet univers recomposé ? Il semble que ce soit un métier qui se transforme. Michel Serres (13) à propos de la «petite poucette» dit : «Pour ma part, je trouve cela miraculeux. Quand j’ai un vers latin dans la tête, je tape quelques mots et tout arrive : le poème, l’Enéide, le livre IV… Imaginez le temps qu’il faudrait pour retrouver tout cela dans les livres ! Je ne mets plus les pieds en bibliothèque» La fonction du philosophe n’est certes pas d’indiquer l’unique chemin mais de nous armer conceptuellement pour le trouver… À terme quel est le devenir des CDI et autres SCD si l’on campe sur une organisation forgée sur des missions traditionnelles ?

Le CDI évoluant vers une nouvelle mission via les learning center, sans pour autant renoncer au métier traditionnel ? On peut se poser la question. Bien évidement elle est plus complexe que mon énoncé ne l’exprime. Le changement ne se décrète pas, il s’explique, sachant que l’explication n’induit pas systématiquement l’adhésion.

L’idée ne risque t-elle pas de heurter la communauté enseignante ? C’est fort possible. Il s’agit pourtant de repenser les lieux de formation dans une recomposition numérique de l’acte de formation sans sombrer dans  «l’effet diligence» (14). Il ne faut pas non plus que la modernisation parte du haut et aille vers le bas, qu’elle soit décrétée.

Les recherches réalisées dans le cadre des réflexion de co-design (15) du projet SCALE-UP (16) ou encore du projet learninglab (17) de l’école centrale  pourrait être des pistes pour penser ces lieux mixtes de formation (initiale et continue). Ma réflexion n’a de sens que si elle est pensée de façon globale c’est-à-dire en impliquant tous les acteurs. Le programmiste d’une collectivité locale dit être sollicité dans cette démarche, la question du très haut débit est aussi un enjeu fort, ce n’est donc pas qu’une question de pédagogie.

Cette question est une réflexion de type prospective sur l’espace de formation. La réflexion appelle la confrontation des arguments. Les colonnes de ce blogs sont ouvertes aux observations argumentées

To be continued ….

——————————————-

 (1)Myrian Revault D’Alonnes "La crise dit notre diff iculté à envisager le futur" http://www.la-croix.com/Debats/Opinions/Debats/Myriam-Revault-d-Allonnes-La-crise-dit-notre-diff-iculte-a-envisager-le-futur-_NP_-2012-10-18-866064

(2) Michel Serres, "Petite Poucette, la génération mutante" (2012) http://www.liberation.fr/culture/01012357658-petite-poucette-la-generation-mutante

(3) Jeremy Rifkin – «La troisième révolution industrielle: Comment le pouvoir latéral va transformer l’énergie, l’économie et le monde» Edition Les Liens qui libèrent (2012) – Sur France culture http://www.franceculture.fr/oeuvre-la-troisieme-revolution-industrielle-comment-le-pouvoir-lateral-va-transformer-l-energie-l-ce

(4) Source union européenne

(6) Le tutorat par Jacques Rodet – Le blog de T@D http://blogdetad.blogspot.fr/

(7) Le e.teaching, Les journées du e.learning (2008) http://suel.univ-lyon3.fr/fdv/journees-lyonnaises-du-e-learning/2008-le-e-teaching/voircategorie/26/03-edition-2008–le-e-teaching

(8) Supplément du journal Libération sur le télétravail (éco futur) édition du 12 novembre 2012, Article de Léa Lejeune "Télétravail home à tout faire"

(9) Stefana Broadbent "L’intimité au travail" FYP éditions (2011) page 97

(10) Michel Foucault, "Surveiller et punir" -   Gallimard (1975)

(11) Les acteurs de collectivités locales et la répartition des compétences http://media.education.gouv.fr/file/40/4/1404.pdf#page2

(12) Le wimax en Ariège http://www.wimax-fr.com/lariege-sequipe-fibre-optique-et-wimax/

(13) Michel Serres, "Petite Poucette, la génération mutante" (2012) http://www.liberation.fr/culture/01012357658-petite-poucette-la-generation-mutante

(14) L’effet diligence https://moiraudjp.wordpress.com/tag/effet-diligence/

(15) Co-design How Steelcase Redesigned the 21st Century College Classroom http://www.fastcodesign.com/1662898/how-steelcase-redesigned-the-21st-century-college-classroom

(16) Scale Up http://www.ncsu.edu/per/scaleup.html

(17)  Learning lab http://www.learninglabeducation.com/

Collaboration entre enseignants, réflexions sur le métier

12 oct

JEL 2012 – Il est temps de penser au temps ….

