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Espace

2 juil

Lettre rédigée et jamais publiée …

Le thème : L’espace dans les dispositifs de formation

Pour ce numéro zéro nous avons choisi de traiter la question de l’espace de formation.

Depuis que le numérique est entré comme variable de conception des dispositifs de formation, l’espace est un concept qui est redéfini. Historiquement les cours, se déroulent sur le principe de l’unité de temps, et d’espace. Le numérique a modifié le paradigme spatio-temporel en augmentant le champ des possibles. L’espace de formation s’est diversifié, s’est flexibilisé au service de la convergence (Moiraud, 2014). Les dispositifs de formation sont désormais déployés dans les espaces physiques, qu’ils soient institutionnels ou personnels (domicile) ET dans les espaces numériques (Moiraud, 2014).

 

Les espaces physiques institutionnels sont quantifiables, les référentiels des constructions universitaires fixent des normes précises pour l’accueil des étudiants et des enseignants (Derouet-Besson, 2002). L’irruption des solutions numérisées a transformé le regard porté sur le corps immobilier. Il faut imaginer la salle de cours, l’amphithéâtre dans lesquels les Smartphones, les tablettes et les ordinateurs sont inclus. Quel sera le contour des Learning center ? Comment évoluent les SCD dans cet écosystème technologique ? (Inspection générale, 2012)

L’établissement de formation entendu comme structure immobilière institutionnelle n’est plus la référence unique dès lors que les enseignements et les apprentissages peuvent s’exercer à partir des lieux privés. Cette évolution n’est pas sans conséquence sur la professionnalité puisque l’intime s’immisce dans le champ du professionnel (Broadbent, 2012). Il est besoin de définir à nouveau la notion d’intimité (Serfaty-Garzon, 2003) au moment où le domicile se professionnalise par intermittence (Moiraud, 2013).

 

Les espaces formation sont devenus hétérogènes mais ne se situent pas pour autant dans un « univers parallèle » (Arfaoui & Lafay, 2013) mais sont complémentaires. La porosité entre le physique et le numérique est devenue prégnante. Comment doit-on définir l’espace de formation en ce début de 21ème siècle ? Nous vous proposons quelques pistes de lecture.

 

L’outil

 

Le CDNT organise une veille informationnelle pour suivre les évolutions du e-learning tant dans sa dimension technologique que scientifique. Le principe de base reste la lecture et l’analyse régulière de la littérature. Nous espérons ainsi pouvoir vous indiquer les grandes tendances, les débats, les controverses, l’état de la recherche dans le champ de la pédagogie instrumentée par le numérique.

 

Nous avons cependant rationalisé notre travail en intégrant les fonctionnalités d’un outil numérique qui se nomme Zotéro[1].

 

Pour ce numéro zéro nous avons choisi de traiter la question de l’espace de formation.

 

Depuis que le numérique est entré comme variable de conception des dispositifs de formation, l’espace est un concept qui est redéfini. Historiquement les cours, se déroulent sur le principe de l’unité de temps, et d’espace. Le numérique a modifié le paradigme spatio-temporel en augmentant le champ des possibles. L’espace de formation s’est diversifié, s’est flexibilisé au service de la convergence (Moiraud, 2014). Les dispositifs de formation sont désormais déployés dans les espaces physiques, qu’ils soient institutionnels ou personnels (domicile) ET dans les espaces numériques (Moiraud, 2014).

 

Les espaces physiques institutionnels sont quantifiables, les référentiels des constructions universitaires fixent des normes précises pour l’accueil des étudiants et des enseignants (Derouet-Besson, 2002). L’irruption des solutions numérisées a transformé le regard porté sur le corps immobilier. Il faut imaginer la salle de cours, l’amphithéâtre dans lesquels les Smartphones, les tablettes et les ordinateurs sont inclus. Quel sera le contour des Learning center ? Comment évoluent les SCD dans cet écosystème technologique ? (Inspection générale, 2012)

 

L’établissement de formation entendu comme structure immobilière institutionnelle n’est plus la référence unique dès lors que les enseignements et les apprentissages peuvent s’exercer à partir des lieux privés. Cette évolution n’est pas sans conséquence sur la professionnalité puisque l’intime s’immisce dans le champ du professionnel (Broadbent, 2012). Il est besoin de définir à nouveau la notion d’intimité (Serfaty-Garzon, 2003) au moment où le domicile se professionnalise par intermittence (Moiraud, 2013).

 

Les espaces formation sont devenus hétérogènes mais ne se situent pas pour autant dans un « univers parallèle » (Arfaoui & Lafay, 2013) mais sont complémentaires. La porosité entre le physique et le numérique est devenue prégnante. Comment doit-on définir l’espace de formation en ce début de 21ème siècle ? Nous vous proposons quelques pistes de lecture.

 

L’outil

Le CDNT organise une veille informationnelle pour suivre les évolutions du e-learning tant dans sa dimension technologique que scientifique. Le principe de base reste la lecture et l’analyse régulière de la littérature. Nous espérons ainsi pouvoir vous indiquer les grandes tendances, les débats, les controverses, l’état de la recherche dans le champ de la pédagogie instrumentée par le numérique.

 

Nous avons cependant rationalisé notre travail en intégrant les fonctionnalités d’un outil numérique qui se nomme Zotéro[1].

