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E.learning, donnez nous du temps

13 mai

Plus (+) de numérique, plus (+) de e.learning est un mot d’ordre d’actualité, j’y souscris volontiers mais … je voudrais répondre en écho. « D’accord mais donnez nous plus (+) du temps ! ». Le temps, un concept suffisamment généraliste pour qu’il devienne un mot valise et qu’il se vide  par là même de sa substance. Je me propose donc en préalable de préciser les contours de ma pensée.

Il ne s’agit pas d’un plus de temps consacré à la réflexion : « Il faut que nous attendions pour analyser la question, pour être sûr, dès fois que … » Le numérique est dans notre écosystème technologique, c’est un fait !

Il ne s’agit pas de plus de temps pour opérer les branchements, installer les ordinateurs, sceller les TBI au mur, c’est fait !

Il ne s’agit pas de plus de temps pour acclimater nos élèves et nos étudiants, ils l’ont fait ! sans nous le demander, sans nos conseils.

Je veux parler ici du temps réglementé, du temps normé du e.learning. Mes observations, mes usages comme enseignant depuis plusieurs années me démontrent que les structures sont convaincues de l’intérêt du e.learning. Cependant la pierre achoppe systématiquement lorsqu’il faut libérer du temps effectif aux acteurs qui s’engagent dans des démarches de formation aux méthodes du e.learning. Nombreux sont mes étudiants / stagiaires qui, engagés dans un processus de formation au e.learning, doivent composer l’impérieuse nécessité de s’acculturer avec la réalisation de leur mission principale. Satisfaire l’un et l’autre comme s’il s’agissait de deux dimensions identiques. Or le temps du e.learning est spécifique.

Lorsque l’on encadre des groupes, que l’on fait le point des avancées et des difficultés rencontrées lors de  la formation les étudiants disent  massivement (ou à défaut de le dire ils le pensent) :

« C’est chronophage, c’est long, nous sommes débordés, notre problème c’est le temps et sa gestion, j’ai du laisser en jachère le projet parce que j’étais surchargé … »

Il y a trois façons d’aborder ces arguments :

  • La première simpliste, qui évite de se poser les bonnes questions, les apprenants sont mal organisés, ils gèrent mal leur temps. Fermez les bans, l’affaire est entendue ! C’est rassurant mais c’est un peu court.
  • La seconde, qui est parfois recevable, c’est la faute des profs qui ne calibrent pas correctement le temps annoncé ou qui veulent à tout prix insérer l’ensemble de leurs savoirs au détriment de la synthèse pour les étudiants (je suis prof, je parle en connaisseur).
  • La troisième est plus institutionnelle et peut se résumer à une question d’organisation interne. J’ai le très net sentiment que le e.learning n’est pas encore inscrit comme un temps réel normé, il prend les chemins buissonniers des tours et des contours. Le temps du e.learning est encore dans les limbes. Il entre en tension avec les impératifs de service. Je crois voir émerger des invariants de gestion en observant mes apprenants. Tout d’abord on fait « tourner son service« , on gère les urgences et on assure la continuité auprès du public. Le temps de formation / acculturation vient ensuite en terme de priorité, quand les urgences s’éloignent. Je crois pouvoir affirmer que si l’on considère qu’il faut d’abord gérer le quotidien puis prendre le temps de s’acculturer aux méthodes du e.learning, c’est considérer que celui-ci est accessoire et à une moindre valeur.

Posons donc la question,  quelles sont les priorités ?

Nous entrons ici dans une problématique de gestion des ressources humaines, de statut et de contractualisation, le conflit entre la structure pyramidale et les modes transversaux, le lent glissement de l’un vers l’autre

Exposé de la sorte mes propos sembleraient accréditer l’idée qu’il y aurait le clan des gentils (ceux qui exécutent) et celui des méchants (ceux qui enjoignent). Là n’est pas mon propos parce que je pense que la méthode e.learning doit être expliquée à l’ensemble des acteurs du système.

Elle n’est pas que dépôts de ressources, elle n’est pas qu’une mise en réseau de machines, elle n’est pas que vélocité des connexions … Elle est avant une question d’organisation sociale. Cette dernière mute, en passant de la logique industrielle née à la fin du 19ème siècle à la logique des réseaux engagée en ce début du 21ème siècle.