4 juil

Le site des journées du e.learning

Crédit photo Marguerida Romero

Les journées du e.learning viennent de s’achever pour cette année 2012. Après le temps synchrone du colloque et son large panel de conférences, nous allons aborder la période de la synthèse. Nous pourrons visualiser à nouveau les vidéos des interventions, ou réécouter  celles que nous souhaitons approfondir. Les billets de débriefing sont en ligne, celui de  Jean-Michel Billaut, celui de Laure Endrizzi pour l’ifé et celui de Christine Vaufrey pour Thot, l’entrevue avec Yann Bergheaud par la revue e.learning letter

Je n’ajouterai pas un billet de synthèse, mes confrères (soeurs) l’ont fait brillamment. Je voudrais ne retenir qu’un terme : celui du temps. En une année de travail et de réflexion j’ai senti monter avec force cette notion, elle devient centrale. N’en déduisons pas qu’elle a émergé subitement, elle ne fait qu’éclater. Elle semble briller plus fortement tout simplement parce que nos regard s’y tournent avec plus d’insistance.

Il est intéressant, à cet égard, de consulter les archives des JEL parce qu’elles montrent avec évidence que ce colloque est un remarquable révélateur des signaux faibles. En juin 2010, Michel Dupuis nous parlait déjà des "plateformes et du temps de travail" en développant les enjeux statutaires pour les enseignants chercheurs mais aussi pour ceux du secondaire. En 2008 Jean-Paul Pinte avait évoqué le web profond et les traces qui restent inscrites malgré le temps qui passe. Cédric Manara nous démontre chaque année la difficulté d’interprétation de  la législation sur le droit d’auteur, elle même circonscrite dans ce temps de 70 ans. Pascal Bruck en 2010, exposait les enjeux du rapid Learning en présentant une conférence intitulée "Intégration des outils de Rapid Learning". Ada Gianatelli en 2009 nous expliquait les enjeux du" travail collaboratif et des réseaux" ce qui est une autre façon de nommer le temps pris pour travailler ensemble. Une recherche plus fouillée me permettrait certainement d’isoler les prémisses de cette question (par manque de temps probablement).

Si mes propos précédents s’inscrivent sous l’égide de la formule "signaux faibles", le colloque de cette année plaçait précisément cette question, dans les intitulés et dans les propos (des signaux forts) :

Marguerida Roméro avait intitulé son intervention "Le temps en e.learning" élément fondamental des structures de formation en ligne.

Samuelle DUCROCQ-HENRY a évoqué les Lan Party et la possibilité de transférer  cette pratique en dispositif de formation. Le temps éphémère du jeu pour ces geeks qui se donnent rendez vous pour jouer non-stop pendant deux jours. Des acteurs pris dans la logique du game qui perdent la notion de temps social pendant les phases de jeu.

Cédric Manara nous a expliqué que le droit d’auteur appliqué au temps de la formation était une ineptie. Temps de formation et temps de production, deux notions s’égrénant au même tempo du cadran de la montre mais n’ayant pas les mêmes enjeux et conséquences.

Crédit photo : Gilles Chamberland

Gilles Chamberland de l’université de Sherbrooke évoque les questions de scénarisation du jeu  dans une dimension une dynamique temporelle avec l’avant, le pendant et l’après. Il pose la question du temps, est-il un allié ou un ennemi ?

Jean-Michel Fourgous en évoquant son rapport, a en filigrane rappelé la notion du temps politique "si les propositions de mon rapport sont appliquées", le temps de l’alternance, le temps d’une législature remplaçant le temps d’une autre.