[1] Zotéro – http://www.zotero.org/

 

C’est « Un logiciel de gestion de références gratuit, libre et open source qui s’inscrit dans la philosophie du Web 2.01. Il permet de gérer des données bibliographiques et des documents de recherche (tels que des fichiers PDF, images, etc.). Ses principaux atouts techniques reposent sur l’intégration au navigateur web, la possibilité de synchronisation des données depuis plusieurs ordinateurs, la génération de citations (notes et bibliographies) dans un texte rédigé depuis les logiciels LibreOffice, Microsoft Word, NeoOffice, Zoho Books et OpenOffice.org Writer grâce à l’installation d’un plugin. Le développement du logiciel est à l’initiative du Center For history and New Media (CHNM) de l’université George Mason. » Source Wikipédia (consultation le 30 janvier 2014)

Cet outil aide évidemment à construire sa bibliographie par procédé d’instrumentation scénarisée. Il est loisible aux utilisateurs de partager, de Co-construire par acte de coopération et / ou de collaboration.

Le CDNT a ouvert un compte sur Zotéro que vous pouvez consulter en permanence à distance sur n’importe quel type de périphérique numérique (ordinateur, tablette, smartphone). Vous pourrez y trouver un ensemble de didacticiels décrivant les modalités de fonctionnement de Zotéro et des références bibliographiques ayant trait au e-learning.

Se connecter sur la bibliographie en ligne

http://www.zotero.org/groups/cdnt

La bibliographie.

Le BYOD (bring your own device)

Cet anglicisme à la mode est le révélateur d’une pratique très répandue. L’institution met à disposition des usagers des matériels et des logiciels. Dans les universités il est possible d’avoir accès à des salles informatiques, à des terminaux de connexions (au SCD notamment), à un ensemble de solutions numérisées comme la FDV.

L’accès aux cours, aux web de façon générale, s’effectue aussi à partir des solutions personnelles comme les ordinateurs personnels, les tablettes, les smartphones. Cette pratique qui se répand interroge les espaces de formation au sens ou la mobilité et le nomadisme s’installent comme une variable forte des processus de formation.

  • Gicquel Camille, Utiliser son ordinateur personnel, quel risque pour les entreprises ? , Regard sur le numérique (RSLN), (2013)

·      Service TICE, Université de Sherbrooke, Canada, Le fin mot : BYOD, site web, (consultation, le 31 janvier 2014) https://www.usherbrooke.ca/ssf/veille/bulletins/2011-2012/mars-2012/le-fin-motnbsp-byod/

La surveillance, la porosité de l’espace intime et de l’espace professionnel.

 L’espace de formation traditionnel est fondé sur le principe de la surveillance, « on pointe », on inscrit, on surveille. Les enseignants en TD font l’appel, le jour des examens il faut vérifier l’identité des candidats pour éviter des fraudes potentielles.

 Le numérique, là encore, transforme les questions de surveillance panoptique. Le privé s’immisce dans le professionnel et le professionnel devient une dimension de l’intime.

  • Arfaoui et Lafay, Non internet n’est pas un univers parallèle, Revue Esprit, (2013)

  • Baron, Xavier, Repenser l’espace et le temps du travail intellectuel, management review, (2011)

  • Broadbent Stefana, L’intimité au travail : la vie privée et les communications personnelles dans l’entreprise, FYP éditions, (2012)

  • Casili Antonio, Les liaisons numériques, seuil, (2012)

  • Doueihi Milad, Pour un humanisme numérique, Seuil, (2013)

  • Foucault Michel, Surveiller et punir, Gallimard, (1975)

·      Rey Claudie & Sitnikoff Françoise, Télétravail à domicile et nouveaux rapports au travail, Revue interventions économiques, (2006)

  • Sennett Richard, le travail sans qualités, les conséquences humaines de la flexibilité, Titre original the corrosion of character, the personal consequences of work in the new capitalism, Albin Michel, (1998)

  • Serfaty-Garzon Perla, Chez soi, les territoires de l’intimité, Armand Colin (2003)

 Les espaces de formation.

L’espace de formation étant devenu hétérogène les universités doivent se poser la question de l’agencement des espaces. Des lieux emblématiques sont en train de se transformer. Le SCD évolue, la salle de cours est redéfinie dans ses contours, le domicile se professionnalise par intermittence.

·      Pascal Cotentin, Visite de l’université de Kingston avec Graham BULPITT, Scéren, (2012)

·      Claude Devès, Odile Grandet & AL, Learning center et territoire : comment la bibliothèque s’insère dans son environnement institutionnel, économique et social ?, Université Blaise Pascal, (2013) http://videocampus.univ-bpclermont.fr/?v=Bpxts7EZEAMR

·      Graham Bulpitt, Le rôle pédagogique des personnels non-enseignants, les journées du e.learning, (2013)

http://www.journees-elearning.com/index.php/videos-2013/226-graham-bulpitt

  • Inspection générale des bibliothèques, Les Learning centres: un modèle international de bibliothèque intégrée à l’enseignement et à la recherche, Rapport- n° 2009-022, (2009)

  • Mazalto Maurice, Architecture scolaire et réussite éducative, Editions Fabert, (2007)

NB : Nous retiendrons comme définition du learning center : «Un soutien réel à l’acquisition de connaissances garanti par une liaison beaucoup plus étroite avec les enseignants dès la conception du projet ; des espaces conviviaux, ouverts et flexibles ; une accessibilité maximale en termes d’horaires et de ressources ; des facilités d’usage à distance ; un personnel polyvalent et un regroupement des services ; des ressources documentaires et des équipements nombreux et renouvelés », Les Learning centres un modèle international de bibliothèque intégrée à l’enseignement et à la recherche

 Des ressources multimodales.

Le CDNT tente d’isoler les signaux faibles qui émergent en éducation. De l’invention de l’imprimerie (1454) à l’invention du protocole TCP/IP (1983) le savoir a été fixé essentiellement grâce au texte et l’image. Lorsque le web 2.0 apparaît, les dispositifs de formation intègrent massivement les ressources multimodales (texte, image, son, vidéo).

Nous vous proposons une sélection de ressources médias pour compléter ce dossier.