Le dialogue doit remplacer l’injonction, l’écoute doit supplanter l’ordre d’exécution. On mesure ici le chemin qu’il nous reste à parcourir mais c’est, me semble t-il la direction qu’il faut prendre.

Ainsi lorsque l’on souhaite que des personnes se forment au e.learning, il faut avant toute chose définir précisément quel sera le rapport au temps entre le travail et la formation. La rédaction d’une convention bipartite me semble tout indiquée.

Il sera donc nécessaire que les services qui accordent les moyens (temps) sachent dialoguer avec les équipes qui conçoivent. Il est nécessaire d’expliquer, de prendre le temps de motiver les raisons pour lesquelles il faut un temps normé dédié. Écouter, dialoguer, mettre à mal ses représentations est un exercice très difficile mais il se révélera fécond si l’on sait le mettre en œuvre.

Quelques pistes d’action :

  • Formaliser dans le document de cadrage des équipes qui s’engagent, que le temps de conception / formation est un temps spécifique, exclusif à tout autre ;
  • Spécifier que le temps de travail effectif hors les temps et les structures officielles sont des temps normés, reconnus et payés. Je pense ici à la nécessité du travail collaboratif distant qui peut parfois nécessité des ajustements hors temps légal ;
  • Le e.learning dans ses phases de lancement coûtera plus cher car il faut déléguer du temps de travail / analyse. En conséquence il faut réorganiser les tâches pour libérer du temps aux personnes qui s’engagent dans ces processus. Je ne me place pas ici dans des temps pleins de 35 heures mais sur des temps qui peuvent être de l’ordre de la demi journée ou de la journée mais totalement exonérées de contraintes de gestion de service. La conception sera alors orientée vers les contraintes de conception du e.learning.

Je vais conclure ce billet, comme à l’habitude. Ce lieu numérique est un espace de dialogue, vous pouvez vous en saisir pour argumenter, vous avez même le droit d’être en total désaccord.

L’immobilier du futur, vie privée, vie publique

30 avr

J’ai entamé depuis longtemps une réflexion sur le sens de l’espace privé dans les dispositifs de formation en ligne. On peut imaginer sans trop se tromper que les politiques urbaines, confrontées à l’hypertrophie des villes, à l’augmentation du temps des déplacements pendulaires, à l’augmentation des prix des carburants entraîneront une autre perception de la valeur travail. On peut imaginer que les politiques des institutions publiques seront moins frileuses et qu’elles accepteront enfin que leurs salariés travaillent pour partie à la maison. Je suis surpris de constater, au fil de mes observations, que de nombreux services qui s’occupent de e.learning interdisent le télétravail à leurs salariés.

Travailler à la maison est un sujet en émergence, inscrit encore largement dans un futur (plus ou moins) proche quant à sa diffusion et son acceptation. Nous serons alors dans un cadre ou nous aurons compris que la distance ne signifie pas forcément la triche et la transgression du règlement horaire.

Pour autant, il faudra que les réflexions sur l’espace personnel soient engagées par l’ensemble des acteurs concernés. Je voudrais ici évoquer la structure des espaces immobiliers. Le domicile, je l’ai déjà dit, est un espace complexe qui concentre un multitude d’activité qui s’interpénètrent. L’objectif du travailleur à domicile est d’être capable d’étanchéifier les sphères.

Ce besoin de compartimenter doit, me semble t-il interroger les constructeurs immobiliers. Lors de mon voyage à New York je me suis rendu compte qu’il n’y avait pas de machine à laver dans les appartements. Ma surprise à fait place à la curiosité en découvrant que le lavage du linge était mutualisé grâce à l’existence d’une « washroom » collective.

Il me semble raisonnable d’imaginer que les collectifs immobiliers urbains, puissent à terme prévoir, en leur sein des tiers lieux pour travailler. Un lieu proche du domicile (je descends ou je monte quelques étages) qui évite les pertes de temps des transports en commun. Un tiers lieux qui ne soit consacré qu’à l’activité professionnelle, neutralisant ainsi les perturbations de la vie privée (en contrepartie le domicile serait un réel lieu de vie privée).

Mes idées sont  ici couchées comme des pistes encore brouillonnes mais j’aimerais bien avoir des retours des :

  • Responsables des institutions au regard du télétravail ;
  • Des responsables des constructeurs immobiliers au regard des analyses sur le futur des habitations urbaines.