Les ateliers n’étaient pas en reste, le temps y était aussi inscrit au fronton des salles, avec le e.portfolio qui trace le temps d’acquisition des compétences, les open university qui ouvrent une nouvelle ère, un nouveau temps des modalités de transmission des savoirs, le temps du formel et de l’informel dans l’atelier de Christine Vaufrey …

Nous allons maintenant rejoindre, qui sa salle de cours, qui son laboratoire de recherche, en clôturant les JEL. Nous allons ouvrir, continuer pour certains, cette réflexion sur la temporalité du métier et le e.learning.  Beaucoup d’entre nous savent que nous allons entrer dans la période de la joute des temps :

  • Le temps de l’enseignement cadré par l’année universitaire  ;
  • Le temps des décideurs, le temps comptable, pour ceux qui investissent dans le matériel pédagogique ;
  • Le temps long de la recherche ;
  • Le temps de l’institution qui observe les changements (ou leurs absences)et qui impulse l’innovation sur sites ;
  • Le temps du politique, qui doit se pencher sur les conséquences à terme des changements temporels. Il faudra certainement répondre, trancher sur des questions sensibles : quid des statuts au temps du e.learning ? Une  heure de cours en présentiel est-elle égale à une heure de e.learning ? Quelle rémunération de ce temps ? Comment coordonner le temps de l’enseignement secondaire et le temps de l’enseignement supérieur ? …

Il me semble que nous serons en capacité de juger, évaluer le temps en formation à notre capacité (ou pas) à harmoniser tous ces temps

En attendant, j’espère que les JEL continueront à être ce promontoire sur lequel nous continuerons à observer les changements. Asseyons nous, prenons le temps et le plaisir d’observer !

e.learning et statut social.

13 avr

J’ai commis plusieurs billets dans ce blog interrogeant la notion de temps et d’espace dans les dispositifs d’apprentissage. Lors de chacunes de ces analyses je n’ai jamais remis en cause le principe de la formation en ligne, partant du principe qu’il y aurait une adhésion du public., J’ai bâti  mes argumentaires en mettant en exergue des éléments significatifs comme, les dispositifs horaires des statuts, l’aspect chronophage, l’inadéquation des salles d’informatique etc … Et si la formation en ligne ne se diffusait pas aussi simplement et qu’il fallait tenir compte de freins sociaux liés à la notion de pouvoir ?

Dans son livre "l’intimité au travail" Stéfana Broadbent (1) évoque la place qu’occupait le téléphone comme attribut du pouvoir chez les cadres :

"Par le passé, quand le seul outil de communication disponible était le poste fixe, l’interpénétration du privé et du professionnel existait, mais restait le privilège des élites, telles que les cadres supérieurs, les dirigeants et les universitaires, ou était acquise en montant les échelons. Le bureau de direction possédait aussi une ligne extérieure personnelle. Ce type de liberté était accordé à des individus perçus comme capables d’autodiscipline et en qui l’on pouvait avoir confiance pour ce qui est de connaître les priorités" page 120

A l’ère de la très large diffusion d’internet et des moyens de communication avoir accès à l’information est moins discriminant, les symboles du pouvoir existent toujours mais sont autres. Je me demande jusqu’à quel point la formation en ligne, les moyens de réunions distantes ne sont pas, d’une certaine façon, un moyen de gommer les symboles du pouvoir. Lorsqu’il s’agit de construire un scénario de formation dématérialisée, il me semble que les paramètres sociaux liés à la symbolique du pouvoir doivent être pris en compte, analysés, décortiqués.

Je vois poindre des problématiques que je n’avais jamais encore envisagées. Lorsqu’un cadre (j’envisage ici l’éducation nationale mais ce n’est pas exclusif) est intégré dans un dispositif de formation en ligne, ne modifie t-on pas une forme de codification sociale ?

Quelles sont les  raisons qui peuvent expliquer une forme de résistance (consciente ou pas) au développement de la e.formation, du e.travail ?