  • De la Porte Xavier, vie professionnelle / vie privée, Place de la toile (2012)

http://www.franceculture.fr/emission-place-de-la-toile-vie-professionnelle-vie-privee-2012-12-22

  • De la Porte Xavier, Culture du livre, culture des écrans, entretien avec Serge Tisseron, Place de la toile (2013)

http://www.franceculture.fr/emission-place-de-la-toile-culture-du-livre-culture-des-ecrans-2013-03-23

  • De la Porte Xavier, entretien avec Stefana Broadbent, l’intimité au travail, Place de la toile, (2011)

http://www.franceculture.fr/emission-place-de-la-toile-stefana-broadbent-rediffusion-2011-11-12

  • De la Porte Xavier, entretien avec Milad Doueihi, Pour un humanisme numérique, Place de la toile, (2011)

http://www.franceculture.fr/emission-place-de-la-toile-pour-un-humanisme-numerique-2011-10-29

  • De la Porte Xavier, entretien avec Antonio Casili, Les liaisons numériques, Place de la toile, (2010)

http://www.franceculture.fr/emission-place-de-la-toile-les-liaisons-numeriques-2010-09-26.html

Les lieux intelligents :

·      Enseigner dans une salle de classe intelligente, ESSCA, (2012)

http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=qLCz5jyJ_K0

Gwnenaelle Le Mauff, Le LearningLab : l’apprentissage collaboratif de demain, EM Lyon, (2013)

http://www.youtube.com/watch?v=JygbI8d45jA

[1] Zotéro – http://www.zotero.org/

 

Uberisation, le néologisme à la mode.

26 juin

Je ne sais si l’éducation sera ubérisée un jour mais l’évolution sociétale que nous sommes en train de vivre nous invite à regarder avec attention ce phénomène.

Uber le mot s’est répandu à la vitesse grand V dans le langage, donne naissance au néologisme d’uberisation. Je suis allé rapidement faire un tour sur Wikipédia et :

 » La société Uber est fondée officiellement par Garrett Camp, Travis Kalanick et Oscar Salazar en 2009 sous le nom de UberCab. L’idée leur vient en 2008 alors qu’ils assistent au salon LeWeb à Paris. Ils cherchent à se déplacer en taxi et n’arrivent pas à en trouver un, constatant les mêmes problèmes dans le système de taxis parisiens que dans celui de San Francisco. Alors qu’ils travaillent encore pour StumbleUpon, ils retournent à la Silicon Valley et montent un service de chauffeur privé à la demande nommé UberCab.

Garrett monte un prototype d’application sur iOS et convainc Kalanik de le rejoindre sur le projet. Ce dernier devient Chief Incubator au cours de l’été 2009 et a pour mission de passer le cap du prototype, c’est-à-dire de trouver un General Manager et de lancer Uber à San Francisco afin de changer les habitudes de consommation du transport des populations urbaines, de réduire le nombre de véhicules particuliers et de devenir acteur d’un écosystème de transports partagés. Le nom de domaine uber.com est initialement la propriété d’un service de blogue et de réseautage social, mais l’entreprise qui en a la propriété ayant fermé en septembre 2008, il est transféré à UberCab en 2009. Le produit est ensuite officiellement lancé à San Francisco en 2010. Ryan Graves est alors CEO de l’entreprise. Il cédera par la suite son poste à Travis Kalanick.

L’application est lancée à San Francisco en 2010 sur iOS et Android. Par la suite l’entreprise étend progressivement la couverture de son service à d’autres villes dans le monde. »

Pourquoi ce terme Uber ? Selon Didier Pourquery  Journaliste au Monde le mot signifie super, hype … « 

« Ce lieu est uber-chic, tu vois », « il est uber-classe, ton pull », etc. lire l’article du Monde

***
Alors le phénomène Uber est-il aussi uber cool que cela ?

L’affaire Uber me fait penser d’une certaine façon à la révolte des canuts. Une invention technique qui est la traduction d’ un changement profond de la société. Les canuts sentaient que le passage à la société industrielle allait les paupériser. On avait mécanisé le geste de l’artisan, sa routine, il allait perdre son statut pour alimenter les masses sans qualification des industries.

Le web de la même façon fait basculer les normes de la société construites après 1945, basées sur le salariat, une forme de réglementation des professions, un pacte social a peu près accepté par tous. Nous assistons aujourd’hui à la remise en cause de la  forme de travail. le salariat est en train d’évoluer, notamment au regard des protections acquises. Nous avons rêvé une forme collaborative vertueuse, solidaire de l’économie du partage et c’est une autre forme qui émerge. L’intermittence du travail pointe son nez. J’invite les lecteurs à se pencher sur les annexes 8 et 10 de l’assurance chômage. Si l’on enlève la référence aux 507 heures, le ton est donné. On embauche, on met un terme au contrat puis on embauche à nouveau. Donc lisez et forgez vous votre avis…

La légende dit que les canuts ont jeté Jacquard dans la Saône, la réalité est que les canuts ont cassé les machines pour protéger leur métier artisanal. Les chauffeurs de Taxi cassent les voitures, molestent des passagers, nous sommes dans des attitudes assez similaires, la grande peur fasse à des changements profonds du social. Les règles fixées à un moment données sont modifiées ex abrupto au milieu du gué.

J’ai le net sentiment que nous sommes bien au-delà de l’opposition entre les salauds à licence et les gentils zorros du partage Rifkinien (ou l’inverse). Nous assistons à un basculement du mode de fonctionnement de la société, à une rupture du pacte social. Il sera intéressant de regarder comment vont s’opérer les changements, s’organiser les antagonismes. La société va t-elle être ubérisée pour reprendre une formule qui fait florès. L’éducation va t-elle être touchée par ce phénomène ? La société bouge …

Entre réelle économie du partage et dérégulation totale quelle est la voie ? Affaire à suivre.