Si vous lisez ce billet, que vous êtes concernés, vous pouvez pendre le temps d’argumenter

Avancer ou s’arrêter

27 avr

sipa_ap21623684_000004  L’intégration du numérique dans le corps social ne cesse de me questionner parce qu’il est comme le Pharmakon Grec (tout dépend de la dose injectée, cela soigne ou cela tue). J’ai observé pendant deux jours (25 et 26 avril 2015) une opération de Remix, le GAREMIX qui consistait à imaginer, à faire des propositions pour agencer autrement le lieu gare, lieu  de passage. La gare Saint Paul de Lyon était l’objet de cette réflexion collective citoyenne.

Peut-on s’arrêter dans une gare ? Peut-on y exercer une activité sociale d’interaction ? C’est ce que j’ai compris de ce happening urbain interactif.

Venu pour observer sans objectifs précis, j’en suis ressorti avec des questions supplémentaires. J’ai l’habitude de voyager. Dans mon ancien métier j’allais régulièrement à Lille, depuis quelques années je me rends à Poitiers. Dans les deux cas j’arpente les gares de l’axe Lyon, Marne la Vallée, Charles de Gaulle, Lille Europe.

Ce sont des lieux nouveaux que je déteste, alors même que l’association béton, verre m’a toujours séduite, ainsi que le voyage. Pourquoi suis je dans le registre de la détestation ? Parce que ces gares sont aujourd’hui conçues pour des Hommes en mouvement qui  ne font que transiter. Froideur est l’adjectif qui convient le mieux pour décrire ces endroits. Surtout ne pas s’arrêter, se prémunir du froid (savamment entretenu par l’espace entre les murs et le toit) l’hiver et des courants d’air en toute saison. Plus de lieux de convivialité comme le train bleu de la gare de Lyon. La cafétéria sinistre, glaciale semble prévue pour bannir à jamais le mot gastronomie. De la première, à la dernière gorgée, la bière est fade, elle se résume au  simple geste du boire-poser le verre répété, compteur du temps qui reste avant l’annonce. du départ.

On ne s’arrête pas, on ne s’arrête plus, la bête humaine au 21ème siècle n’est plus le pilote mais le passager. Il est en mouvement, dans un immobilier fonctionnel, plus ou peu de sociabilité dans ces mausolées tristes ou le roi n’est pas, n’est plus. Architecture de pouvoir sans le pouvoir.

Alors le passager entre dans d’autres espaces ou le social existe. C’est  celui des réseaux, tout le monde à la tête penchée sur son terminal, avance dans la gare, avance sur le quai, fuit le froid, monte dans le train…

La gare n’est plus qu’un lieu symbolique, un passage entre un avant et un après. Le présent de béton n’est pas.

J’espère que #garemix sera un début de réflexion sur la place de la gare, sa fonction (à nouveau) sociale, en réel comme en virtuel. Que vive le co-design

Les journées du e.learning 2015

27 avr

Espace physique et espace sonore, un dialogue de sourds ?

24 avr

En complément du billet précédent, je souhaite préciser l’importance de l’espace sonore du domicile du travailleur du savoir. J’ai un peu le sentiment de proférer des évidences mais dans la mesure ou je pense que le télétravail va se développer (y compris chez les enseignants), il est nécessaire de répéter.

La maison est un lieu qui génère des sons, agréables parfois, insupportables d’autres fois. Il faut arriver à faire cohabiter les sons du quotidien avec les sons professionnels. Il est illusoire de penser que le transfert de l’espace de travail institutionnel vers l’espace privé s’analyse sous forme d’identité.

E-learning et domicile

23 avr

Considérez ce travail comme un brouillon, des bribes de réflexions mises bout à bout mais rien de plus parce que le rendu n’est pas abouti.

Cette ressource est une trace posée pour lancer une réflexion sur le sens de l’espace privé au moment ou il devient possible d’enseigner et d’apprendre de ce lieu spécifique. Il faut éviter que les scénarios élaborés par les concepteurs de formation en ligne intègre comme une évidence le « Ils travailleront à domicile, ils concevront à domicile« .

Tentons donc d’analyser un espace de complexité

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Le texte

Dans cette vidéo je vais évoquer la question du e-learning et la possibilité de travailler, de concevoir ses ressources à partir de son domicile. Je vais aussi évoquer par incidence la possibilité d’apprendre de chez soi.

