L’immobilier du futur, vie privée, vie publique

30 Avr

J’ai entamé depuis longtemps une réflexion sur le sens de l’espace privé dans les dispositifs de formation en ligne. On peut imaginer sans trop se tromper que les politiques urbaines, confrontées à l’hypertrophie des villes, à l’augmentation du temps des déplacements pendulaires, à l’augmentation des prix des carburants entraîneront une autre perception de la valeur travail. On peut imaginer que les politiques des institutions publiques seront moins frileuses et qu’elles accepteront enfin que leurs salariés travaillent pour partie à la maison. Je suis surpris de constater, au fil de mes observations, que de nombreux services qui s’occupent de e.learning interdisent le télétravail à leurs salariés.

Travailler à la maison est un sujet en émergence, inscrit encore largement dans un futur (plus ou moins) proche quant à sa diffusion et son acceptation. Nous serons alors dans un cadre ou nous aurons compris que la distance ne signifie pas forcément la triche et la transgression du règlement horaire.

Pour autant, il faudra que les réflexions sur l’espace personnel soient engagées par l’ensemble des acteurs concernés. Je voudrais ici évoquer la structure des espaces immobiliers. Le domicile, je l’ai déjà dit, est un espace complexe qui concentre un multitude d’activité qui s’interpénètrent. L’objectif du travailleur à domicile est d’être capable d’étanchéifier les sphères.

Ce besoin de compartimenter doit, me semble t-il interroger les constructeurs immobiliers. Lors de mon voyage à New York je me suis rendu compte qu’il n’y avait pas de machine à laver dans les appartements. Ma surprise à fait place à la curiosité en découvrant que le lavage du linge était mutualisé grâce à l’existence d’une « washroom » collective.

Il me semble raisonnable d’imaginer que les collectifs immobiliers urbains, puissent à terme prévoir, en leur sein des tiers lieux pour travailler. Un lieu proche du domicile (je descends ou je monte quelques étages) qui évite les pertes de temps des transports en commun. Un tiers lieux qui ne soit consacré qu’à l’activité professionnelle, neutralisant ainsi les perturbations de la vie privée (en contrepartie le domicile serait un réel lieu de vie privée).

Mes idées sont  ici couchées comme des pistes encore brouillonnes mais j’aimerais bien avoir des retours des :

  • Responsables des institutions au regard du télétravail ;
  • Des responsables des constructeurs immobiliers au regard des analyses sur le futur des habitations urbaines.

Si vous lisez ce billet, que vous êtes concernés, vous pouvez pendre le temps d’argumenter

2 Réponses to “L’immobilier du futur, vie privée, vie publique”

  1. Ninon Louise LePage 2 mai, 2015 à 5:17 #

    Je ne peux malheureusement pas offrir de réponse simple et unique à la situation que vous décrivez et qui me touche. Je soumets ces idées désordonnées, un peu d’eau au moulin de votre réflexion, parce que j’aime la vie, j’aime l’être humain.

    À Montréal aussi, plusieurs immeubles locatifs disposent de salles de lessives communes que se partagent les résidents. C’est pratique jusqu’à un certain point. Il faut descendre au sous-sol mettre sa lessive dans la laveuse. Revenir une demi-heure plus tard, déplacer les vêtements lavés vers la sécheuse et y retourner une heure plus tard pour y prendre les vêtements secs. Pour moi, il s’agit de descendre et remonter quatre étages à chaque fois, ne pas oublier que le temps passe et trouver ses vêtements mouillés empilés sur une sécheuse, éviter le début de la soirée ou les journées de week-end, moment où la plupart des usagers font leur lessive. C’est préférable à la laverie automatique (launderette) mais plusieurs décident de s’acheter une laveuse portative. Tout avoir chez-soi à portée de main demeure l’idéal des petits rois modernes que nous sommes.

    La location de bureau à l’heure, à la journée, à la semaine ou au mois, en bref les bureaux partagés sont disponibles dans la plupart des villes du monde. Le partage des espaces de travail serait peut-être un angle de solution à l’effritement de nos sociétés.
    C’est une forme de partage qui semble être fonctionnelle dans certains contextes, mais un sujet que je connais peu, moins que celui des lessiveuses.

    Les déplacements pendulaires sont à mon avis l’un des problèmes majeur de nos sociétés : coûts effarants, pertes de temps, stress, brisure de la vie familiale et de quartier, et pire encore. Quand je vois ces gens tout tristes et épuisés le soir dans le métro, ces files d’autos qui roulent à pas de tortue pare-choc à pare-choc, je me sens concernée même si je ne peux rien y faire.

    Nous avons tant de possibilités, d’outils merveilleux entre les mains. Nous pouvons faire mieux que suivre une voie tracée par les industriels d’il y a 100 ans. Il est maintenant si facile de télé-travailler mais peu d’entreprises en offrent la possibilité à leurs employés. Tous les emplois ne s’y prêtent pas et nos gestionnaires contemporains sont trop craintifs pour agir.

    Par contre, plusieurs parmi les générations qui nous suivent montrent une manière d’être différente : la plupart des jeunes urbains ne possèdent pas d’autos, les jeunes papas partagent les tâches domestiques, font la cuisine, s’occupent du nourrisson, des toits verts poussent en haut des édifices, les balcons se colorent de tomates mûres et même les poules reviennent en ville. Gardons espoir, l’évolution de nos sociétés n’est pas toute noire, nos villes semblent reverdir.

    La philosophie qui sous-tend l’introduction du télé-travail inclue une remise en question globale de l’utilisation à la fois de l’espace et du temps.

Trackbacks/Pingbacks

  1. Numérique et modification du travail | - 4 juin, 2015

    […] de plus en plus fortes de télétravail » – Article […]

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