Concevoir des cours instrumentés, un exercice de mécanique sociale !

11 juin

Mon métier ne cesse de me passionner car quelque soit le moment, les activités et l’humeur j’y puise matière à réflexion. Je travaille en ce moment sur la capacité à générer des modèles de cours en utilisant Moodle. J’ai commencé à structurer une analyse en formalisant mes réflexions dans le diaporama ci-dessous.

Il ressort de mes réflexions que la modélisation d’un cours avec Moodle pose deux grands types de problématiques :

  • Il faut prendre en compte la structure mécanique, rigide de Moodle. Un cours (dans sa phase de conception) est structuré de façon linéaire, il faut empiler les sections les unes au dessus des autres. Les sections correspondent aux briques élémentaires des cours et il reviendra aux enseignants de déterminer la nature de cette brique, on peut parler ici de granularité (forte, moyenne ou faible) ;
  • Il faut prendre en compte les besoins des enseignants qui souhaitent diffuser leurs cours. Dans ce cadre, la conception d’un cours doit répondre aux attentes des apprenants. Il faut toujours avoir en tête leur façon de penser, de circuler dans le cours. On n’apprend pas, on ne circule pas exclusivement de façon linéaire. Notre mode de pensée, de travail est hétérogène, nous allons du haut vers le bas, de la droite vers la gauche. Nous pouvons avoir besoin de gérer des ruptures en allant du cours vers le forum, du forum vers le glossaire, engager un aller retour du menu général vers un point spécifique d’une page. Au final la question est de comprendre quelles sont les attentes des apprenants et de saisir de quelle façon est structurée la machine.

L’enjeu de conception pour une équipe qui souhaite développer un cours sur Moodle consiste donc à gérer un outil conçu dans le mode linéaire pour aller vers un mode transversal. Nous retrouvons ici un principe de cinématique (transformer un mouvement en un autre). J’ai le sentiment que mes réflexions sont de l’ordre de la mécanique sociale. Je dois transformer un mouvement de conception linéaire en mouvement d’utilisation réticulaire.

Concevoir un cours instrumenté est un exercice de mécanique sociale

220px-Cam-disc-1_3D_animated traWikipédia (source)

 L’enjeu est certes de modéliser mais en rendant ledit modèle transférable aux utilisateurs / concepteurs, en concevant des modèles qui permettent aux enseignants de déposer leurs cours avec facilité et en concevant des cours ergonomiques qui simplifie le travail d’apprentissage.

La structure de conception linéaire de Moodle oblige à penser rigoureusement le modèle, la conception en carte mentale me semble tout indiquée dans ce cas.

Ce sont mes analyses, ma vision, il est possible que vous ne soyez pas d’accord, ce blog vous est ouvert pour argumenter.

Numérique et modification des modes travail. L’ère du knowledge worker

4 juin

Ma revue de presse de ce jour me fait lire une dépêche de l’AEF (ci-dessous) à propos de la conférence de la CPU qui s’est tenue à Strasbourg. Valoriser les services des personnels est la question centrale qui est traitée. Au-delà de l’introduction du numérique, il s’agit d’une réflexion sur le changement de notre société et de ses modes de travail. La CPU met à plat des hypothèses de fond qui  explorent les modifications des paradigmes de temps et d’espace à l’Université (et ailleurs). Entre temps et statuts …

La lecture de cette dépêche a eu comme un effet électrique chez moi, car ce sont les thématiques que je développe depuis des années (un peu seul dans mon coin il faut bien le reconnaître). Je suis heureux de constater qu’elles sont traitées dans des instances comme la CPU. Vous verrez peut-être ce billet comme une vaniteuse opération d’autosatisfaction (je l’assume). Voyez le plutôt comme le constat d’ une forme de validation de mes hypothèses. Il y a dix ans beaucoup considéraient mes tentatives d’analyses comme un exercice intellectuel peu probant et marginal, je suis heureux de constater que les lignes de fractures bougent.

Je me livre à un travail de relecture de mes billets et publications car il me semble que les discussions de la CPU donnent de la vigueur à mes analyses.

Je pense que l’article qui résume le mieux le lien entre mes réflexions en liaison avec les réflexions strasbourgeoises est celui ci. Je crains que nous soyons encore loin du but car il s’agit d’une question de métanoïa (un renversement de la pensée) plus que de métamorphose (changement du corps). Appeler de ses vœux le changement et avoir le changement donne la mesure du chemin à parcourir. Je reste cependant persuadé que c’est la direction à emprunter.

Listons les items abordés :

  • « Le suivi des étudiants à distance » ; – Article
  • « Revisiter la façon de décompter leur service » ; – ArticleArticleArticleArticleArticle
  •  » L’égalité de traitement entre individus » ; – Article
  • « Est-ce que nos statuts sont adaptés pour libérer ces énergies ? « ; – Article
  •  » Le passage d’un système pyramidal et multicouches, à un système où les hiérarchies seraient écrasées ? » – Article
  • « Demandes de plus en plus fortes de télétravail » – Article
  • « La constitution d’équipes pédagogiques, composées de toutes les compétences dont nous avons besoin » –Article
  • « Les enseignants veulent pouvoir changer leurs pratiques pédagogiques. Comment prendre cela en compte, comment les valoriser ? » – Article
  • « Comment doit-on calculer le service, dès lors que le présentiel n’est plus seul point de repère ? » – ArticleArticleArticle Article

EAF / Dépêche n° 501356 : Face aux enjeux du numérique, comment accompagner et valoriser les personnels ? (colloque CPU)