 Les travailleurs du savoir en général, les enseignants en particulier peuvent choisir le lieu de travail (pour la conception des cours ET pour les temps de formation en ligne)

 Il y a deux lieux essentiels à prendre en considération :

  • Le lieu institutionnel – L’école primaire, le collège, le lycée, l’Université ou le centre de formation.
  • Le lieu personnel, le lieu privé – Le domicile des enseignants.

Cette possibilité de choisir est souvent évoquée dans les conceptions des dispositifs des formations en ligne, on entend dire « les apprenants se formeront des chez eux »

De mon point de vue l’argument est recevable mais formulé ainsi ce n’est pas suffisant parce que le domicile appréhendé dans sa dimension professionnelle est un espace d’une rare complexité.

L’idéal serait, bien évidemment d’exercer ses talents dans un espace où l’on est seul et dans un espace calme.

Avant de décréter ex abrupto que l’on peut travailler de son domicile, il faut scénariser ses constructions. Il faut penser l’espace personnel, il faut l’imaginer car nous nous travaillons en professionnalisant par intermittence notre espace personnel.

L’espace privé à une structure spécifique, nous exerçons en un même lieu :

  • Une activité privée ;
  • Une activité sociale ;
  • Une activité professionnelle.

Chacune d’elle à sa logique spatiale. Nous devons comprendre quelle est la spécificité de l’activité professionnelle exercée au sein de l’espace privé.

Le domicile est une organisation spatiale spécifique qu’il convient d’analyser.

Tout d’abord rappelons que l’activité de e.learning est une activité instrumentée. Il faut donc analyser la place des outils dans l’espace.

Il faut une box pour accéder au réseau. Au-delà de la signature du contrat avec le fournisseur d’accès, nous sommes largement dépendant de la situation des prises téléphoniques. On place la box, là ou se situe la prise. Il n’y a pas forcément adéquation entre la logique du constructeur et vos usages.

Vous choisissez de travailler dans l’espace, la pièce qui vous paraît la plus adaptée. Il n’y a d’ailleurs pas forcément un lieu privilégié puisque vous pouvez utiliser vos terminaux dans tout l’appartement. Il faut donc pouvoir se connecter partout.

Il est ainsi nécessaire de comprendre comment coordonner une mobilité des usages avec une box qui est fixe.

On ne peut pas déplacer sa box au grè de ses usages.

Première solution

 Se brancher avec un cable RJ 45, la connexion filaire qui assure un débit régulier. C’est possible mais à la condition d’avoir un appartement adapté.

C’est rarement le cas puisqu’il faut des prises dans les cloisons

Ou alors les faire installer, ce qui mettrait la possibilité de travailler chez soit à un coût exhorbitant.

Seconde solution

La plus répandue est l’utilisation du WIFI. La box permet de se connecter au wifi mais pas forcément partout, notamment si l’appartement est grand (pour les chanceux), s’il y a des étages, s’il y a des blocs métalliques etc, etc

 Il faut donc au préalable vérifier sa connexion, elle est –elle de bonne qualité ou calamiteuse ?

 Troisième solution

 Le CPL (courant porteur léger) qui vous permettra d’accéder au réseau via vos prises électriques. Idéal puisque le constructeur a normalement installé des prises électriques dans toutes les pièces.

 Le CPL nécessite d’acquérir deux appareils, si vous souhaitez en avoir plusieurs il faudra vérifier que juste derrière votre box vous avez suffisamment de prises électriques.

 L’espace sonore.

 Votre appartement c’est un écosystème sonore. Concevoir des ressources audio et vidéo ne s’improvise pas car on découvre très vite qu’il y a des bruits parasites.

  • Vos voisins, notamment l’amoureux du bricolage et de la perceuse.
  • Vos enfants
  • Le système des objets

Il faut que l’espace sonore de conception soit étanche avec les autres sons de votre espace

L’espace visuel

Il faut dans le cas ou vous utilisez la vidéo, vous positionner idéalement pour que vous soyez vu. Évitez de vous asseoir dos à une fenêtre, on ne verra que votre silhouette.

Il faut professionnaliser votre espace visuel, votre vie privée ne doit pas interférer.

La classe virtuelle et les dispositifs de formation

20 avr

Après quelques mois de déploiement des classes virtuelles dans mes formations …

L’enseignement à distance déployé via divers dispositifs commence à être visible dans les processus de formation. Cette année universitaire j’ai abondamment utilisé la technique de la classe virtuelle et je suis en capacité d’en tirer les premières conclusions.

