Chronique de confinement #3

6 Avr

Nous engageons la quatrième semaine de confinement. Il est possible de commencer à tirer des enseignements de cette période :

  • Tenir sur le long terme

Les semaines sont épuisantes, beaucoup plus que lorsque l’on travaille sur site. Certes les échanges sont nombreux, féconds mais ils restent des échanges en ligne c’est-à-dire totalement centrés sur le travail. Les temps de ruptures sociales ont disparu, terminé le temps du café, de la rapide discussion avec un collègue. Le temps de télétravail est un temps totalement productif. Le vendredi soir je suis totalement épuisé.

« Le vendredi je suis épuisé« 

  • La collaboration

Les modalités de travail collaboratif à distance se sont fortement améliorées. Depuis un mois nous travaillons à distance sur une multitude de projets, les calendriers sont serrés. Nous avons mis en place des protocoles de travail qui nous rendent assez efficaces. Les projets s’enchaînent sans que la distance soit un réel frein. Rédaction d’un projet martyr, annotations et insertions de commentaires, acceptation du principe de la critique argumentée. La phrase que je répète à l’envi depuis deux ans est devenue un mode de fonctionnement

« Vous n’êtes pas obligé d’être d’accord avec moi mais dites le en argumentant« 

Il en ressort un mode de travail, qui me semble t-il, dynamise le rythme des projets.

  • La technique

Le télétravail est soumis aux impératifs de l’écosystème technologique personnel (j’avais évoqué cette question en début de chronique #1. Le réel a rejoint le théorique, mon boitier fibre a « rendu l’âme« . Plus de connexion internet pendant deux jours en attendant la livraison express par les services d’Orange mon FAI (soulignons la capacité de cette entreprise à rétablir au plus vite le service).

Une rupture technique de connexion rend assez difficile la continuité du travail car il faut passer par la connexion partagée de son smartphone. Le travail n’est pas facile mais il n’est pour autant pas impossible. Les services 0range sont très efficaces, livraison, activation du soft à distance en 1 jour et demi.

  • Le besoin de communiquer

Il me semble qu’il n’a jamais été aussi important et aussi mis en pratique, notamment sur les réseaux numériques. Il est bon de rappeler, que même si le soleil est tentateur, l’envie de déambuler pressante, la perspective de déguster une bière fraîche (ou autres) en terrasse obsédante. La démarche citoyenne est de rester à la maison :

« Pour ne pas se contaminer

Pour ne pas contaminer les autres

Pour ne pas contribuer à saturer les hôpitaux »

Les réseaux sont donc notre porte d’ouverture sur l’extérieur, l’espace sociale d’augmentation de l’espace confiné.

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  • Après

J’avais évoqué dès le début du confinement  l’apparition très rapide du concept de l’après. Une perception très rapide que cette période allait laisser des traces dans toute la société. Chaque jour la presse, les radios, les télévisions déclinent ce thème.

« Un concept a émergé cette semaine, très rapidement, soudainement, le « monde d’avant » et le « monde d’après«  – Chronique de confinement #1

 

                             « En France, les pistes pour imaginer « le monde d’après »  » – Le Monde

« Coronavirus : la consultation pour préparer « le jour d’après » dépasse la barre des 2 000 contributions » – France Info

« Coronavirus : comment va s’organiser le monde du travail après le déconfinement ? » RTL

« Durée du confinement, tests, masques, l’après-coronavirus: la Première ministre fait le point«  Le soir (Belgique)

C’est une réflexion européenne

La reppublica titre « il futuro dopo l’emergenza...  »

« Coronavirus, per l’inizio della fase 2 il 4 maggio è la data cruciale. Da metà aprile riapertura per alcune imprese » Corriere della sera

Mais heureusement il y a des bonnes nouvelles pour le temps présent 🙂

                                         La Molisana: «La pasta non mancherà mai» – Corriere della sera

#Semaine 4 #Jour 19

  • Technique et moral

Le confinement a des effets que je ne soupçonnait pas. Le moral est sujet à des variations. Cette semaine, les contrariétés techniques m’ont provoquées des maux de tête, des difficultés à dormir. Je sens que je suis plus irritable qu’en temps ordinaire. Cet incident technique me fait redouter le crash de l’ordinateur. Comment faire pour obtenir une réparation ? C’est un sujet qui est statistiquement de l’ordre du raisonnable. Je n’ai pas lu d’article à ce sujet mais sur la masse de personnes en ligne, qui télétravaillent il doit y avoir des incidents. Que faire dans ce cas ?

  • Posture du corps

La posture classique du travailleur du tertiaire est assis à son bureau derrière son ordinateur. On enchaîne les tâches dans cette position. On peut varier à la marge en se lovant dans un fauteuil ou en s’allongeant sur le canapé. Ce ne sont cependant pas des postures pour les visioconférences.

Je tente d’alterner les postures car je commence à avoir mal au dos. J’ai retrouvé une rallonge pour le casque audio, ce qui me permet de rester debout pendant certaines réunions en visio sans perdre le bénéfice de l’audio et / ou en prenant pas le risque d’imposer une effet larsen à mes interlocuteurs (grand classique de l’absence de casque). C’est une posture qui repose le corps contraint à la même posture pendant de nombreuses heures. c’est une posture non académique mais elle est reposante et n’empêche pas le réflexion

 

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  1. Enseigner avec le numérique en période de confinement – Un premier bilan | Miscellanées numériques - 3 juillet, 2020

    […] les nombreux retours d’expérience, vous pouvez consulter le blog de Jean-Paul Moiraud qui a formalisé de manière plus directe les conséquences du […]

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