Les nouvelles méthodes de travail introduites par le numérique, avec les pédagogies en mode projet, « inversées », et le suivi des étudiants à distance, remettent en question les modes d’organisation dans les universités, selon les participants à un atelier organisé lors du colloque de la CPU, à Strasbourg le 28 mai 2015. Plusieurs intervenants estiment que la reconnaissance de l’investissement des enseignants- chercheurs nécessite de revisiter la façon de décompter leur service. L’atelier, consacré aux « impacts du numérique sur les organisations et les métiers », était l’occasion d’échanger sur l’adaptation des personnels des universités aux enjeux du numérique, la rénovation des pratiques pédagogiques, mais aussi sur la « posture » actuelle des enseignants-chercheurs et des cadres, l’égalité de traitement entre individus, le sens du collectif…

À l’ère du numérique, « il y a un questionnement sur nos formes actuelles d’organisation, nos pratiques pédagogiques, nos pratiques de recherche. À un moment donné, est-ce que nos statuts sont adaptés pour libérer ces énergies ?« , avance Gérard Blanchard, président de l’université de La Rochelle et vice-président de la CPU, en introduction d’un atelier organisé dans le cadre du colloque annuel de la CPU, à Strasbourg le 28 mai 2015. Les échanges ont porté sur les évolutions des méthodes de travail et sur les moyens d’accompagner le changement (matériel, formation des personnels, management, etc.). En voici quelques échos :

Quelle « transformation » des organisations ? « L’outil numérique modifie-t-il la structure organisationnelle [de l’université], avec le passage d’un système pyramidal et multicouches, à un système où les hiérarchies seraient écrasées ? Je n’ai pas vécu cela », témoigne Jacques Haiech, professeur de biotechnologies à l’université de Strasbourg (Snesup-FSU). « D’ailleurs, ce n’est pas un outil qui impose l’implémentation d’une organisation, ni même d’une vision politique, au sein de l’université », indique-t-il.

« Pour autant, souligne Gérard Blanchard, l’utilisation de certains outils numériques nous amène à repenser nos approches pédagogiques, éventuellement dans certains cas nos approches organisationnelles, et bien entendu le modèle économique. C’est une vision systémique qu’il faut avoir ». Il cite en exemple la notion de « science ouverte » qui « remet en cause les méthodes de travail. Ces nouvelles approches plaident pour le développement de démarches menées un peu plus en mode projet, et ce, dans des organisations structurées verticalement ».

L’accompagnement des personnels : une « hétérogénéité » face au numérique. Plusieurs participants pointent une « hétérogénéité » dans l’appropriation des outils numériques chez les personnels, ce qui implique « un accompagnement » et des formations. « Pour les enseignants- chercheurs, l’Espé pourrait être une partie de la réponse ; dans tous les cas, cela relève de la politique interne de formation et de ses priorités. Aujourd’hui, les niveaux de crédits sont insuffisants, c’est clair, il y aura des efforts à faire », estime Gérard Blanchard.

Par ailleurs, les équipes de direction observent « des demandes de marge d’autonomie plus forte, de la part de l’ensemble des personnels », pointe Madeleine Zalkind, DRH de l’université Joseph- Fourier Grenoble-I. De nouveaux enjeux se font jour : « comment répondre aux demandes de plus en plus fortes de télétravail, de travail en autonomie, ou de travail en mode projet ? », résume-t-elle. De fait, « là où le mode projet s’est développé fortement, comme dans les directions du numérique ou les DSI, force est de constater un manque d’équipe stable, de référents, autrement dit de gens qui arbitrent », rapporte-t-elle. Face aux « conflits et oppositions » qui peuvent émerger, « il y a des besoins de régulation, de médiation relationnelle ».

La nécessité de retrouver le sens du « collectif » dans les modes d’organisation a été mise en évidence. Pour Gérard Blanchard, l’évolution des formations passera par « la constitution d’équipes pédagogiques, composées de toutes les compétences dont nous avons besoin :

enseignants-chercheurs, ingénieurs, etc. ».

Brigitte Riera, vice-présidente de l’université de Cergy-Pontoise en charge des RH, note que si l’utilisation du numérique peut créer de « l’isolement », elle peut conduire aussi à « un retour du dialogue » avec les représentants du personnel, ce qui a été le cas dans son établissement sur la question du télétravail ou encore sur le fonctionnement de la bibliothèque universitaire.

Défis sur le statut des enseignants-chercheurs. Les évolutions du métier d’enseignant- chercheur face à ces mutations technologiques ont été débattues, notamment sous l’angle de la reconnaissance des services. « Les enseignants veulent pouvoir changer leurs pratiques pédagogiques. Comment prendre cela en compte, comment les valoriser ? », abonde Feriel Goulamhoussen, directeur du campus numérique de l’Upem. Il propose par exemple « un congé thématique d’innovation pédagogique » ou encore des décharges.

Pour assurer cette « reconnaissance » de l’investissement des personnels, plusieurs directions d’université souhaitent surtout voir évoluer la façon de décompter le service d’enseignement. « Comment doit-on calculer le service, dès lors que le présentiel n’est plus seul point de repère ? », interroge Madeleine Zalkind. Elle prône « une prise de recul par rapport au décompte très comptable actuel » (les 192 heures TD), en « se posant la question d’un décompte qualitatif, ou laissant davantage de place à des situations particulières, comme pour les hospitalo-universitaires ».