La classe virtuelle permet d’organiser un cours à distance grâce à une solution logicielle. Elle est définie de la façon suivante par l’Université européenne de Bretagne (UEB) :

« La classe virtuelle est une simulation, sur Internet, d’une classe réelle, permettant de numériser tous les échanges qui peuvent se tenir en face à face avec d’autres personnes (vision, son, échange de documents).

 La formation s’effectue en mode synchrone (en direct) entre un formateur et des apprenants pouvant géographiquement être séparés de plusieurs milliers de kilomètres.

 Il existe différents statuts dans la classe virtuelle :
  • L’animateur actif de la classe virtuelle, qui gère les rôles et les droits de chacun ainsi que le flux des informations (documents, prises de parole, interventions écrites…).
  • Les animateurs qui peuvent intervenir, attribuer des droits, transmettre des documents, mettre en place des activités.
  • Les participants, qui ont seulement les droits que les animateurs leur attribuent.

L’usage de la classe virtuelle a également été fortement influencé par la théorie socio-constructiviste de l’apprentissage, laissant une place importante à la discussion et aux échanges en tentant de reproduire, à distance, les interactions d’une salle de classe.« 

Simuler n’est cependant pas équivaloir…

Un outil fluide

Contrairement à une règle que je me suis institué, je vais commencer par évoquer la solution technique.

De prime abord la solution est fluide (ce qui est vrai). On peut maîtriser la solution en peu de temps ce qui donne un ratio temps de formation / utilisation en situation très faible. Les concepteurs (quelque soit la marque de la solution) ont su créer des produits souples avec des fonctionnalités très pédagogiques. On peut utiliser de nombreuses fonctionnalités, la vidéo, la voix, le chat, le partage de documents, le partage d’écran, les sondages.

Le paramétrage de la solution permet, en un temps assez bref, d’envoyer un lien aux apprenants afin qu’ils puissent participer à la réunion.

Cette apparente simplicité est un réel avantage mais c’est aussi un inconvénient si l’on se limite à aborder le sujet sous le seul angle du geste manipulatoire. Une formation de formateurs, une formation d’apprenants ne peut se résumer à la sempiternelle expression du « c’est simple« . Affirmation qui est, à bien des égards,  contreproductive.

La classe virtuelle est encore un objet peu installé dans les usages. Cet objet pédagogique est encore mal compris et trop souvent assimilé aux solutions personnelles de visioconférence comme « Skype« . C’est évidemment une source de confusion qui peut être lourde de conséquences.

Il est donc nécessaire de prendre le temps d’expliquer les enjeux aux acteurs des dispositifs avant tout déploiement en situation réelle. À défaut, la classe virtuelle peut être source de rejet et on entendra, répété à l’envi, « Tu vois ça marche pas« , « C‘est nul« , « Avec Skype au moins ça marche« , « Ce sont pourtant des professeurs des Universités, des MCF, et ils n’y sont pas arrivés« .

Un besoin d’accompagnement

Nous avons l’impérative obligation de nous détacher de nos habitus professionnels. Dans ce domaine le titre au sein de l’institution est à détacher des compétences numériques. Ne pas savoir faire à un instant n’est pas infamant, n’est pas une remise en cause des savoirs et des statuts.

Quel que soit le niveau, il faut accompagner les acteurs pour expliquer qu’une simulation n’est pas une identité de fonctionnement d’avec le réel de la classe, de l’amphithéâtre, du TD. Nous sommes dans des dispositifs proches ET pourtant différents, il faut savoir l’expliquer en l’argumentant.

IL FAUT ÊTRE PÉDAGOGUE, SAVOIR EXPLIQUER ET ACCOMPAGNER.

Le dispositif de classe virtuelle ne doit surtout pas commencer par l’expédition brute d’un lien de connexion. Il faut prendre le temps d’accompagner les utilisateurs. Même réduit à un temps bref le temps d’explication est incontournable.

Les acteurs sont réunis spatialement dans l’espace dématérialisé de travail mais ils sont géographiquement situés dans des espaces réels multiples [seul Vs groupe]. Il est important d’expliquer que la maîtrise de routines techniques  ne peut se concevoir qu’en intégrant la compréhension des enjeux pédagogiques qui sous tendent le dispositif.  Il importe donc d’expliquer qu’il peut y avoir des obstacles techniques qui viennent tempérer l’effet magique de la présentation de « l’expert« . La maîtrise de la classe virtuelle passe par un usage répété afin de fixer les routines.