Le dispositif de formation et/ou de réunion en ligne place l’ensemble des apprenants dans une situation d’égalité spatiale. On ne se déplace plus dans un lieu physique dédié mais on se connecte dans un lieu d’interaction numérisé (un lieu d’interaction spatialement égalitaire). Il est techniquement possible de faire travailler les gens à distance, il est possible de favoriser le travail à domicile (dans une proportion qu’il convient de définir et si les volontés politiques l’acceptent). Dans les nombreuses conversations que j’ai entretenues avec des acteurs ayant des responsabilités, l’idée du télétravail, de la formation en ligne, des réunions distantes sont toujours analysées avec les mêmes arguments de résistance :

  • C’est mieux de se rencontrer en face à face ;
  • Nous avons un grand besoin de nous concerter (présence physique et qualité de la concertation sont très liées dans les arguments) ;
  • Le décalage horaire contraignant ;
  • Les questions de sécurité informatique (je ne suis pas un technicien mais je suppose que la cryptologie à fait de grands progrès …) ;
  • Quel contrôle des subordonnés sur leur travail à domicile ? Mon actuelle lecture de Foucault me donnera certainement des éléments de réponse (2)
  • Dans une même conversation on peut avoir des arguments contradictoires de type "il faut être de plus en plus rentables", malheur à celui qui a tendance à respecter les heures normées, gloire à celui qui reste au bureau. En même temps dans un double mouvement contradictoire, on explique que l’on accepte de "perdre du temps" dans les déplacements, un temps improductif.

J’ai le sentiment (je ne puis malheureusement le démontrer en l’état) que l’introduction du e.learning et toutes les méthodes de travail distant doivent composer avec des codes sociaux qu’il convient de ne pas négliger. Le pouvoir étant au centre de cette réflexion. L’intégration du travail distant peut elle être associée au sentiment de perte de pouvoir ?

  • La reconnaissance professionnelle s’inscrit dans des symboles subtils, comme celui de pouvoir se déplacer (seul celui qui dirige peut se déplacer ou le fait de façon régulière) ;
  • A contrario rester à la maison ou sur site est vécu (ou semble l’être) comme une situation dévalorisante, une posture pour les subordonnés ;
  • Le e.learning met les apprenants en situation égalitaire d’environnement. Une formation hors établissement (notre historique jacobin oriente mon regard vers Paris), une réunion au ministère peuvent permettre d’utiliser son temps libre après temps de travail pour voir une exposition, un spectacle, discuter entre pairs à une bonne table …  Des "avantages" liés à la fonction, non fondamentaux mais, me semble t-il, intégrés plus ou moins consciemment comme tels comme accessoire de la fonction ;
  • Être présent sur site, est peut être une façon (notamment pour les hommes) de s’affranchir des tâches domestiques (moins valorisantes ?) (3). Renvoyer une part de l’activité professionnelle au domicile peut être mal vécu, le lieu privé n’est pas neutre, il ne symbolise pas l’expression d’une forme de pouvoir. Il est un lieu nécessaire de concession, de partage. Le pouvoir au travail (traduisez l’accroissement des responsabilités) est corrélé au nombre d’enfants (2) ;
  • Le e.learning, l’interaction distante de façon générale donnent peut être un sentiment de lissage des modes de formation. Un lissage qui ne tiendrait plus compte des différenciations hiérarchiques et des symboles qui s’y rattachent.

Ma première conclusion à cet ensemble de question est que dans un scénario de e.learning il est nécessaire d’intégrer une réflexion sur ces enjeux sociaux.

Voici quelques éléments de réflexions qui retiendront mon attention pour les mois à venir. Bien sûr ce blog est un lieu de dialogue et d’interactions. Si cette question vous intéresse, si vous êtes en total désaccord avec mes arguments, vous êtes invités à vous exprimer.