« Pour éviter de rentrer à nouveau dans une logique comptable, il s’agit de repenser complètement l’activité », suggère Gérard Blanchard. Pour Youssoufi Touré, président de l’université d’Orléans, « le terme service est aujourd’hui caduque ». « Le seul élément qui puisse être uniforme, par rapport aux individus, ce sont les 1 607 heures », poursuit-il. Une alternative, envisagée par Alain Célérier, vice-président du conseil d’administration de l’université de Limoges, serait de s’inspirer de l’exemple canadien. « Le service d’un enseignant consiste à faire acquérir un certain nombre de crédits à un groupe d’étudiants, par semestre. Cela peut fonctionner, quelle que soit la méthode utilisée : cours magistral/TD, ou classe inversée, etc. »

E.learning, donnez nous du temps (suite)

1 juin

Je voudrais compléter mon  précédent article pour préciser mes cadres réflexifs sur la question du temps en e-learning. Je disais :

« Ainsi lorsque l’on souhaite que des personnes se forment au e.learning, il faut avant toute chose définir précisément quel sera le rapport au temps entre le travail et à la formation. La rédaction d’une convention bipartite me semble tout indiquée.« 

Définir le temps est la question centrale, parce que sa non définition est source de malentendus. C’est d’ailleurs une question ancienne dans le monde de l’éducation. Je pense ici aux statuts des 15 heures et 18 heures hebdomadaires dans le secondaire, les 192 heures annuelles dans le supérieur. Le grand public ne retient que les heures de présence devant les élèves et les étudiants et jamais les temps de préparation. On évoque des concepts qui sont complémentaires mais pas identiques.

Lorsqu’il s’agit de la formation au e.learning, la question est identique. Il est indispensable de déterminer quel est le périmètre du temps de chacun des acteurs pendant les périodes de formation. Il faut le formaliser, lui donner des valeurs mathématiques et cesser de se reposer sur l’éthique professionnelle qui est bien souvent une forme de bénévolat qui n’ose pas dire son nom. La définition doit être construite de façon collaborative en associant de façon étroite le donneur d’ordre et celui qui se forme (l’apprenant).

  • Le donneur d’ordre, je l’ai précisé dans le premier article, doit définir la nature des temps, la cadrer :
    • Cadrer le temps de travail sur le poste identifié. Il fait l’objet de la rédaction d’une  fiche de poste ou ce qui en fait office.
    • Cadrer le temps de la formation. La formation au e-learning n’est pas une activité de surface. J’entends pas là qu’elle ne peut se réduire au simple rendu d’un livrable technique ni à  atteindre l’objectif qui consiste à maîtriser les fonctionnalités de diverses solutions techniques. Il est indispensable que les apprenants s’engagent aussi dans une démarche qui unit la production livrable ET la réflexion tout aussi nécessaire sur les enjeux de cette production. Le travail de conception technique et celui de d’analyse prennent du temps. Dans cette perspective il faut que les apprenants assimilent l’idée que toute la démarche est par essence technico – conceptuelle, un rapport permanent entre la main et la pensée. L’absence de réflexion sur le temps de formation, entraîne de facto chez les apprenants le sentiment d’urgence. Il les amènera à opérer des choix contreproductifs. Ils privilégieront, en toute logique, l’opérationnel en négligeant le conceptuel. Cette dichotomie contrainte revient à créer un fossé entre l’acte de manipulation de la souris, considéré comme acte de production (une opération manuelle) et la réflexion sur les enjeux du e-learning considérée comme  un acte conceptuel à orientation universitaire.
  • Le stagiaire – Les organisations sociales sont par essence complexes. S’il est indispensable que les structures apprennent à définir (attribuer) un vrai temps de formation « Un temps sans impureté ni défaut » pour citer Foucault in surveiller et Punir, il faut que les apprenants apprivoisent ce temps. Se débattre dans un perpétuel mouvement pendulaire entre sa mission et sa formation est inconfortable. Pour autant l’argument du « Je manque de temps » peut être un argument dilatoire, un paravent pour se protéger. Cadrer le temps en amont de tout engagement de formation est me semble t-il protecteur pour toutes les personnes engagées dans le dispositif :
  • L’apprenant qui aura la certitude de dégager un temps fléché (à l’exclusion de tout autre).
  • Le donneur d’ordre – il sera en droit de demander des comptes puisqu’il aura accordé ce temps « cadré et normé » nous nous orientons vers l’obligation de résultat.

« Donner » du temps est en fait un processus contractuel qui consiste à préciser ab initio les enjeux, pour le donneur d’ordre et pour le formé. Nous ne sommes pas loin ci du principe du ROI (Return On Investment) ou retour sur investissement qu’a bien décrit Jacques Rodet pour le tutorat. Nous nous plaçons ici plutôt dans une démarche d’analyse des « gains cachés » que la comptabilité classique peine à quantifier.

Je creuse cette analyse sur le temps avec obstination, certains diront avec obsession mais je pense que c’est une des clés de la réussite du développement du e-learning. Nous en sommes au début des procédés de généralisation et il faut passer par la phase de la formation des formateurs. Donnons leur ce temps, temps du manipulatoire et temps de la conceptualisation.

Soyons capables de collaborer sur ce processus réflexif.

Vous qui lisez ce billet, êtes invités à contribuer à cette réflexions, à donner votre avis, y compris divergent, cela participe au processus collaboratif que nous appelons de nos vœux.

E.learning, donnez nous du temps

13 mai

Plus (+) de numérique, plus (+) de e.learning est un mot d’ordre d’actualité, j’y souscris volontiers mais … je voudrais répondre en écho. « D’accord mais donnez nous plus (+) du temps ! ». Le temps, un concept suffisamment généraliste pour qu’il devienne un mot valise et qu’il se vide  par là même de sa substance. Je me propose donc en préalable de préciser les contours de ma pensée.

Il ne s’agit pas d’un plus de temps consacré à la réflexion : « Il faut que nous attendions pour analyser la question, pour être sûr, dès fois que … » Le numérique est dans notre écosystème technologique, c’est un fait !