Dans la pratique la fluidité du processus de formation peut être perturbée par diverses circonstances. On peut citer, à ce titre :

  • Les « firewalls« . Ils ont une fonction utilitaire certaine dans les structures et nous avons tendance à ne retenir que le facteur bloquant des entrées et des sorties de flux. N’oublions pas que nos étudiants peuvent être ceux de la formation continue et qu’ils se connectent du lieu institutionnel. Les DSI peuvent développer des mesures de sécurité qui bloquent les solutions non déclarées, non connues. Il reviendra à l’organisateur de prendre contact avec les services du DSI et d’expliquer quels sont les principes de cette solution.
  • Les acteurs passent obligatoirement par la connexion au web, c’est la condition sine qua non Capture d’écran 2015-04-20 à 14.38.28de l’accès. L’accès aux « tuyaux » doit être un objet de réflexion. Le filaire est toujours préférable au wifi, c’est une affirmation de bon sens. Il est cependant utile de prendre le temps d’expliquer comment établir une connexion filaire notamment à son domicile, de préciser que selon la situation sur le territoire les flux sont plus ou moins rapides. (vérifier son débit internet)

Lors de l’intégration d’une classe virtuelle  dans un module de formation, l’apprentissage participe d’un double mouvement, le temps d’apprentissage des enseignants et celui des apprenants.

Les modes de formations se diversifient et nous commençons à entre-apercevoir l’émergence d’invariants pédagogiques dans le continuum de la formation. Invariants et modification des métiers est un champ d’investigation de la recherche, me semble t-il. En regardant les technologies, nous voyons se profiler de nouveaux métiers qu’il faudra bien institutionnaliser. Qui saura prendre cette décision ?

De mon côté je vois se dessiner le métier d’enseignant chargé de l’écosystème technologique, celui qui connaît l’enseignement, l’a pratiqué, qui est doté d’un bagage techno-pédagogique pratique et théorique. Dit comme cela ma proposition est lapidaire, peu argumentée mais elle devra forcément être étudiée dans un avenir proche.

Qui prendra cette décision ?

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La métaphysique des tubes

9 avr

La réflexion sur les espaces de formation nous enjoint à imaginer les activités dans le réel et dans le virtuel, je l’ai souvent évoqué. J’ai interrogé abondamment la place du corps, la signification des espaces, l’hétérogénéité de l’espace personnel. Ces questions sont, me semble t-il centrales mais elles doivent être aussi mises en relation avec des enjeux très techniques. Nous entrons ici dans un dialogue entre le conceptuel et le concret. Réel-virtuel, conceptuel-concret le jeu des oppositions supposées mises en tube.

Le virtuel  et le réel n’ont, de sens et de chance, d’être opérationnels que si l’on est conscient du besoin de faire collaborer les enseignants avec leur DSI (ou tout service équivalent). Dans les scénarios de formation qui sont élaborés il est fréquent de vouloir intégrer des classes virtuelles pour créer des moments d’interactions distantes synchrones. Le gisement du potentiel pédagogique est immense mais il ne peut être réduit à la seule question pédagogique. Il faut aussi insérer les techniciens dans cette conception pédagogique, les impliquer, les rencontrer.

Les tubes et tuyaux dans lesquels nous faisons circuler nos savoirs et connaissances sont complexes. Il faut être conscient que le développement des enseignements en ligne pose des questions de sécurité. Les « firewalls » peuvent être étalonnés de façon fine. Il est donc indispensable que les concepteurs de cours en ligne apprennent à expliquer les enjeux de la formation, connaissent leurs interlocuteurs techniques, rédigent des argumentaires pour justifier leurs besoins et sachent, en retour, écouter les arguments de la technique. Sécurité Vs pédagogie.

Traduit en langage pédagogique il faut (dra) savoir collaborer et bien au-delà de nos cercles habituels. Cette démarche est longue, prends du temps, oblige à dépasser ses cercles mais j’ai la faiblesse de croire qu’engager le dialogue est fécond même s’il est complexe.