———————

(1) "L’intimité au travail, la vie privée et les communications personnelles dans l’entreprise" – Stefana Broadbent -  (Fyp 2011)

(2) "Surveiller et punir"- Michel Foucault (1975)

(3) "Alors qu’il existe chez les hommes cadres une corrélation positive entre le nombre d’enfants et le niveau de responsabilité exercée, cette corrélation est plutôt négative chez les femmes. Nonobstant le critère de l’âge, 11 % des hommes sans enfant exercent un poste à « forte responsabilité » contre 32 % des hommes avec au moins trois enfants." In Femmes cadres et hommes cadres : des inégalités professionnelles qui persistent  – APEC mars 2011

Sébastien Simao et son monde virtuel

2 jan

Je continue mon tour de France de la pédagogie immersive. Il y a bien longtemps déjà que j’envisageais de rencontrer Sébastien Simao. Il est professeur de mathématiques en collège à Marseille et implémente un monde virtuel dans ses constructions pédagogiques. Il a construit avec ses élèves une grille sur laquelle il a reconstitué l’île du Planier à Marseille. Ce travail est bien plus qu’un travail de geek, c’est un vrai projet pédagogique, il est transdisciplinaire, intégré dans un projet scénarisé. Il interroge la discipline mathématique mais c’est bien plus car il parle des relations sociales entre les enseignants et les élèves. En résumé c’est un vrai projet pédagogique. J’avais déjà rédigé un billet sur le travail de Sébastien

J’ai réalisé une vidéo où Sébastien nous parle de son projet et nous le montre. Un autre intérêt de ce projet est son dynamisme et la capacité de l’inscrire dans le temps. Chaque promotion qui assiste aux cours participe aussi au projet. Les élèves laissent des traces de leurs activités (le monde virtuel est en expansion). Ce monde illustre parfaitement un élément de  la typologie des mondes virtuels que j’ai tenté d’élaborer dans un billet sur tutvirt, le blog du tutorat dans les mondes virtuels. Ce monde est une façon de s’immerger dans un concept.

L’entrevue vidéo immersive avec Sébastien Simao

Vidéo N° 1 Le monde virtuel et les concepts mathématiques

Vidéo N° 2 Le phare du Planier et les mathématiques

Vidéo N° 3 Le projet sous marin

La version remastérisée par Sébastien Simao

Monde virtuel et orientation

19 déc

Séance de travail immersive – décembre 2011.

Objet de la séance : découverte d’une formation. Une grande école de design – L’Académie Royale d’Anvers (Belgique).

Temps de travail : A partir de 20 heures 30 –> 22 heures 30 soit en dehors des périodes réglementaires de cours (pour les étudiants et l’enseignant) –> Renvoie à la question de temps de travail numérique souvent traitée ici.

Lieu de travail : Le  monde virtuel Assemblive. Le monde virtuel est LE lieu de travail, l’environnement 3D est un élément essentiel du dispositif au sens ou il y a immersion des acteurs dans un lieu commun partagé.

Acteurs : Des étudiants de BTS, Thierry Valette enseignant dans l’académie de Nancy-Metz, un enseignant du SCUIO de Lyon 2.

Situations géographiques des acteurs : Allemagne, Belgique, France

——————–

Le travail d’enseignant en seconde année de BTS design  est lié aux questions d’orientations. Les étudiants de BTS design des années 2000 ont des stratégies bien différentes de celles des années 90. Il y a 20 ans les étudiants intégraient majoritairement la vie active après obtention du diplôme, aujourd’hui c’est le phénomène inverse (crise économique, offre de formation supérieure beaucoup plus large, perception des conséquences de la loi LMD …)

Structurer son orientation est difficile parce que la filière des arts appliqués est complexe, la palette de formation est assez large et les enjeux d’orientations se structurent, de l’acquisition (simple ????) des savoirs, il faut déterminer quelles seront les compétences et aptitudes à acquérir. Une variable supplémentaire est à intégrer dans ce dispositif, la dimension géographique. Les écoles de design se répartissent sur le territoire européen – Anvers, Bruxelles, Londres, Paris …

Ces écoles jouissent d’une grande réputation mais … le contact direct avec des étudiants ayant eu l’expérience de terrain est irremplaçable. Pour toutes ces raisons j’ai lancé une série de micro conférences immersives où j’invite des étudiants de ces écoles.