Il ne s’agit pas de plus de temps pour opérer les branchements, installer les ordinateurs, sceller les TBI au mur, c’est fait !

Il ne s’agit pas de plus de temps pour acclimater nos élèves et nos étudiants, ils l’ont fait ! sans nous le demander, sans nos conseils.

Je veux parler ici du temps réglementé, du temps normé du e.learning. Mes observations, mes usages comme enseignant depuis plusieurs années me démontrent que les structures sont convaincues de l’intérêt du e.learning. Cependant la pierre achoppe systématiquement lorsqu’il faut libérer du temps effectif aux acteurs qui s’engagent dans des démarches de formation aux méthodes du e.learning. Nombreux sont mes étudiants / stagiaires qui, engagés dans un processus de formation au e.learning, doivent composer l’impérieuse nécessité de s’acculturer avec la réalisation de leur mission principale. Satisfaire l’un et l’autre comme s’il s’agissait de deux dimensions identiques. Or le temps du e.learning est spécifique.

Lorsque l’on encadre des groupes, que l’on fait le point des avancées et des difficultés rencontrées lors de  la formation les étudiants disent  massivement (ou à défaut de le dire ils le pensent) :

« C’est chronophage, c’est long, nous sommes débordés, notre problème c’est le temps et sa gestion, j’ai du laisser en jachère le projet parce que j’étais surchargé … »

Il y a trois façons d’aborder ces arguments :

  • La première simpliste, qui évite de se poser les bonnes questions, les apprenants sont mal organisés, ils gèrent mal leur temps. Fermez les bans, l’affaire est entendue ! C’est rassurant mais c’est un peu court.
  • La seconde, qui est parfois recevable, c’est la faute des profs qui ne calibrent pas correctement le temps annoncé ou qui veulent à tout prix insérer l’ensemble de leurs savoirs au détriment de la synthèse pour les étudiants (je suis prof, je parle en connaisseur).
  • La troisième est plus institutionnelle et peut se résumer à une question d’organisation interne. J’ai le très net sentiment que le e.learning n’est pas encore inscrit comme un temps réel normé, il prend les chemins buissonniers des tours et des contours. Le temps du e.learning est encore dans les limbes. Il entre en tension avec les impératifs de service. Je crois voir émerger des invariants de gestion en observant mes apprenants. Tout d’abord on fait « tourner son service« , on gère les urgences et on assure la continuité auprès du public. Le temps de formation / acculturation vient ensuite en terme de priorité, quand les urgences s’éloignent. Je crois pouvoir affirmer que si l’on considère qu’il faut d’abord gérer le quotidien puis prendre le temps de s’acculturer aux méthodes du e.learning, c’est considérer que celui-ci est accessoire et à une moindre valeur.

Posons donc la question,  quelles sont les priorités ?

Nous entrons ici dans une problématique de gestion des ressources humaines, de statut et de contractualisation, le conflit entre la structure pyramidale et les modes transversaux, le lent glissement de l’un vers l’autre

Exposé de la sorte mes propos sembleraient accréditer l’idée qu’il y aurait le clan des gentils (ceux qui exécutent) et celui des méchants (ceux qui enjoignent). Là n’est pas mon propos parce que je pense que la méthode e.learning doit être expliquée à l’ensemble des acteurs du système.

Elle n’est pas que dépôts de ressources, elle n’est pas qu’une mise en réseau de machines, elle n’est pas que vélocité des connexions … Elle est avant une question d’organisation sociale. Cette dernière mute, en passant de la logique industrielle née à la fin du 19ème siècle à la logique des réseaux engagée en ce début du 21ème siècle.

Le dialogue doit remplacer l’injonction, l’écoute doit supplanter l’ordre d’exécution. On mesure ici le chemin qu’il nous reste à parcourir mais c’est, me semble t-il la direction qu’il faut prendre.

Ainsi lorsque l’on souhaite que des personnes se forment au e.learning, il faut avant toute chose définir précisément quel sera le rapport au temps entre le travail et la formation. La rédaction d’une convention bipartite me semble tout indiquée.

Il sera donc nécessaire que les services qui accordent les moyens (temps) sachent dialoguer avec les équipes qui conçoivent. Il est nécessaire d’expliquer, de prendre le temps de motiver les raisons pour lesquelles il faut un temps normé dédié. Écouter, dialoguer, mettre à mal ses représentations est un exercice très difficile mais il se révélera fécond si l’on sait le mettre en œuvre.

Quelques pistes d’action :

  • Formaliser dans le document de cadrage des équipes qui s’engagent, que le temps de conception / formation est un temps spécifique, exclusif à tout autre ;
  • Spécifier que le temps de travail effectif hors les temps et les structures officielles sont des temps normés, reconnus et payés. Je pense ici à la nécessité du travail collaboratif distant qui peut parfois nécessité des ajustements hors temps légal ;
  • Le e.learning dans ses phases de lancement coûtera plus cher car il faut déléguer du temps de travail / analyse. En conséquence il faut réorganiser les tâches pour libérer du temps aux personnes qui s’engagent dans ces processus. Je ne me place pas ici dans des temps pleins de 35 heures mais sur des temps qui peuvent être de l’ordre de la demi journée ou de la journée mais totalement exonérées de contraintes de gestion de service. La conception sera alors orientée vers les contraintes de conception du e.learning.

Je vais conclure ce billet, comme à l’habitude. Ce lieu numérique est un espace de dialogue, vous pouvez vous en saisir pour argumenter, vous avez même le droit d’être en total désaccord.

L’immobilier du futur, vie privée, vie publique

30 avr

J’ai entamé depuis longtemps une réflexion sur le sens de l’espace privé dans les dispositifs de formation en ligne. On peut imaginer sans trop se tromper que les politiques urbaines, confrontées à l’hypertrophie des villes, à l’augmentation du temps des déplacements pendulaires, à l’augmentation des prix des carburants entraîneront une autre perception de la valeur travail. On peut imaginer que les politiques des institutions publiques seront moins frileuses et qu’elles accepteront enfin que leurs salariés travaillent pour partie à la maison. Je suis surpris de constater, au fil de mes observations, que de nombreux services qui s’occupent de e.learning interdisent le télétravail à leurs salariés.

Travailler à la maison est un sujet en émergence, inscrit encore largement dans un futur (plus ou moins) proche quant à sa diffusion et son acceptation. Nous serons alors dans un cadre ou nous aurons compris que la distance ne signifie pas forcément la triche et la transgression du règlement horaire.

Pour autant, il faudra que les réflexions sur l’espace personnel soient engagées par l’ensemble des acteurs concernés. Je voudrais ici évoquer la structure des espaces immobiliers. Le domicile, je l’ai déjà dit, est un espace complexe qui concentre un multitude d’activité qui s’interpénètrent. L’objectif du travailleur à domicile est d’être capable d’étanchéifier les sphères.

Ce besoin de compartimenter doit, me semble t-il interroger les constructeurs immobiliers. Lors de mon voyage à New York je me suis rendu compte qu’il n’y avait pas de machine à laver dans les appartements. Ma surprise à fait place à la curiosité en découvrant que le lavage du linge était mutualisé grâce à l’existence d’une « washroom » collective.

Il me semble raisonnable d’imaginer que les collectifs immobiliers urbains, puissent à terme prévoir, en leur sein des tiers lieux pour travailler. Un lieu proche du domicile (je descends ou je monte quelques étages) qui évite les pertes de temps des transports en commun. Un tiers lieux qui ne soit consacré qu’à l’activité professionnelle, neutralisant ainsi les perturbations de la vie privée (en contrepartie le domicile serait un réel lieu de vie privée).

Mes idées sont  ici couchées comme des pistes encore brouillonnes mais j’aimerais bien avoir des retours des :

  • Responsables des institutions au regard du télétravail ;
  • Des responsables des constructeurs immobiliers au regard des analyses sur le futur des habitations urbaines.

Si vous lisez ce billet, que vous êtes concernés, vous pouvez pendre le temps d’argumenter

Avancer ou s’arrêter

27 avr

sipa_ap21623684_000004  L’intégration du numérique dans le corps social ne cesse de me questionner parce qu’il est comme le Pharmakon Grec (tout dépend de la dose injectée, cela soigne ou cela tue). J’ai observé pendant deux jours (25 et 26 avril 2015) une opération de Remix, le GAREMIX qui consistait à imaginer, à faire des propositions pour agencer autrement le lieu gare, lieu  de passage. La gare Saint Paul de Lyon était l’objet de cette réflexion collective citoyenne.

Peut-on s’arrêter dans une gare ? Peut-on y exercer une activité sociale d’interaction ? C’est ce que j’ai compris de ce happening urbain interactif.

Venu pour observer sans objectifs précis, j’en suis ressorti avec des questions supplémentaires. J’ai l’habitude de voyager. Dans mon ancien métier j’allais régulièrement à Lille, depuis quelques années je me rends à Poitiers. Dans les deux cas j’arpente les gares de l’axe Lyon, Marne la Vallée, Charles de Gaulle, Lille Europe.

Ce sont des lieux nouveaux que je déteste, alors même que l’association béton, verre m’a toujours séduite, ainsi que le voyage. Pourquoi suis je dans le registre de la détestation ? Parce que ces gares sont aujourd’hui conçues pour des Hommes en mouvement qui  ne font que transiter. Froideur est l’adjectif qui convient le mieux pour décrire ces endroits. Surtout ne pas s’arrêter, se prémunir du froid (savamment entretenu par l’espace entre les murs et le toit) l’hiver et des courants d’air en toute saison. Plus de lieux de convivialité comme le train bleu de la gare de Lyon. La cafétéria sinistre, glaciale semble prévue pour bannir à jamais le mot gastronomie. De la première, à la dernière gorgée, la bière est fade, elle se résume au  simple geste du boire-poser le verre répété, compteur du temps qui reste avant l’annonce. du départ.

On ne s’arrête pas, on ne s’arrête plus, la bête humaine au 21ème siècle n’est plus le pilote mais le passager. Il est en mouvement, dans un immobilier fonctionnel, plus ou peu de sociabilité dans ces mausolées tristes ou le roi n’est pas, n’est plus. Architecture de pouvoir sans le pouvoir.

Alors le passager entre dans d’autres espaces ou le social existe. C’est  celui des réseaux, tout le monde à la tête penchée sur son terminal, avance dans la gare, avance sur le quai, fuit le froid, monte dans le train…

La gare n’est plus qu’un lieu symbolique, un passage entre un avant et un après. Le présent de béton n’est pas.

J’espère que #garemix sera un début de réflexion sur la place de la gare, sa fonction (à nouveau) sociale, en réel comme en virtuel. Que vive le co-design

Les journées du e.learning 2015

27 avr

Espace physique et espace sonore, un dialogue de sourds ?

24 avr

En complément du billet précédent, je souhaite préciser l’importance de l’espace sonore du domicile du travailleur du savoir. J’ai un peu le sentiment de proférer des évidences mais dans la mesure ou je pense que le télétravail va se développer (y compris chez les enseignants), il est nécessaire de répéter.

La maison est un lieu qui génère des sons, agréables parfois, insupportables d’autres fois. Il faut arriver à faire cohabiter les sons du quotidien avec les sons professionnels. Il est illusoire de penser que le transfert de l’espace de travail institutionnel vers l’espace privé s’analyse sous forme d’identité.

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