Il y a bien sûr la méthode habituelle qui consiste à dire pis que pendre des « rusteaux » de la technique, à vilipender la piètre qualité de la solution technologique, à morigéner l’organisateur mais … À part se cantonner dans ses certitudes qu’elle est la plus-value ?

L’enseignement instrumenté à des effets qui vont bien au-delà de la technicité, il nous contraint à nous interroger sur le sens du lien social dans la construction des dispositifs en ligne.

Le geste emprisonné

29 mar
« Au cours de l’évolution humaine, la main enrichit ses modes d’action dans le processus opératoire. L’action manipulatrice des primates, dans laquelle geste et outil se confondent, est suivie avec les premiers  Anthropiens  par celle de la main en motricité directe où l’outil manuel est devenu séparable du geste moteur. À l’étape suivante, franchie peut-être avant le néolithique, les machines manuelles annexent le geste et la main en motricité indirecte n’apporte que son impulsion motrice. Au cours des temps historiques la force motrice elle-même quitte le bras humain, la main déclenche le processus moteur dans les machines animales ou les machines automotrices comme les moulins. Enfin au dernier stade, la main déclenche un processus programmé dans les machines automatiques qui non seulement extériorisent l’outil, le geste et la motricité mais empiètent sur la mémoire et la comportement machinal » André Leroi-Gourhan, le geste et la parole II la mémoire et les rythmes, Albin Michel Sciences, 1965

Au sein de ce blog je tente d’interroger le # geste (1) dans les pratiques numériques des enseignants. J’ai très souvent souligné la nécessaire connexion entre la main et la pensée, la place du corps dans l’espace de formation.  Ces réflexions puisent leurs sources dans mes lectures, mes usages et mes observations. Je suis persuadé que le geste est vertueux mais il est sous-estimé voire dévalorisé chez les travailleurs du savoir.

Pourtant la pensée du geste, sa conceptualisation  est omniprésente pour de nombreux acteurs du monde de l’éducation. Je pense notamment au monde de l’industrie qui a compris, avant tout le monde que le geste était un allié précieux. Le geste peut rendre captif et dépendant.

Les grandes firmes qui opèrent dans le monde de l’éducation l’ont bien compris.. Lorsque je tente de coucher mes réflexions, que je conçois un cours, que je peaufine une intervention, j’utilise mon ordinateur et les logiciels associés. La frappe sur le clavier est devenu un réflexe. Le lien main / clavier est le premier signe tangible de l’expression de ma pensée. Puis j’active mon traitement de texte, mobilisant inconsciemment la somme des apprentissages et des usages acquis depuis 30 ans. Ce lent travail d’acculturation remonte à la fin des années 80, début des années 90, lorsque mon parcours a commencé.

J’ai appris lors de stages institutionnels (rarement, avec mes pairs (très souvent), en autoformation (systématiquement) mais toujours avec les logiciels fournis par l’éducation nationale et toujours avec la même marque. Mes réflexes se sont ainsi forgés, solidifiés dans le temps. Mes routines se sont inscrites lentement mais surement, au point de devenir inconscientes. À ce stade de ma carrière l’outil est toujours inscrit  en toile de fond, il ne me gène plus parce que mes gestes sont fixés, automatisés. J’y vois deux points d’ancrage :

  • Je perçois le rapport instrumental qui existe entre l’outil et ma pensée ;
  • Cette perception s’est opérée avec l’utilisation du même outil logiciel qui a contribué à fixer mes gestes libérant ainsi mon esprit.

Le geste est un vecteur de fidélisation pour les entreprises parce qu’il permet de fixer des routines qui rendent d’une certaine façon les utilisateurs dépendants.

Ma main va aller déplier le menu utile à mes constructions, chercher l’icône facilitant mes automatisations.  Je suis dans la « facilité » construite par des années d’usage.

Je pense que c’est notamment une des raisons qui me fait oublier les solutions libres. Non qu’elles soient moins efficaces mais elles m’obligeraient à réapprendre des gestes qui me ralentiraient dans mon travail. Je suis ainsi tiraillé entre l’envie d’apprendre et la contrainte de modifier mes gestuelles.

Je suis ainsi dans un geste qui m’apparaît soudainement  comme servile, un geste qui a été, d’une certaine façon, dicté par des choix économiques. Geste et situation de quasi monopole ont me semble t-il des liens forts.

On pourrait ainsi lister des gestes qui sont devenus indispensables au quotidien mais qui sont, pas seulement mais aussi, la résultante de choix économiques.

Ce billet est fort peu construit pour le moment, certainement maladroit. Il faut le comprendre comme le début d’une réflexion qu’il me faudra alimenter par des lectures.

 ***

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La classe transparente

22 mar

Voyez ce billet comme l’expression de ma conception du champ des possibles en matière de spatialisation pédagogique. Je ne suis ni architecte, ni spécialiste des structures des bâtiments, ni décideur mais …

L’espace de formation est devenu, me semble t-il, un objet de réflexion tendance. On s’aperçoit enfin que le numérique modifie nos habitus professionnels, notamment ceux qui convoquent nos représentations spatiales. Les analyses immobilières et mobilières doivent être mises au regard des enjeux de formation. Des rapports sont publiés, des chercheurs se rencontrent, débattent et proposent.

C’est le temps où il faut convoquer les utopies et oser proposer des projets disruptifs. Pour une fois mon billet sera en forme de prospective, de page blanche électronique ouverte à la ruse intellectuelle, au bricolage conceptuel.

La salle de formation est imaginée au sein de structures immobilières qui sont chargées de sens. On souhaite ouvrir l’école, la faire entrer dans l’ère du numérique. On ne cesse de convoquer les concepts de collaboration, d’intelligence collective. Si je comprends bien ces derniers, on souhaite faire tomber des murs, faire en sorte que le dedans aille vers le dehors et que le dehors imprègne le dedans. Nous sommes, au quotidien, engagés dans le réel des pratiques mais nous ne pouvons ignorer les formes symboliques des lieux.

Ouvrir c’est voir ! Or le murs sont hermétiques et ils ne sont pas, malheureusement, fait que de briques. Ils sont aussi dans les têtes (la persistance des représentations 1.0). Par conséquent, abattre les murs (au moins symboliquement) est une ardente obligation, qu’ils soient fait de briques et/ou par empilement de certitudes. Enseigner est une forme de paradoxe qui consiste à ouvrir l’esprit citoyen, à développer une culture humaniste mais … en se calfeutrant. J’ai quand même le sentiment après quelques années d’enseignement qu’au-delà de sa classe « l’enfer c’est les autres ».

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Couloir, mur et vitres

Alors soyons fous, osons. Créons la classe transparente, celle qui a des murs en verre. Je ne parle pas de la bande de vitre au-dessus des portes manteaux, qui m’a toujours fait bondir, car elle est un symbole de la surveillance qui n’ose pas dire son nom (je cache, je dévoile).

J’imagine la classe faite d’un mur de verre ou l’on pourrait faire le choix du montrer / cacher (mon propos n’est pas d’imposer la transparence mais de la susciter).

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Glass house

Mon propos n’est pas spécialement innovant car de nombreux architectes ont déjà créé des maisons de verre.  L’Apple store de NYC, sur la 5ème Avenue en est une représentation emblématique (dans le principe car le magasin est au sous-sol).

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Apple store NYC

Et si une collectivité locale osait cette démarche ? (peut-être existe t-elle ?). S’engager dans la création d’ une salle de formation aux potentiels de transparence ? La technologie rend possible l’interaction avec les murs. Un mur de verre peut laisser passer la lumière mais aussi la bloquer avec ces solutions.

Le mur, cet objet que nous n’interrogeons plus, ou si peu, parce qu’il fait partie de notre environnement. Il comporte des fenêtres, des encadrements de portes, des gaines indésirables etc. Le mur de verre serait une solution idéale de ce point de vue. On imagine assez aisément le champ des possibles qui pourrait s’ouvrir avec ces surfaces de projection du savoir…

Les technologies existent

 

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Ma vision de la classe de verre

Voici quelques réflexions jetées pêle-mêle pour alimenter mes analyses sur l’espace de formation. Il faudrait y ajouter une entrée théorique de l’architecture. Quelle est  le rapport entre la rue et le bâtiment ? Quid du dialogue de l’extérieur vers l’intérieur ou inversement. Je tenterai de poser quelques pistes dans un autre billet.

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Cacher / dévoiler

Ce billet est une invitation au débat. Si vous êtes architecte, designer, responsable d’une collectivité locale, chercheur, responsable du ministère, ou représentant d’un groupe de BTP, n’hésitez pas à venir alimenter le débat. À vos claviers ?

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