La première séance immersive concernait l’académie Royale d’Anvers. un ancien étudiant du BTS design de mode, actuel étudiant de l’Académie est venu témoigner de son expérience. Un dialogue fructueux s’est engagé et je suppose que ces deux heures de dialogue ont permis de lever de nombreuses interrogations. Le représentant du SCUIO a pu répondre à des questions très techniques sur les stages et le fonctionnement de LMD.

J’ai le sentiment que le témoignage d’un étudiant est toujours riche parce qu’il donne une vision de l’intérieur. L’idéal serait d’avoir une parole enseignante pour compléter le panorama. Ce dernier point reste à ce stade un simple projet (probablement irréalisable) puisqu’il demanderait un temps de préparation très important (et probablement bénévole).

Indépendamment des question d’intendance, je reste persuadé que c’est un système viable qui donne les moyens aux étudiants de s’informer à la source en s’affranchissant des contraintes d’espace et de temps, dans un lieu numérique spécifique où se créé une réelle interaction. Avec une volonté collective il serait possible de réserver des moments d’information sur l’orientation. C’est un sujet auquel je souhaite réfléchir.

Il y aura de nouvelles séances en 2012

Mondes virtuels et formation – Elearning aux urgences

2 août

La formation dans le secteur de la santé – Les urgences (SAMU)

Après les dentistes, les urgentistes. Le monde de la santé est actif dans les mondes virtuels, la formation investit second life de façon efficace. J’ai réalisé l’interview de Laurent Gout qui développe des séances de formation inworld. Il est très intéressant de l’écouter car au-delà des enjeux strictement disciplinaires, on retrouve un ensemble d’invariants pédagogiques comme, le scepticisme ambiant, le manque de moyen, le temps non compté. C’est aussi une valeur ajoutée certaine qui se dégage des constructions, la capacité à générer des scénarios pédagogiques et surtout une conviction de chaque instant. Le facteur de réussite tient à l’enthousiasme indéboulonable de "bricoleur" de génie. Et si l’institution s’intéressait vraiment à leurs expériences ? Loin des fantasmes de l’industrialisation des processus de formation, ces travaux sont les fils d’un écheveau qu’il conviendrait de transformer en belle étoffe.

Cette entrevue est la première d’un cycle que je vais engager sur 2011 – 2012 et qui ira de l’université à la maternelle. Mon objectif est de constituer une base d’usages à fin d’analyse des enjeux pédagogiques en immersion

Vidéo N° 1

Vidéo N° 2

Vidéo N° 3

Les invariants cités

  • La simulation
  • Recréer des situations exceptionnelles
  • La collaboration
  • Le temps
  • L’espace
  • La motivation
  • travailler en dehors des heures statutaires
  • Le financement

Les avatars et la simulation

Dans le travail qui est présenté il faut noter que les avatars ont un rôle particulier. Il est nécessaire de différencier les rôles des acteurs, ce qui passe par une identification vestimentaire (habits de pompiers, de gendarme, d’urgentiste …). De même les gestes sont importants, ce qui nécessite la présence de scripts spécifiques (s’accroupir, lever, prendre, accomplir un geste de technique professionnelle …). Il est aussi nécessaire de disposer d’objets "buildés" spécifiques comme les camions de pompiers, l’hélicoptère, l’ambulance … Par extension on imagine bien l’invariant pour les simulations en immersion. Un jeu juridique nécessiterait de  représenter des fonctions (avocats, juges, greffiers, gendarme, police, témoins etc). on peut même imaginer des scénarios complexes en mêlant justice et médecine légale ( le médecin légiste délivre les ITT outre les très médiatisées autopsies). Les possibilités de scénarios semblent très importantes.

Vidéo de Laurent Gout

Les urgences dans second Life By Laurent Gout urgentiste

L’album photo sur l’exercice de la médecine de catastrophe

L’album photo

Un diaporama de Laurent Gout sur la simulation de médecine d’urgence

Suivre

Recevez les nouvelles publications par mail.

Joignez-vous à 1  462 followers

%d bloggers like this: